Coronavirus : Amazon en profite !

Alors que la pandémie fait rage et alors qu’il voulait embaucher des intérimaires, Amazon a enfin décidé de donner la priorité aux produits de base les plus utiles dans ses livraisons. Depuis le début de la crise, le géant du e-commerce tourne à plein régime, sans se préoccuper des risques sanitaires et de son impact sur le climat.

Rédigé par Paul Malo, le 19 Mar 2020, à 10 h 20 min

Tout n’est pas indispensable, essentiel ou urgent en ce moment. C’est pourquoi Amazon s’aligne depuis hier donnant la priorité à certains produits. Pourtant, des voix s’indignent face aux facilités de ces multinationales alors que les commerces souffrent, que la population est confinée et que les marchés financiers s’affolent !

Amazon profite du Coronavirus au risque d’aggraver la crise

Le géant du e-commerce Amazon a enfin décidé, dans le contexte d’épidémie et sous la pression de nombreux groupes, de concentrer ses livraisons sur les segments les plus importants. Ainsi, dans une note adressée à ses vendeurs tiers aux États-Unis comme en Europe, il a décidé d’imposer des restrictions quant aux catégories de produits admis dans ses entrepôts jusqu’au 5 avril 2020.

coronavirus amazon livraison

– © Andrii Yalanskyi

« Certains produits tels que les articles de consommation courante et les fournitures médicales sont en rupture de stock, a expliqué Amazon dans un communiqué. Nous priorisons temporairement les produits de base, les fournitures médicales et les autres produits à forte demande entrant dans nos centres de distribution afin de pouvoir recevoir, réapprovisionner et livrer plus rapidement ces produits aux clients. »

La priorité sera ainsi donnée aux articles pour bébé, à l’épicerie et au secteur DPH (droguerie, parfumerie, hygiène). L’idée est donc de privilégier les produits les plus utiles en ces temps de maladie et de confinement, entre produits ménagers de base, fournitures médicales… Le but concret de cette priorisation : permettre de réapprovisionner et livrer plus rapidement ces produits aux clients !

Livrer plus vite essentiel malgré les risques de contamination des employés dans les méga-entrepôts

Pourtant alors que l’épidémie bat son plein et que des efforts sont demandés à la population pour accepter et appliquer le confinement, Amazon, qui continuait jusqu’alors de proposer des produits non indispensables sur son site, a annoncé l’embauche de 100.000 intérimaires aux États-Unis et de centaines en France afin de faire face à l’augmentation des commandes(1).

Si le gouvernement et les autorités sanitaires implorent la population de respecter les gestes barrières et règles de prévention, que les commerçants ont le genou à terre, Amazon de son côté, refuse de fermer ses entrepôts bien que des cas de maladie aient été confirmés parmi les employés en Espagne.
En France, les employés qui veulent exercer leur droit de retrait ont dû se mettre en grève face aux menaces de représailles du groupe(2). Pour Julien Vincent, délégué syndical CFDT d’Amazon France, « la stratégie de l’entreprise et du Gouvernement est irresponsable ».

Dans chaque entrepôt Amazon sur le territoire, il y a entre 500 et 2.000 personnes. On est sur des grosses densités de population. Si on laisse ces endroits fonctionner presque normalement, ce n’est pas la peine de faire fermer la petite boutique du coin !
Julien Vincent, délégué syndical CFDT d'Amazon France

 

Lire aussi : Amazon – De nouveaux emballages tout sauf recyclables

La livraison, un facteur de propagation du virus

Multiplier les déplacements, les échanges, les contacts permet au virus de se renforcer et de se propager. Si le maintien de la livraison  de produits alimentaires ou de première nécessité aux personnes fragiles ou isolées est tout à fait compréhensible, difficile de comprendre la dérogation octroyée à Amazon et aux autres groupes de e-commerce, alors que les commerces de proximité sont sous le coup d’une fermeture obligatoire !

Pour l’association Les Amis de la Terre qui dénonce depuis des années une fraude de plusieurs milliards d’euros à la TVA et l’évitement de l’impôt sur les sociétés du groupe : « Ironiquement, Amazon contribue depuis des années à l’appauvrissement des finances publiques, et nuit aujourd’hui à la capacité des hôpitaux de prendre en charge l’épidémie ».

L’association s’insurge aussi de ce qu’Amazon profite de la crise pour accroitre son influence avec la mise à disposition gratuite de son service Prime Video, le don de 10 milliards de dollars de Jeff Bezos…

« Amazon essaie de se montrer indispensable, alors que son activité aggrave les bouleversements que nous avons à affronter. Par la surproduction qu’elle engendre et la livraison par avion, Amazon contribue lourdement au changement climatique et à la disparition de la biodiversité, deux phénomènes dont l’un des impacts dévastateurs est d’aggraver les risques d’épidémies ».

Illustration bannière : Amazon profite du confinement et les livraisons se font toujours – © M_Agency
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2 commentaires Donnez votre avis
  1. Il faut lancer le boycott de cette entreprise qui ne pense qu’au fric et se moque de la santé publique… Le ministre Lemaire au lieu de crier au loup ferait mieux d’exiger les impôts qu’il refuse de payer..
    Une preuve que les politiques n’ont plus aucun poids face à ce type d’entreprise….

    • jamais je n’ai commandé sur amazone ,il detruit les commerces locaux ….

      ne paye pas tous ces impots ….alors ,je vais , et pour toujours le

      boycoter

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