Une algue bio-pesticide découverte par une société bordelaise

Une société française va peut-être révolutionner l’agrochimie dans les années à venir. ImmunRise a découvert une algue agissant comme un bio-pesticide.

Rédigé par Paolo Garoscio, le 16 Sep 2016, à 10 h 30 min

Une entreprise de la région de Bordeaux, ImmunRise, a fait la découverte au large des côtes bretonnes, d’une algue microscopique qui produit des molécules se comportant comme un bio-pesticide.

Peut-être un pesticide miracle pour combattre les champignons

Les tests réalisés in vitro montrent une efficacité totale contre le champignon responsable du mildiou de la vigne. La microalgue, réduite en poudre, présente également d’autres résultats prometteurs, notamment contre le botrytis (efficace à 50 %) ainsi que contre quatre des sept champignons à l’origine d’une maladie du bois : l’esca. Cette dernière est un réel fléau à travers le monde, puisqu’aucun traitement efficace n’a jusqu’alors été trouvé, à l’exception de l’arsénite de sodium, produit hautement toxique.

Marie-France Corio-Costet, une chercheuse de l’INRA spécialisée dans la limitation des intrants chimiques dans la viticulture, reste prudente : « Des produits qui marchent dans les tests, il y en a des milliers. Et sur les produits fongicides particulièrement, il faut être très prudent car ils ne fonctionnent pas toujours aussi bien en conditions réelles ».

Bio-pesticide : la priorité aux vignes

De nombreux tests sont encore en cours. Il a déjà été montré que la microalgue n’a pas de toxicité pour les plantes et qu’elle est bio-dégradable. D’autres recherches éco-toxicologiques sont réalisées pour vérifier qu’elle n’a aucun effet néfaste sur l’environnement. Si l’efficacité en conditions réelles est montrée, la découverte de l’entreprise sera un des seuls produits pour traiter les cultures contre au moins trois maladies.

En cas de réussite, ImmuRise voudrait débuter la commercialisation dans les vignobles de Bordeaux et de Cognac avant de s’intéresser à d’autres cultures comme les filières de la tomate, du blé, de la banane, de la pomme de terre, de la pomme et de la vigne.

En attendant, l’entreprise garde secret le nom de sa microalgue malgré le brevet déposé.

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Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.

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