Interview – les conseils “zéro déchet” de Béa Johnson

Rédigé par Eva Souto, le 27 Jun 2014, à 9 h 17 min

Suite du sujet consacré à Béa Johnson, “la dame au zéro déchet”. Béa Johnson a accepté de répondre aux questions de consoGlobe et de nous révéler certains de ses petits secrets pour tendre vers le “zéro déchet”.

Avant l’interview, vous pouvez relire Béa Johnson, l’exemple à suivre ?

L’interview Zéro déchet de Bea Johnson

consoGlobe – D’où vous est venue l’idée de vivre avec « zéro déchets » ?

Béa JohnsonLe mode de vie Zéro Déchet nous est venu progressivement.

En 2006, nous avons décidé de déménager d’une grande maison dans une banlieue-dortoir (nous étions obligés de nous déplacer en voiture pour aller partout) à un centre-ville pour avoir école, ciné, bibliothèque, restos, théâtre, épicier, etc. à proximité, à quelques minutes à pied ou à vélo de chez nous.

Avant de trouver la maison idéale, nous avons loué un petit appartement pendant un an. Nous avons emménagé avec le minimum d’affaires et stocké le reste en garde-meuble.

Nous avons alors appris que vivre avec moins nous permettait de vivre mieux : nous avions tout à coup plus de temps à consacrer à la famille, aux balades, pour aller à la plage, faire des pique-niques, etc.

La deuxième année, nous avons acheté une maison deux fois plus petite que la précédente et nous sommes débarrassés de 80 % de nos biens matériels.

Le temps que nous avons gagné grâce à cette simplicité volontaire nous a ensuite permis de nous informer sur les problèmes environnementaux. Nous avons lu des ouvrages et regardé des documentaires. Ce que nous avons découvert nous a fortement attristé quant au futur de nos enfants et nous a motivé pour changer notre façon de vivre.

Avez-vous toujours vécu de cette façon ? Si non, comment avez-vous eu le déclic ?

Je n’étais pas une écologiste dans l’âme avant d’éliminer nos dechets domestiques, pas plus que je ne me considère en être une aujourd’hui.

Comme je l’explique ci-dessus, nous avons démarré ce mode de vie pour l’aspect environnemental mais aujourd’hui il va bien au dela : ce sont ses bienfaits (meilleure santé, gain de temps et économies d’argent) qui nous motivent. Ce que nous faisons, c’est pour le bien de notre famille, pas seulement pour celui de l’environnement.

Vivre sans déchets, comment est-ce possible ?

Pour atteindre le Zéro Déchet (ou le contenu d’un bocal d’un litre de dechets par an, comme le fait ma famille), il suffit tout simplement d’appliquer 5 règles en ordre d’importance :

1- Refuser ce dont on n’a pas besoin (courriers non desirés, babioles ou petits cadeaux gratuits à une foire par exemple)

2- Réduire ce dont on a besoin (meubles, habits…)

3- Réutiliser en remplaçant tout produit jetable par un équivalent réutilisable (ceci inclut de faire ses courses avec des contenants reutilisables) et en achetant d’occasion.

4- Recycler ce qu’on ne peut pas refuser, réduire ou réutiliser (il reste donc très peu de materiaux à recycler).

5- Composter le reste (détritus organiques : épluchures de fruits et légumes, mais aussi peluches de sèche-linge, ongles et cheveux coupés, balayures, etc)

Je couvre ces 5 regles en détail dans mon livre.

Dans votre quête du « zéro déchets », n’avez-vous pas rencontré certaines embûches ? Si oui, lesquelles ?

Fait maisonLe plus difficile a été de trouver notre équilibre : quand je me suis embarquée dans le zéro déchet, je me suis emportée dans un trop de fait-maison.

Je me suis mise à fabriquer mon propre fromage, beurre, yaourt, pain, lait de soja etc.

Mais je me suis ensuite rendue compte que tout ce fait-maison n’était pas tenable à long terme et donc pas durable pour notre foyer si nous voulions nous y tenir à vie.

J’ai entre autre trouvé que se laver les cheveux au bicarbonate et se les rincer au vinaigre de cidre n’était pas très sexy ! Mon mari au bout de 6 mois m’a dit qu’il en avait marre que je sente la vinaigrette au lit.

J’ai donc opté pour le savon d’alep et le démêlant en vrac à la place…

Aujourd’hui, nous ne fabriquons donc que très peu de produits, nous ne fabriquons que ce que nous ne pouvons pas trouver en vrac.

Zéro Déchet par Béa JohnsonLe zéro déchet est aujourd’hui devenu facile, naturel et automatique pour notre famille. Les gens s’attardent sur ce qu’on fait pour atteindre le zéro déchet.

Or c’est plutôt ce que l’on choisit de ne pas faire (c.à.d. ne pas consommer sans penser, ne pas acheter de produits jetables, ne pas laisser le superflu nous encombrer etc.) qui simplifie notre vie, réduit considérablement nos déchets et nous distingue de la norme !

Pour vous c'est un clic, pour nous c'est beaucoup !
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Eva est passionnée d’écriture. Elle est sensible aux sujets de société, et en particulier, à ceux qui touchent au développement durable, au commerce...

5 commentaires Donnez votre avis
  1. bonjour je trouve que c’est une super idée je connais le systéme d’echanges mai vous nous donner une sacré leçon de vie et des économies pour la planéte on en as bien besoin je vais acheter votre livre merci avous

  2. Cela fait maintenant 6 mois que j’ai lu son livre. Un vrai coup de fouet. Je faisais déjà attention à mes déchets, mais, là, j’ai bien compris qu’on pouvais aller plus loin. Depuis, j’ai réduit de moitié mon volume de déchets. Mais je suis encore bien loin de ce que fait Béa Johnson. J’ai compris, grâce à elle, que nous pouvions tous être acteur. Merci. Je témoigne également sur un blog : http://www.sakaide.fr

  3. Depuis près d’un mois, j’ai mis en pratique les bons conseils de Béa Johnson.
    Vous pouvez les retrouver sur mon blog avec ces deux articles :

    http://www.irelook.com/actus/bea-johnson-une-femme-pleine-de-bon-sens/
    http://www.irelook.com/actus/je-continue-mon-experience-zero-dechet-dans-la-salle-de-bain/

    Bon week end à tous !

  4. Bravo a vous, j’ai presque 69 ans, nos parents nous ont inculqués a mes sœurs et moi le respect de la nature dès notre plus jeunes âge,
    je les en remercient chaque jours mm si ils ne sont plus la bien sur !
    Dans notre jeunesse nous vivions a 7, avec notre grand’mère maternelle,
    presque en autarcie, nous habitions une maison avec un grand jardin,
    avec une grandes variétés de fruits et légumes,un petit élevage de poules, canards, etc … Nous produisions très peu de déchets, tout ce qui pouvait être recyclé l’était, la fabrication de conserves légumes, fruits, bière légère était un plaisir pour tous, mes filles adoptent selon leurs possibilités la mm tactique, et quel épanouissement !
    Une adepte de Belgique.

  5. Je suis devenue fan absolue dès que j’ai lu les articles concernant Béa Johnson. Comment peut-on continuer de polluer avec tous nos déchets inutiles?

    La nature regorge de plastic et de déchets divers non biodégradables.

    Quel plaisir de promener en campagne au milieu des ordures jetées sans complexe?

    Qui peut avoir envie de nager au milieu d’une mer polluée?

    Devant le manque de discipline, les décideurs et les élus doivent faire passer des lois et sanctionner lourdement les pollueurs.

Moi aussi je donne mon avis