Dans la famille biodiversité ordinaire, protégeons la belette

La belette est un petit carnivore, et c’est le moins que l’on puisse dire vu sa taille minuscule. Elle a une énergie incroyable qu’elle déploie entre le jeu et la chasse. Mais que savez-vous d’autre sur cet animal qui évolue pourtant sur la quasi-totalité du territoire ?

Rédigé par Julien Hoffmann, le 20 Nov 2020, à 18 h 30 min

La belette (Mustela nivalis) est un animal étonnant qui, du haut de ses petites pattes de rien du tout est tout de même capable de chasser de jeunes… lièvres ! Bonne coureuse, elle fait partie intégrante de notre paysage alors même que la plupart de nos contemporains la connaissent très peu. Ça vous tente un petit tour d’horizon de cet animal de notre biodiversité ordinaire ?

La belette, un petit carnivore à ne pas confondre avec la fouine ou l’hermine

La belette d’Europe fait partie de la belle famille des mustélidés comme la martre des pins, l’hermine ou encore le blaireau.

Dans l’immense famille des carnivores et en l’occurrence des petits carnivores, la belette est le plus petit représentant du monde avec 30 cm de long certes, mais seulement 5 cm de haut et un poids de 70 g maximum.

La belette adapte son rythme en fonction des lieux et des contraintes et peut tout aussi bien être d’activité nocturne comme diurne.

Vivant maximum jusqu’à 3 ans, la belette compense sa courte durée de vie par une reproduction assez efficace qui peut comporter 1 à 2 portées par an avec de 4 à 6 jeunes… qui eux-mêmes seront sexuellement matures seulement 4 mois après leur naissance.

À table petite belette  ! © Agami Photo Agency

Différences fouine – belette

La fouine est bien plus grosse que la belette. Si leurs robes se ressemblent, le blanc du pelage d’une fouine recouvre la partie basse du cou mais pas le ventre.

Différences belette – hermine

La manière la plus simple de reconnaitre une hermine d’une belette est d’observer la queue de l’animal : l’extrémité de la queue de l’hermine noire contrairement à la belette…
De plus en hiver, l’hermine adopte une livrée entièrement blanche à l’exception de l’extrémité de sa queue qui reste noire.

Particularités de la belette

La belette est tout bonnement taillée pour sa chasse de prédilection à savoir la chasse aux rongeurs. Capable de les débusquer jusque dans leurs propres terriers – elle peut évoluer dans des trous de 15 mm de diamètre.

Si elle peut de temps à autre se nourrir de jeune lapin ou lièvre, de taupes ou encore de lézards ou de grenouilles, ce n’est que par opportunisme ou nécessité. En effet, en France, les campagnols des champs peuvent représenter jusqu’à 99 % de son régime alimentaire… Voila un auxiliaire de culture comme on en voit peu !

Chasseuse invétérée, elle a de tels réflexes de chasse qu’elle va aller jusqu’à chasser même quand elle n’a plus faim et ce pour faire des stocks aux abords de son terrier.

Les menaces qui planent sur la belette

La belette est sujette à la compétition avec d’autres espèces se nourrissant des mêmes proies qu’elle comme par exemple les renards, les hermines ou les rapaces en tous genre… Mais elle fait aussi face à des menaces dont nous sommes la cause.

La disparition de son milieu

Comme pour de nombreuses autres espèces, surtout quand elles sont de petites tailles comme la belette, la disparition de son milieu lui cause de forts préjudices. Pour la belette, l’ouverture des milieux notamment pour l’agriculture, a des conséquences immédiates de forte régression des populations.

Les produits chimiques

La belette est tout particulièrement sensible aux produits chimiques qui l’impactent même à faible dose. L’utilisation de rodenticides pour limiter les populations de campagnols est en cela un fléau pour ces petits carnivores qui, en consommant des rongeurs empoissonnés, vont l’être eux-même et finir par en mourir.

À noter qu’il y aura alors plus de campagnols et qu’il faudra donc utiliser plus de rodenticides

Statut actuel de l’espèce

L’espèce est classée dans les espèces « pouvant occasionner des dégâts » (anciennement « nuisible ») ce qui veut dire qu’elle peut être chassée en dehors des périodes de chasse, par tir ou par pose de pièges… même s’il est difficile de trouver ce qui motive une telle réglementation.
De « préoccupation mineure » sur la liste rouge de l’Union Internationale de la Conservation de la Nature (UICN), avec des effectifs globalement stables, l’espèce semble relativement bien se porter.

Comment aider les belettes ?

C’est une espèce qui ne se porte pas trop mal, alors vous allez dire qu’il y a certainement d’autres priorités… Mais c’est là une erreur que faisaient déjà nos aïeuls avec les résultats que l’on sait. Les espèces comme la belette qui subissent des pressions à cause de notre mode de vie doivent être surveillées et protégées aussi bien que les autres.

En cela, c’est surtout – actuellement du moins – sur l’utilisation des produits chimiques qu’on peut agir à la fois en questionnant les produits que l’on achète, même au marché bien sûr, et en vous intéressant de plus près aux associations qui travaillent à une agriculture plus respectueuse de l’environnement.

Relâché de belette en détresse © Colin Seddon

Pour donner un avenir à toutes les espèces, rapprochez-vous des organismes qui peuvent avoir besoin de vos petits bras, et faites pression sur ceux qui en ont des gros mais qui les gardent croisés !

Illustration bannière : Belette dans son milieu © Andrew M. Allport
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