Ces substances que nous cache… la piscine
Cette odeur de chlore qui flotte autour des piscines paraît presque rassurante. Pourtant, elle ne signale pas forcément une eau bien désinfectée. Elle peut surtout révéler la présence de chloramines, des composés irritants formés par la réaction entre le chlore et la sueur, l’urine ou les cosmétiques des baigneurs.

Quel plaisir de nager dans une piscine, de sauter, plonger, barboter… Quand l’été arrive, on redécouvre vite le bonheur de l’eau fraîche. Mais dans le bassin, vous ne croiserez pas seulement d’autres baigneurs. Une foule invisible, pas très ragoûtante, vous y attend aussi.
Ce qu’il faut retenir
- L’odeur forte de « chlore » dans une piscine vient souvent des chloramines, formées par la réaction entre le chlore et les matières organiques.
- Les baigneurs apportent sueur, peaux mortes, cheveux, cosmétiques, crème solaire et parfois des traces d’urine ou de selles.
- Une douche savonnée avant la baignade limite la pollution de l’eau et permet au chlore de rester plus efficace.
- Dans une piscine collective comme familiale, l’hygiène des baigneurs réduit les irritations, les odeurs et la consommation de produits de traitement.
Piscine : pourquoi les baigneurs sont la première source de pollution de l’eau
Vous avez sans doute déjà remarqué, à la piscine, ces personnes — enfants ou adultes — qui passent sous la douche en l’évitant soigneusement. Certains ne se lavent pas les cheveux, d’autres sautent par-dessus le pédiluve pour ne pas y mettre les pieds. Résultat : ils prennent leur douche… directement dans le bassin. Yeurk.
Or, chaque baigneur contribue à modifier le fragile équilibre de l’eau. Une piscine n’est pas une simple grande baignoire bleue. C’est un milieu à surveiller en permanence, où la filtration, la désinfection, le pH, la température et la fréquentation jouent tous un rôle.
Ce que chaque nageur apporte dans le bassin
Rappelons qu’un nageur, même propre, transporte naturellement des matières organiques. Dans l’eau, on retrouve notamment :
- Des cheveux (qu’on perd tous les jours)
- Des cellules de peaux mortes
- Un peu de morve
- Des traces d’urine et d’excréments, notamment lorsqu’un baigneur souffre d’un trouble digestif
- Des poils
- Des champignons apportés par les personnes atteintes de mycoses
- De la crème solaire, du maquillage ou des résidus de produits cosmétiques
Une personne qui nage longtemps peut également libérer dans l’eau de la sueur, de l’urée et d’autres composés azotés. À l’échelle d’une piscine municipale qui accueille des milliers de visiteurs, ces apports deviennent considérables. Beurk, certes, mais surtout problématique pour la qualité de l’eau.
Une piscine olympique représente environ 3,75 millions de litres d’eau.
Odeur de chlore en piscine : le vrai problème des chloramines
On utilise du chlore parce qu’il s’attaque à la matière organique, qu’elle soit dangereuse — virus, bactéries, champignons — ou simplement inoffensive. Mais lorsque le chlore réagit avec la sueur, l’urine, les peaux mortes ou les cosmétiques, il peut former des composés irritants : les chloramines.
Ce sont elles qui donnent souvent cette fameuse odeur de « chlore » qui saisit dès l’entrée de certaines piscines. Contrairement à une idée reçue, une forte odeur ne signifie pas forcément que le bassin est très propre. Elle peut au contraire signaler une eau chargée en matières organiques et une désinfection sous tension.

Pourquoi les chloramines irritent les yeux et les voies respiratoires
Les chloramines peuvent provoquer des yeux rouges, une irritation du nez, de la gorge ou de la peau. Dans les piscines couvertes mal ventilées, certaines formes volatiles peuvent aussi s’accumuler au-dessus de l’eau et gêner les nageurs, les enfants, les sportifs réguliers ou le personnel des piscines.
Le réflexe à retenir : si l’odeur est très forte, que les yeux piquent rapidement ou que l’air semble lourd, mieux vaut limiter l’exposition, aérer si possible et signaler le problème à l’établissement.
Douche avant la piscine : le geste simple qui change tout
Ce qui vaut dans une piscine municipale vaut aussi dans une piscine familiale : l’hygiène des baigneurs est le premier traitement préventif. Avant même la chimie, la filtration ou le renouvellement d’eau, le bon sens commence sous la douche.
Le protocole : comment entrer proprement dans l’eau
Le mode d’emploi : avant de se baigner, il faut prendre une vraie douche, idéalement savonnée, en insistant sur les cheveux, les aisselles, les pieds et les zones où crème solaire, transpiration ou cosmétiques s’accumulent. Le passage au pédiluve sert aussi à limiter l’entrée de saletés, de poussières et de micro-organismes dans le bassin.
Ce réflexe paraît banal, mais il réduit la quantité de matières organiques à traiter. Résultat : l’eau reste plus saine, les odeurs diminuent et le chlore est mieux utilisé.
Entretien de la piscine : filtration, renouvellement de l’eau et discipline collective
Peut-on placer un surveillant à la sortie des douches pour vérifier que tout le monde s’est bien lavé et savonné le corps et les cheveux, comme cela se pratique parfois dans les pays nordiques ? Pas sûr… Il faut donc combiner discipline des baigneurs et entretien rigoureux du bassin.

La solution : diluer, filtrer et surveiller l’équilibre de l’eau
Le mode d’emploi : une piscine doit être filtrée régulièrement, contrôlée pour son pH et sa teneur en désinfectant, puis renouvelée en partie selon la fréquentation. Dans les piscines collectives, le renouvellement d’eau permet de diluer la « sauce » et de limiter l’accumulation des polluants apportés par les baigneurs.
Selon la fréquentation, les apports d’eau propre peuvent représenter des volumes importants. Malgré les filtres, une partie du renouvellement annuel de l’eau répond donc à un objectif d’hygiène.
Et tout cela coûte cher. Pour une piscine municipale, l’eau propre doit être traitée, chauffée et contrôlée. Plus les baigneurs entrent sales dans le bassin, plus la facture grimpe : davantage d’eau renouvelée, plus de produits de traitement, plus d’énergie et plus de maintenance.
Piscine privée : les bons gestes pour éviter le bouillon organique
À la maison aussi, une eau limpide ne garantit pas toujours une eau parfaitement équilibrée. Une petite piscine familiale peut vite se charger en sueur, crème solaire, feuilles, poussières et bactéries, surtout lors des journées très chaudes.
La checklist pratique avant et après la baignade
Le protocole : demandez à chaque baigneur de se doucher avant d’entrer dans l’eau, retirez les feuilles avec une épuisette, couvrez le bassin quand il n’est pas utilisé et nettoyez régulièrement les filtres. Surveillez aussi le pH, car une eau trop acide ou trop basique rend le traitement moins efficace et peut irriter la peau.
En cas d’eau trouble, d’odeur forte ou d’irritations répétées, il ne faut pas simplement ajouter du chlore au hasard. Il vaut mieux contrôler les paramètres de l’eau, nettoyer le filtre, renouveler partiellement l’eau si nécessaire et respecter les dosages indiqués sur les produits.
Bonus écologique : une piscine plus propre avec moins d’eau gaspillée
Une meilleure hygiène avant la baignade permet aussi de réduire l’impact environnemental de la piscine. Moins de pollution organique signifie moins de produits chimiques, moins de renouvellement d’eau et une filtration potentiellement moins sollicitée.
L’alternative : sobriété, couverture et entretien préventif
Le réflexe zéro gaspillage : couvrez la piscine lorsqu’elle n’est pas utilisée afin de limiter l’évaporation, la chute de feuilles et la baisse de température pendant la nuit. Une eau protégée se salit moins vite et demande moins d’entretien.
Dans une logique plus sobre, on évite aussi de surchauffer le bassin, on privilégie une pompe bien dimensionnée et on nettoie les abords pour empêcher les saletés d’entrer dans l’eau. Ce sont de petits gestes, mais ils évitent de transformer la piscine en bouillon coûteux, irritant et peu écologique.
S’il vous plaît, passez à la douche…
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Article mis à jour juin 2026
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on s’en doutait un peu mais vos précisions sont effarantes…