Aquarium éthique : réfléchissez à la provenance de vos poissons !

L’aquariophilie n’est pas un hobby nouveau, loin de là. Mais le marché de l’aquariophilie progresse d’année en année avec des profits qui font de plus en plus d’envieux. La première étape, quand vous réalisez un aquarium, est donc d’ouvrir les yeux en toute honnêteté sur la provenance des poissons que vous allez vous procurer.

Rédigé par Julien Hoffmann, le 14 Jul 2019, à 16 h 25 min

La réglementation internationale en matière de commercialisation d’espèces sauvage (appelée CITES) est désormais très avancée et concerne toutes les espèces sauvages dont les poissons. Mais comme pour toute réglementation il y a de petits malins qui savent la contourner alors prenez sur vous de bien interroger votre revendeur et de vous interroger vous-même.

Aquariophilie – Un problème de mortalité des poissons sauvages

De beaux poissons sauvages qui ne sont pas en voie de disparition cela peut donner envie à bien des fans d’aquariophilie…

Il faut cependant bien comprendre que, même si les techniques ont évolué en matière de transport, il y a toujours un prorata entre le nombre de poissons qui arrivent et restent vivant chez le « client » final (vous) et tous ceux qui sont morts pour que cela soit possible.

Alors avant d’acheter le joli poisson rouge dans la vitrine de l’animalerie du coin, on se pose quelques questions !

Certains poissons sont maintenus en surpopulation pour éviter qu’ils ne s’attaquent entre eux pour défendre un territoire © TS Photographer

Un poisson arrivé directement du Brésil, du Sri Lanka ou ailleurs a dû parcourir de sacrées distances avant d’arriver à l’aéroport de Roissy pour enfin transiter vers un grossiste qui lui-même l’enverra à votre revendeur…

Chaufferette en hiver, mélanges de gaz pour limiter le stress des poissons, calcul des volumes utiles d’eau dans les sacs autant pour limiter le coût à cause du poids que de la monté en nitrate et ammoniac mortel pour les poissons, transport direct, injonction de gaz soluble pour maximiser les quarantaines, etc. Beaucoup de techniques sont mises en place pour limiter la mortalité des poissons transportés.

Il n’empêche qu’il y en a toujours et parfois même beaucoup aux vues des volumes vendus !

Privilégiez les poissons d’élevage pour un aquarium éthique

Les poissons combattants du Siam se reproduisent en captivité mais coûtent encore très peu chères quand ils sont importés © Sittichai Chaianannon

Poissons d’eau douce

À l’heure actuelle, environ 90 % des poissons d’eau douce que l’on retrouve en aquarium sont des poissons issus d’élevage, ce qui est une bonne chose. Méfiez-vous tout de même des 10 % restants notamment sur de petites espèces très fragiles comme les crevettes.

Essayez de regarder un peu ce qui se fait près de chez vous et prenez le temps, plutôt que de vous rendre dans la première chaîne de vente d’animaux, de fréquenter au moins une bourse de poissons d’aquariums. Vous pourrez y trouver non seulement des poissons très sains (qui n’auront pas connu de nombreux traitements, ni la captivité en surpopulation), mais aussi des poissons plus rares ou plus grands, et donc plus beaux.

Et gare aux dérives ! De tous temps certains revendeurs peu scrupuleux et certainement loin d’avoir une quelconque réflexion éthique en la matière, revendent des poissons nourris avec des aliments fort en pigments pour exprimer une couleur en particulier chez certains poissons allant même jusqu’à leur injecter des pigments.

C’est le cas des poissons Perroquet qui ont toutes les couleurs vives de l’arc en ciel. Mais désormais les poissons génétiquement modifiés arrivent également sur le marché à travers les États-Unis, alors gardez l’oeil ouvert !

aquarium éthique

Poissons perroquets aux couleurs loin d’être naturelles © wirakorn deelert

Lire aussi : Pourquoi faut-il tester l’eau de son aquarium et comment faire ?

Poissons d’eau de mer

Là l’aventure est totalement différente… À l’heure actuelle et malgré une armée mondiale de passionnés, de professionnels et de commerçants intéressés (notamment israéliens, très à la pointe sur le sujet), seul 330 espèces de poissons d’eau de mer se reproduisent en captivité !

Et encore, ce n’est pas parce qu’ils se reproduisent en captivité que les spécimens sauvages ne sont plus vendus, au contraire même. La pêche de spécimens sauvages dans des pays à faibles revenus est très peu coûteuse et concurrence donc très facilement les élevages.

Enfin il faut aussi contextualiser les techniques de pêche de ces poissons. Les choses ont heureusement grandement évolué aussi sur le sujet car la pêche à la dynamite ou la pêche au cyanure est désormais presque abandonnée (presque) partout sur le globe, principalement parce que, commercialement, plus ou moins 2 % des poissons pêchés seulement survivaient jusqu’aux aquariums des clients…

La pêche à la dynamite consiste à récupérer les poissons survivants, alors sonnés par l’explosion © Crystal Eye Studio

De là à dire que la pêche est raisonnée, c’est-à-dire calculée de manière à ce que les effectifs subsistent, évoluent, se reproduisent et se pérennisent dans la nature, il ne faut pas exagérer, pour le moment personne ne peut le garantir avec sérieux.

La meilleure option pour un aquarium vraiment éthique ?

Pour Sychriscar, jeune youtubeuse, grande aquariophile, questionne sur l’éthique de posséder un aquarium. Les poissons, au même titre que les autres animaux sont doués de sensibilité, et les enfermer est inacceptable, sans parler d’en faire commerce !

Au fil de ces vidéo, elle s’interroge sur l’aquariophilie et les raisons qui poussent les amateurs à construire des aquariums. La simple envie d’en posséder un pour des raisons personnelles (c’est joli, c’est relaxant, ça me plait…) fait courir le risque de « tomber dans le piège de l’animal objet, et d’avoir des actions de consommation qui vont aller à l’encontre de votre respect animal, même si c’est complètement inconscient. Mais ces actions ont un réel impact ! ».

Réflexion sur l’aquarium éthique

Sychriscar déconseille donc fortement d’acheter des poissons pour son aquarium, mais plutôt de sauver un ou des poissons en danger quelque part, comme on pourrait le faire pour un chien, un chat ou tout autre animal de compagnie. C’est seulement de cette manière que ce hobby peut se revendiquer éthique !

Illustration bannière : Le poisson clown se reproduit heureusement en captivité sans quoi le film d’animation « Némo » aurait pu avoir raison de l’espèce à cause d’une surpêche © Vojce
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