Le bio, future victime de la guerre des prix en supermarché ?

Après la crise sanitaire, la crise économique et avec elle un pouvoir d’achat en berne pour les Français. De quoi tenter la grande distribution de relancer la guerre des promotions et des prix bas.

Rédigé par Paul Malo, le 16 Jun 2020, à 11 h 04 min

Au lendemain du confinement, la crise économique devrait succéder à la crise sanitaire. La filière du bio s’inquiète des futures exigences de la grande distribution.

Vers une nouvelle guerre des prix

C’est un fait : après le confinement et la pandémie, des milliers d’entreprises vont mettre la clé sous la porte dans les mois à venir. Et avec elles, ce sont des centaines de milliers de personnes qui vont se retrouver au chômage.

Les Français se sont rués dans les hypermarchés © Pavel L Photo and Video

Déjà, la précarité s’est aggravée durant l’épidémie. Selon le baromètre Cofidis du 4 juin dernier, ce sont quatre Français sur dix qui déclarent que leur situation financière personnelle a été atteinte par les conséquences économiques de la crise sanitaire. Pire encore : 60 % d’entre eux pensent que la situation va s’aggraver dans les mois à venir, un Français sur dix étant inquiet pour son avenir professionnel.

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Conséquence de cette paupérisation en marche : les enseignes de la grand distribution alimentaire, qui ont déjà engrangé les clients durant le confinement, tablent sur une chute du pouvoir d’achat des consommateurs au lendemain des vacances d’été. Pour y répondre, et pour l’emporter sur les concurrents, il est plus que probable qu’elles se lancent dans une guerre des prix à outrance, présentée bien sûr sous l’angle de la défense du pouvoir d’achat des Français.

Les produits bio en supermarché soumis aux même règles de concurrence des prix entre enseignes  Shutterstock

Derrière le bio, l’agriculture locale en danger

Une stratégie qui a de quoi inquiéter leurs fournisseurs, alors que le secteur alimentaire a a priori moins souffert que les autres durant le confinement. À l’inverse, il faudra également que les distributeurs soient en mesure de répondre à une attente plus forte qu’auparavant : celle de produits bio et locaux, recherchées par une cible en revanche moins concernée par les conséquences financières de la crise. Un grand écart tout sauf évident pour les généralistes de la distribution.

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De quoi inquiéter également les acteurs du bio. Alors que la grande distribution a vu les ventes de ses rayons bio bondir de 60 %, selon Nielsen, les ventes des enseignes bio ont augmenté de 15 à 30 % durant le confinement. Et demain ? Si la guerre des prix reprend dans la grande distribution, le bio, et derrière lui l’agriculture, vont se retrouver en première ligne. C’est pourquoi certains pros du bio préfèrent prendre les devants, tel Naturalia, qui va regrouper 150 produits en une gamme baptisée « Les essentiels, à plus petit prix ».

Illustration bannière : Les enseignes de distribution alimentaire s’attendent à une affluence de clients en manque de pouvoir d’achat Shutterstock
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2 commentaires Donnez votre avis
  1. mais le fait également de privilégier les enseignes du type Biocoop, qui rémunère et aide correctement leurs producteurs, est a mon sens une bonne solution.

  2. Il est assez évident que la GMS qui fait de fortes marges sur le dos des producteurs bio ne manquera pas de mettre « ses producteurs » au pied du mur vu la concurrence croissante au portillon. L’un des saluts des producteurs « bio sérieux » est de faire en // de la vente directe via e-commerce pour ne pas être dépendants pieds et poids liés à la GMS. A vérifier aussi, les vraies promesses du bio côté absences de substances chimiques et qualité sanitaire (listéria et Cie)

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