Gironde : excédé par les moustiques, le maire d’Ambès lance une pétition

Des habitants de la Presqu’Île d’Ambès (Gironde) et leur maire ont lancé une pétition pour stopper moustiques et moustiques-tigres qui prolifèrent dans la région. Les insectes rendent leur quotidien invivable. Ils en appellent donc au préfet pour un traitement plus efficace que celui employé.

Rédigé par MEWJ79, le 26 Apr 2018, à 10 h 50 min

Le maire d’Ambès (Gironde) vient de lancer une pétition en ligne pour demander au préfet et au conseil départemental un mode de traitement efficace contre les moustiques et les moustiques-tigres, qui prolifèrent après un hiver très pluvieux.

Une pétition afin d’obtenir un traitement efficace pour lutter contre les moustiques

Quelle mouche a piqué Kevin Subrenat, le maire d’Ambès en Gironde, une commune très boisée, entre Garonne et Dordogne, au milieu des marais ? Il est à l’origine d’une pétition pour mettre fin à la prolifération des moustiques et autres moustiques-tigres sur la Presqu’île. Ce n’est pas le fait d’un déséquilibré. L’édile souhaite interpeler le président du Conseil départemental et le préfet Didier Lallement. Avec d’autres les élus, ils espèrent voir le département appliquer les modes de traitement recommandés par l’Entente Interdépartementale de Démoustication (EID), c’est-à-dire l’épandage aérien (par avion ou hélicoptère) !

moustique tigre

Un moustique-tigre prêt à piquer © Mario Saccomano

Les habitants, quant à eux, sont excédés. En témoignent les divers propos recueillis par France Bleu(1)« Impossible de boire l’apéro dehors ou rester à l’extérieur, même le matin », explique Marine, une habitante. « Moi, j’ai un petit garçon de six ans, c’est compliqué. Et je ne vous parle pas de ceux qui ont des bébés. C’est invivable ». Alain dit avoir testé « tous les anti-moustiques, lotions et autres produits qui existent sur le marché. On a dû dépenser 250 euros, rien n’y fait. » L’élu et ses administrés sont inquiets des conséquences quant aux maladies que ces insectes véhiculent, notamment les virus du chikungunya ou de la dengue.

La mairie réclame un épandage, traitement plus efficace que la pulvérisation utilisée

La mairie espère donc que les choses changent en bénéficiant de l’appui de la population, pour enfin voir le danger des moustiques s’envoler. Kevin Subrenat explique ainsi que c’est à la demande de ses administrés qu’il a décidé de passer à l’action.

Et de détailler son intention à la radio : « Les modes de traitement par pulvérisation sont très nettement insuffisants. L’idée est de faire exactement ce qui a été fait en 2014, le traitement par épandage avait alors été autorisé. À pluviométrie égale, traitement égal. » Dans sa pétition, la mairie d’Ambès critique ainsi : « Le département de la Gironde est le seul département de France qui choisit le mode de traitement ».

moustique tigre

Protéger les habitations des invasions de moustiques © ThamKC

Le conseil départemental répond que ce mode de traitement n’est pas adapté, car il ne protège pas assez la biodiversité. Alain Renard, vice-président du Conseil départemental en charge de l’environnement, et vice-président de l’EID Atlantique, argumente sur le fait que leur approche par pulvérisation est plus ciblée. Il détaille : « En 2014, on a utilisé l’épandage comme méthode coup-de-poing, en attendant la mise en place de nouveaux outils de gestion de ces espaces. Or, il y a prolifération parce qu’il y a défaut d’entretien de ce secteur, notamment des marais ». Et d’ajouter : « il ne faut pas propager la peur, le moustique tigre ne présente pas toujours un risque sanitaire »

Et, depuis trois ans, bien que les traitements se poursuivent, la mairie d’Ambès se refuse à payer sa part de la facture, jugeant les traitements utilisés inefficaces. À ce jour, la pétition a récolté plus de 2.000 signatures.

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Journaliste, je fais le grand écart entre football et littérature jeunesse.

1 commentaire Donnez votre avis
  1. N’oublions pas que le paludisme a été endémique en France jusqu’à la démoustiquation par DDT au siècle dernier et s’il revient, en compagnie de la dengue et de chikungunya, il faut arrêter d’en faire le réchauffement global la cause. La cause en est le respect extrémiste de la biodiversité, au nom de laquelle, en toute bonne logique, il faudrait aussi interdire les antibiotiques !

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