COP24 : un manque cruel d’avancées concrètes ! Que retenir ?

Alors que la COP24 vient de se clore en Pologne, l’heure est au bilan. Quelles sont les avancées concrètes de ce rendez-vous mondial pour l’environnement ? Les spécialistes et les écologistes sont déçus.

Rédigé par Maylis Choné, le 17 Dec 2018, à 10 h 10 min

Pour faire face au réchauffement climatique, les engagements pour réduire les émissions de CO2 doivent être tenus et des décisions doivent être prises rapidement… C’est ce qui a manqué lors des conclusions de la COP24 malgré le cri d’alarme des scientifiques.

COP24 : un rendez-vous manqué avec l’environnement ?

Quand on se demande ce qu’il faut retenir des conclusions de la COP24 qui se tenait en Pologne, à Katowice, jusqu’au dimanche 16 décembre, on reste un peu perplexe. Les experts et politiques venus du monde entier ne sont pas parvenus à des accords décisifs pour changer de cap et réduire pour de vrai les émissions de CO2 responsables du réchauffement climatique.

Dans le détail, on s’aperçoit que cette édition 2018 aura permis de finaliser les décisions prises lors de l’accord de Paris de la COP21. Peut-être était-il utile, voire indispensable, de consolider les bases pour avancer ensuite… Mais pendant ce temps-là, la température continue de grimper, entraînant avec elle les catastrophes naturelles que l’on connaît.

Du côté des ONG, le jugement est sans appel : « Les États réunis à la COP24 n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur une révision à la hausse de leurs efforts climatiques nationaux « , constate Greenpeace France dans un communiqué, « la COP24 échoue ainsi à remettre les États sur une trajectoire compatible avec un réchauffement à 1,5°C d’ici la fin du siècle, pourtant prévu par l’Accord de Paris(1). Rappelons que pour rester sous ce seuil fatidique, il faudrait réduire de 50 % les émissions de CO2 d’ici 2030 par rapport à 2010. On est encore très loin du compte !

Plusieurs manifestations se sont déroulées à Katowice en marge des négociations © Bernadetta Sarat / Shutterstock

Les résistances de certains pays

Pour avancer sur une seule et même route, il faut être d’accord et c’est sans doute cette entente qui a cruellement manqué aux pays représentés en Pologne. La Pologne défendait sa vision du charbon, le Brésil a mené la résistance autour des règles des mécanismes d’échange de quotas d’émissions carbone, les États-Unis ont défendu fermement leur position. 

« Je ne vois pas, en tant que scientifique, la moindre avancée, parce que des grands pays comme les États-Unis et la Russie, le Brésil maintenant et un peu l’Australie, traînent des pieds », se lamente Jean Jouzel, membre du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec).

Le visage qu’on retiendra de cette COP24 est celui de la jeune Greta Thunberg, 15 ans, activiste suédoise. Très en colère contre l’inaction des grands de ce monde face aux changements climatiques, elle appelle tous les enfants à

« Tant que vous ne commencerez pas à vous concentrer sur ce qui doit être fait plutôt que sur ce qui est politiquement possible, il n’y a pas d’espoir. Nous ne pouvons pas résoudre une crise sans la traiter comme une crise. Nous devons garder les combustibles fossiles dans le sol et nous devons nous concentrer sur l’équité.

Et s’il est impossible de trouver des solutions dans le système, nous devrions peut-être changer le système lui-même.

Nous ne sommes pas venus ici pour prier les leaders mondiaux de s’en soucier.Vous nous avez ignorés dans le passé et vous nous ignorerez à nouveau. Nous sommes à court d’excuses et de temps.

Nous avons appris que le changement s’annonce, que cela vous plaise ou non. Le vrai pouvoir appartient au peuple » Extrait de son discours de Greta Thunberg à la séance pleinière de l’ONU.

Illustration bannière : Les négociateurs de la COP24 – © cop24.gov.pol
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