Cacao : des prix en hausse pour mieux rémunérer les producteurs africains

Dès le 1er octobre 2020, le Ghana et le Côte d’Ivoire, les deux premiers exportateurs de cacao, ont mis en place une « prime de revenu décent » censée contribuer à l’éradication de la pauvreté des cultivateurs de cacao.

Rédigé par Anton Kunin, le 5 Oct 2020, à 10 h 35 min

La mise en place de ce dispositif obligera les importateurs à payer plus cher leurs fèves de cacao, en échange de quoi les cultivateurs devraient être plus justement rémunérés.

La juste rémunération des cultivateurs de cacao, un projet de longue date

Le dossier a longtemps été en discussion, maintenant c’est fait : les gouvernements du Ghana et du Côte d’Ivoire, les deux premiers exportateurs de cacao (60 % des exportations mondiales), viennent de mettre en place un mécanisme censé mieux rémunérer les cultivateurs de cacao. Les importateurs de cacao doivent désormais s’acquitter de 400 dollars en plus pour chaque tonne de cacao achetée. Cette somme devrait ensuite être redistribuée aux cultivateurs qui, comme on sait, vivent dans la pauvreté.

Seuls 11 % du prix du cacao reviennent à la production © BOULENGER Xavier – Shutterstock

Ce dispositif, baptisé « living income differential », a été particulièrement compliqué à mettre en place. D’une part, les gouvernements du Ghana et du Côte d’Ivoire sont conscients depuis longtemps de la pauvreté dans laquelle vivent les cultivateurs de cacao, une situation qui pourrait paraître paradoxale quand on sait la place que tient le cacao dans les exportations nationales. D’autre part, les gouvernements sont conscients que c’est précisément le prix très bas de leur cacao qui attire les acheteurs du monde entier. À chaque hausse des prix, le risque de perdre des marchés est donc considérable.

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Cacao : la récolte 2020-2021, la première à être vendue avec un prix plancher

La mise en place de cette prime n’est pas l’unique initiative des pouvoirs publics en faveur d’une rémunération plus juste des cultivateurs de cacao. En juin 2019, les gouvernements du Ghana et de Côte d’Ivoire avaient déjà mis en place un prix plancher de 2.600 dollars la tonne de cacao. Preuve de l’importance qui était accordée à cette démarche, la négociation des contrats 2020-2021 avait été suspendue le temps que ce prix plancher se mette en place.

D’après les estimations de l’Association européenne pour le cacao (ECA), dans le prix d’une tablette de chocolat noir, seuls 11,3 % correspondent à la rémunération des cultivateurs. L’essentiel de la valeur va aux usines de transformation (37 %) et aux distributeurs (37 % également). Et pourtant, cet état des choses n’est pas une fatalité : selon un sondage Opinionway pour Max Havelaar France réalisé les 14 et 15 avril 2020 (sur un échantillon de 1.092 personnes, représentatif de la population française), 82 % des Français se disent prêts à payer leur chocolat plus cher afin de procurer une juste rémunération aux agriculteurs.

Illustration bannière :  Des prix plus justes et un revenu décent pour les planteurs de cacao © elcatso
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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

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