La croisière s’amuse ? Non, elle abuse !

Les brochures et les publicités mettant en scène d’immenses et beaux bateaux blancs pour vanter les privilèges d’une croisière peuvent faire rêver, mais sont loin de nous faire imaginer à quel point un voyage sur un paquebot a un impact considérable… et pourtant ! Alors, voyager : oui, mais pas question de nous mener en bateau !

Rédigé par Elwina, le 15 Aug 2019, à 17 h 05 min

Malgré le désastre du Costa Concordia devant l’île de Giglio, les croisières qu’elles soient de luxe ou non, ont de plus en plus la cote et des centaines de paquebots transportent chaque année 20 millions de passagers dans le monde. Selon Isemar (Institut Supérieur d’Économie Maritime), 300 navires de croisière sillonnaient les mers du globe en 2017, et ce chiffre continue de grimper  puisqu’un total de 65 paquebots de plus de 2.000 passagers – et toujours plus grands, certains pouvant embarqués plus de 7.000 personnes à bord, figurent dans les carnets de commandes des chantiers navals pour des livraisons d’ici à 2027. Mais la pollution que génèrent ces gigantesques paquebots de la taille d’une ville est des plus impressionnantes…

L’impact des croisières sur la planète

Très mal notés sur les registres des défenseurs de l’environnement, les bateaux de croisières logent en moyenne 5.000 passagers et membres d’équipage. Avec des milliers de cabines, des piscines, des casinos, des salles de spectacles, des boîtes de nuit et des restaurants, ils constituent de véritables cités flottantes, qui polluent l’air qu’on respire, et dont la majeure partie des déchets, même si certains sont traités, est rejetée directement dans l’océan.

croisière

De véritables HLM flottants © zixia / Shutterstock

Un fioul lourd des plus polluants

En 2018, pas moins de 7,17 millions de passagers européens ont effectué une croisière en mer, soit une progression de 3,3 % sur un an. Mais un simple chiffre pose le problème : en Europe, 94 paquebots émettent dix fois plus de dioxyde de soufre que 260 millions de voitures. C’est ce qu’a prouvé récemment une étude publiée par l’organisation non gouvernementale Transport & Environement. Quant au deuxième croisiériste le plus important du monde, Royal Carribean, il en rejette quatre fois plus !

En cause, la mauvaise qualité du carburant consommé par les navires de croisière : une pâte noire issue d’un carburant non raffiné… En gros des déchets de raffineries, plus toxiques et plus chargés en soufre, mais qui coûtent moins cher.

En 2015, déjà, une étude de l’université de Rostock estimait que les gaz d’échappement de tout le transport maritime étaient responsables de 60.000 morts prématurées par an en Europe. Alors que les croisières ont la cote, cela ne peut qu’empirer, sachant que les teneurs en soufre admises dans le fioul lourd alimentant leurs diesels sont jusqu’à 1.500 fois plus élevées que celles autorisées pour le diesel des voitures (1,5 % contre 0,001 %).

Lire aussi : L’air est plus pollué sur un bateau de croisière que dans les plus grosses villes du monde

Des dégradations diverses

Certes, les croisières de loisirs permettent la création de revenus et un certain apport économique à la région, mais outre l’occupation d’espaces réservés aux populations locales, les croisières sont aussi synonymes de :

  • pollution du fond des mers, des ports et des régions côtières
  • dégradation de sources d’eau
  • destruction de l’habitat offert par les récifs de corail (ancrage des navires et des petits bateaux)
  • émissions de polluants dans l’air et dans l’eau
  • pression exercée sur les sites terrestres de traitement des déchets
  • grandes quantités de déchets pouvant entraîner de graves risques sanitaires et des coûts de nettoyage

Un paquebot de 3.000 personnes, c’est :

  • 790,000 litres d’eaux sanitaires,
  • 1.3800.000 litres d’eaux grises (résultant des éviers, lavabos, douches et lessives),
  • 8 tonnes de déchets solides,
  • 795.000 litres d’eau de cale et de lest
  • 490 litres de déchets dangereux
  • 3,5 kilogrammes de déchets par voyageur et par jour(1).

Des lois peu sévères

Tri des ordures, recyclage, traitement des eaux usées… La gestion d’évacuation des déchets, comme l’élimination des eaux perdues seulement est parfois imposée et le plus souvent incorrectement réglée. Les pratiques environnementales internationales sont minimales dans l’industrie…

Sur les bateaux de croisières, les déchets en papier, verre, aluminium et plastique sont généralement compactés ou/et stockés jusqu’au prochain port d’escale doté d’infrastructures de recyclage. Les déchets organiques des cuisines sont réduits en purée puis largués en mer à distance règlementaire des côtes.

Quant aux eaux usées, elles sont évacuées en mer (en toute conformité avec les lois en vigueur) après traitement par des systèmes d’épuration sophistiqués.

La Royal Caribbean Cruise, deuxième opérateur mondial de croisières touristiques après Carnival,  a été condamnée plusieurs fois pour déversement illégal de pétrole et produits chimiques en mer.

Des croisières plus écolo pour bientôt ?

La plupart des compagnies de croisière embarquent à présent un agent environnemental parmi les membres d’équipage. Cette personne est chargée de veiller à l’application des politiques pro-environnementales à bord, et au respect des lois et des réglementations en vigueur tant dans le pays où le navire est enregistré, que dans ceux où il transite.

Des navires, et des quais, plus propres

Toujours selon l’étude réalisée par Transport & Environment, à Marseille, huitième ville la plus impactée du vieux continent, les 57 bateaux de croisière y ayant fait escale en 2017 ont en fait émis quatre fois plus de dioxyde de soufre que tous les véhicules circulant en ville.

Tout le monde ne pouvant pas traverser l’Atlantique à la voile, à quand des ports, et des navires à zéro émission ? Transport & Environment appelle déjà l’Union européenne à étendre à toute l’Europe la zone d’émission contrôlée de soufre (SECA), obligeant les navires à utiliser un carburant dont la teneur en soufre n’excède pas 0,1 %. Pour l’instant, elle ne concerne pas les ports du bassin méditerranéen.

Les principaux croisiéristes font de gros investissements pour des équipements destinés à améliorer les performances énergétiques et à réduire la pollution de l’air des bateaux de croisière. Deux navires de croisière innovants, l’Aida Nova (depuis décembre 2018) et le Costa Smeralda (prévu pour fin 2019) fonctionnent dorénavant au gaz naturel liquéfié.

De nouvelles technologies permettent aussi de réduire l’impact des bateaux de croisière en épurant les gaz avant leur échappement.

STX (ex-Chantiers de l’Atlantique) a présenté un projet de paquebot écologique, le Eoseas. Il devait consommer 50 % de carburant en moins, grâce à l’utilisation des énergies du vent et du soleil, et à des moteurs révolutionnaires. Prévu pour 2014, ce paquebot capable d’embarquer 3.400 passagers et auto-suffisant en électricité pour l’éclairage n’a jamais vu le jour…

En mars 2018, STX remet le couvert en présentant son projet de paquebot Silenseas pour « une autre expérience de la croisière plus éco-responsable ». Beaucoup plus modeste que le Eosas (190 mètres et 150 cabines passagers), il veut attirer « un nouveau type de croisiéristes aventuriers et soucieux de l’environnement »(2).

Autre dossier à faire avancer : l’électrification des quais

Selon l’association France Nature Environnement, un paquebot à l’arrêt polluait autant qu’un million de voitures, en termes d’émission de particules fines et de dioxyde d’azote.

En effet, même en escale, les navires de croisière ne stoppent jamais leurs énormes moteurs. La plupart ont pourtant la capacité d’être branchés à quai. Encore faudrait-il que les ports acceptent de réaliser des investissements aussi lourds pour leurs ports et terminaux !

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Les géants des mers détruisent la lagune de Venise © kovop58

Un modèle de tourisme dévastateur – Un autre problème titanesque !

Les ports d’escale subissent le tourisme de masse, envahis par des vagues successives de milliers de touristes visitant les localités en quelques heures sous l’oeil d’organisateurs de tours guidés… Les artisans et commerçants sont peu à peu remplacés par des boutiques de souvenirs Made in China et des enseignes internationales de cafés, bars et restaurants ; les loyers flambent ; le tissu local se liquéfie.

Ravi de voir toute une partie du monde en quelques jours ou d’en faire le tour en plusieurs semaines sans trop perdre ses repères, le croisiériste ne porte pas vraiment son attention sur les lieux qu’il traverse, ni sur les océans qu’il sillonne… Non en croisière, on ne s’amuse pas, on abuse !

Article mis à jour et republié
Illustration bannière : Un paquebot à Venise – © atm2003
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16 commentaires Donnez votre avis
  1. Vous avez oublié les 350 tonnes de fuel lourd consommés tous les jours, soit la pollution d’un million de voitures, multiplié par le nombre de bateaux, cela fait une sacré pollution, de plus avec des particules fines, nous citoyens lambda on nous fait ch…… quand on prend notre voiture pour aller travailler, de qui se moque t’on dans notre pays et dans le monde. Ou sont les discours de écolos sur le sujet, sont ils devenu aphones?????????????????????

  2. En lisant ceci : Rédigé par Elwina, le 15 Aug 2019, à 17 h 05 min et en lisant des commentaires comme celui de Rollins : datant de 13 juillet 2009 à 18h49 – JE ME MARRE !!!!!!!

  3. Quand on voit ces mastodontes se faufiler dans la lagune de Venise je me dis qu’ils sont TOUS devenus complètement FOUS !!!!! et tout ça pour le DIEU ARGENT !!!!! Vivement la fin des réserves de Pétrole, qu’à l’allure actuelle et prochaine, ne saurait tarder…….

  4. Nous sommes empoisonnés à Marseille, j’habite vers la Joliette et trois fois par jour je sens les émanations, et la poussière grasse et noire sur l’appui de mes fenêtres, me fait craindre le pire pour mes poumons… Que peut-on faire?, Existe-t’il une association qui se bat contre ces empoisonneurs?, un paquebot = 1 million de voitures et on ne fit rien?

  5. Je pense que vous pointez une problème important sur le traitement des déchets en mer. Néanmoins, les armateurs en sont conscients. Des mesures importantes ont été mis en oeuvre pour réduire les déchets. Ne serrais-ce que par la propulsion au GPL sur les nouvelles unités de Costa croisières, MSC ou encore NCL.
    Pour avoir visité l’unité de traitement des déchets sur l’un des récents navires à Marseille, je pense que il ya du mieux. En tout cas il existe une réelle volonté coté armateur pour réduire drastiquement les polluants maritimes.

    Après le problème des croisières sur le Nil, c’est également que les unités vieillissantes ne sont pas forcément équipées des derniers systèmes de retraitement des déchets. Mais c’est comme dans tous les domaines: véhicules terrestres, avions…

    Alice

  6. Il y a du progrès a faire c’est certain

  7. Bonjour à tous,

    En tant que leader de la croisière en Méditerranée et 3ème plus grande compagnie de croisières à l’international, MSC Croisières est engagée depuis ses débuts dans une démarche environnementale.

    MSC Croisières a été la 1ère compagnie à obtenir pour le MSC Fantasia la certification « 6 Golden Pearls » du bureau d’études international Bureau Veritas en reconnaissance de son innovation en matière de qualité, de suivi sanitaire, de sécurité et d’environnement. En 2013, ce sont même « 7 Golden Pearls » qui ont été décernés à son denier navire, le MSC Preziosa.

    Le Bureau Veritas a également attribué à MSC Croisières 4 certificats de conformité aux normes environnementales : CLEAN-SEA 2 ET CLEAN-AIR pour le contrôle des émissions de CO2, ISO 14001 pour la gestion environnementale, ISO 22 000 pour la sécurité alimentaire et OHSAS 18001 pour la gestion de la sécurité.

    MSC Croisières a aussi obtenu le «Green Planet Award» pour ses équipements respectant l’environnement et le «CIAL award» pour le recyclage de l’aluminium.

    D’autre part, la compagnie a été le 1er signataire de l’accord «Venice Blue Flag» visant à réduire les émissions de soufre dans la lagune de Venise. Depuis, la compagnie a adhéré à d’autres accords similaires des autorités portuaires de Civitavecchia et de Gênes, limitant ses émissions de soufre à un niveau inférieur au minimum requis.

    Un exemple concret : le revêtement de la coque avec la peinture Intersleek 900 permet de réduire de 6 % la consommation de carburant grâce à une diminution des frottements.

  8. Heureusement qu’il existe encore un peu de fonctionnaires en France, qui effectuent leur travail avec le sourire malgré les nombreuses calomnies dont il font l’objet, ils sont pourtant le poumon de l’économie de notre pays, je suis scandalisée des propos tenus contre la fonction publique !
    Lire ce genre de poncifs et glorifier les entreprises privées qui n’ont qu’un objectifs pour grande partie d’entre elles ( les plus grosses) c’est de faire du profit à n’importe quel prix et sur le dos de leurs salaries:bravo.
    Alors oui, ces missions relèvent de l’état et de ses fonctionnaires intégrés! L’écologie passera par l’état ou elle ne passera pas, parce que cela à un coût et le privé ne l’intégrera que contraint et forcé, à nous de voir!
    n’en déplaise à certains

  9. En 2005, le leader méditerranéen de la croisière Costa Croisières et la fondation de préservation de la nature WWF ont signé une alliance visant à protéger la Méditerranée, les Grandes Antilles et le Nord Est brésilien. En 2004, la compagnie a reçu la norme internationale UNI EN ISO 14001 pour son programme de protection de l’environnement.

    COSTA Croisière, mais de qui se moque-t’-on ? On oublie un peu vite l’échouage du COSTA Concordia consécutif à l’irresponsabilité et l’imbécilité de son commandant ainsi que les passagers mort noyés et la pollution engendrée…
    Vous devriez mettre à jour vos affirmations.

  10. @savonette: augmnter le nombre de fonctionnaires?surtout pas il faut arrêter de nourrir ces assistés, paresseux qui réclament pour rien!il faut des entreprises privés au moins là les gens travailleront correctement et ne resteront pas à bailer toute la journée, le fonctionnarisme est la ruine de la France, il faudrait supprimer 80% des postes et les faire travailler 39h00!il faut une politique environnementale forte dans chaque pays du monde, mette la pression sur les industriels en faisant payer d’énormes taxes car c’est la seule façon de les faire changer d’attitude et nous consommateur nous pouvons agir en refusant de faire des croisières ultra polluantes, demandez à ces entreprises de changer leur politique

  11. à @Rolins:
    Je connais assez bien l’Egypte, et j’ai vu combien l’écologie y est une valeur inconnue. A Alexandrie,il y a quelque temps encore, une société bien connue, Véolia, officiait pour le ramasssage des déchets, jetés dans les poubelles collectives….et les employés y récupéraient les ordures à mains nues….Les hôtels ont une grande cour où ils jettent toutes les poubelles…Les rues sont sales. Les bateaux polluent sans scrupules un Nil devenu gris(et qui n’est plus un vrai fleuve depuis la création du barrage d’Assouan).Il y a tant à faire dans ce pays au niveau éducation, instruction.Car tout commence là!Les gens qui ont faim n’en ont rien à faire de l’écologie(ventre affamé n’a pas d’oreilles).Et je ne suis pas sûre qu’avec la toute récente nomination d’un ex-terroriste comme administrateur du secteur de Louqsor(très fréquenté par les touristes, d’où pollution accrue) l’environnement soit gagnant.Ce pays, et il n’est pas le seul, mériterait certainement une aide pour une amélioration tous azimuts…

  12. Les croisières font rêver (même moi)… jusqu’à ce qu’on les voit sous cet angle !
    Je vais m’empresser d’oublier mes rêves et consulter le « tourisme vert » !

  13. Qui plus est ces croisièristes sont de véritables esclavagistes, mon fils barman s’est vu proposer un contrat de travail de 50 h/semaine pour 600 €/ mois, et 1 j de congé toutes les 4 semaines.
    Il faudrait infliger des taxes pour pollutions assez lourdes par passager embarqué, cela diminuerait fortement le nombre de ces bateaux.
    Et comment prétendre d’avoir vu l’essentiel d’une ville ou île en 4 h, car compris. les amis qui s’y sont essayé, ont rapporté qu’il s’agit plus de « gaver » les passagers de nourriture pour éviter l’ennui. Ah quel beau voyage !

  14. Je reviens d’une croisire de 7 jours sur le Nil, avec escales et excursions. Je suis choqu de la pollution engendre par les bateaux qui naviguent sur le Nil, ce n’est qu’un nuage noir derrire eux. Mais il n’y a pas que les bateaux qui polluent, il faut voir la salet qui rgnent dans les villes (dissimule d’ailleurs), les natifs qui jettent sans scrupules leurs dchets par dessus le bateau dans le fleuve… En approchant des villes, on peut y voir une brume, brune/noire, au dessus des maisons… A l’intrieur des terres, les fosss sont parfois des dpotoirs ciel ouvert… Quand on voit le travail qu’il y a encore faire sur cette plante, on n’est pas encore sorti de l’auberge comme on dit….

    • c’est peut être au pays à organiser l’information : « comment moins polluer et améliorer son environnement », Il appartient aussi à l’ Etat ou collectivités d’organiser le ramassage des ordures et verbaliser, pour ce faire il faut créer des postes de fonctionnaires intègres et lever un impôt à fin de payer l’ensemble, au lieu de laisser s’installer le laisser faire et je m’enrichi au détriment de tous.
      mais il me semble que ce n’est pas dans l’air du temps, et même en France nous supprimons les postes de fonctionnaires, diminuant ainsi les contrôles y compris sanitaires.

    • Quand on lit certains article dans la presse, on voit très bien que les dirigeants de beaucoup de pays Africains ont d’autres soucis que de payer des gens pour instaurer l’hygiène et la propreté dans leurs villes……. 12’000 milliards de $ volés aux pays les plus pauvres
      Ancien économiste chez McKinsey & Co, Jim Henry a analysé 45 ans de statistiques officielles du monde entier. Selon ses conclusions, le total des sommes détournées par les dictateurs et les dirigeants économiques des pays pauvres avoisinerait la somme astronomique de 12’000 milliards de dollars (env. 267’milliards de $ par année). Ce n’est pas moins de 150 nations qui auraient vu leur argent pillé et dissimulé dans les paradis fiscaux. D’où l’extrême pauvreté des peuples quand bien même leur pays bénéficie d’un PIB par habitant supérieur à la moyenne mondiale.
      Exemple : La Guinée Equatoriale……. (l’OBS N° 2688)

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