En Arctique, le réchauffement climatique attise les convoitises

Rédigé par Camille Peschet, le 25 Aug 2015, à 8 h 27 min

Le 4 août 2015 la Russie déposait auprès de la commission de la convention de la mer une nouvelle revendication pour l’extension de son territoire par l’agrandissement de sa zone économique exclusive. Selon la convention de Nation Unies du droit de la mer, chaque pays peut exploiter le sous-sol marin dans la limite de sa zone économique exclusive qui peut être étendue à 350 milles au lieu de 200 miles (370 km) en cas d’extension de son plateau continental. Cette demande fait suite à différentes actions que la Russie a menées pour signifier sa volonté de revendiquer une partie de l’océan Arctique.

Des revendications multiples face aux ressources minières de l’océan arctique

L’Arctique, avec un océan de 13 millions de km², possède des réserves de pétrole et de gaz encore vierges estimées respectivement à 13 % et 30 % du pétrole et gaz naturel encore non découverts de la planète.

Or, l’impact du réchauffement climatique, deux fois plus rapide en Arctique que sur le reste du globe, aboutit à une fonte rapide de la banquise. Celle-ci a perdu 30 % de sa surface en 30 ans. D’après le GIEC, elle pourrait totalement disparaître en été d’ici 2040.

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L’Arctique attise les convoitises

La Russie n’est pas la seule à revendiquer une partie de l’Océan Arctique comme partie intégrante de son territoire. La Norvège, le Canada et le Danemark contestent la demande russe, à savoir que les dorsales de Lomonssov et de Mendeleïv soient dans la zone économique exclusive de la Russie, cette revendication empiétant sur les territoires qu’ils demandent pour eux-mêmes.

Pour Eric Canobbio, géopolitologue à l’université de Saint-Denis, si le conflit semble ouvert entre les principaux intéressés, ceux-ci pourraient s’être entendus pour se partager l’Arctique, adoptant une démarche classique de « revendication large pour être prêt, comme le demande souvent la commission du droit de la mer, à négocier un accord à l’amiable et à faire des concessions le moment venu ».

La Russie avait planté en août 2007 un drapeau russe au pôle nord et effectué différents exercices militaires en mer arctique.

La nécessité d’encadrer l’exploitation de l’océan arctique

S’il n’est plus possible d’avoir une zone protégée de toute exploitation comme l’est l’Antarctique, il est nécessaire d’encadrer l’exploitation des ressources en Arctique afin de veiller à limiter le réchauffement climatique, protéger la faune et la flore ainsi que le mode de vie des peuples autochtones. D’autant que la fonte rapide de la banquise inquiète fortement la communauté scientifique pour les conséquences qu’elle peut avoir sur la hausse du niveau des océans et sur la libération de gaz carbonique et de méthane jusque-là emprisonnés dans le sous-sol gelé.

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Une chance toujours un peu plus réduite de voir le réchauffement climatique limité à 2°C

L’exploitation de l’Arctique éloigne également la possibilité de limiter le réchauffement à 2°C. En effet, il y a sous terre plus d’énergie fossile qu’il n’en faut pour dépasser les 2°C de réchauffement, chiffre au-delà duquel les conséquences sont imprévisibles, mais anticipées d’être catastrophiques.

Pour être précis : notre budget carbone – ce qu’on peut se permettre de consommer – pour rester en dessous de 2°C est de 600 à 1.200 Gigatonnes de CO2 d’ici 2050, tandis que les réserves prouvées restantes des seuls gaz et pétrole correspondraient à des émissions supérieures à 1.000 Gigatonnes de CO2 et celles du charbon à plus de 8.000 Gigatonnes de CO2. Même si ces chiffres sont encore incertains, l’ordre de grandeur est posé, et le supplément arctique ne fait que renforcer le risque déjà très grand que l’on dépasse le budget prudent.

La COP21 aboutira-t-elle à un moratoire des exploitations en Arctique ?

L’exploitation du gaz et du pétrole en Arctique a déjà commencé avec l’autorisation accordée par les États-Unis à Shell de forer au large de l’Alaska. D’où le risque de ne pas contenir le réchauffement climatique dans des limites non catastrophiques.

A cette menace s’ajoute un risque élevé de pollution par des fuites ou des explosions dans un milieu fragile et aux conditions de travail extrêmes, où les techniques de dépollution seront très difficiles à mettre en oeuvre avec en hiver une mer gelée et quelques heures de lumière par jour, voire pas du tout.

La COP21 se devra donc d’aborder ce sujet épineux, et les États devront faire preuve de discernement pour qu’un accord soit trouvé pour stopper les extractions des ressources fossiles en Arctique.

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Portée par un cadre familial m'ayant sensibilisée à une consommation responsable et en faveur d'une production énergétique renouvelable, je me suis...

1 commentaire Donnez votre avis
  1. et ben voila nous y somme ils n’ont pas encore finis la mise a mort de cette planète que déjà les clans veulent en dévoré la carcasse pendant son agonie en fait qui la bête l’homme ou le singe…

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