L’agriculture met en danger l’eau du monde entier

Un rapport produit par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture met en garde contre les mauvaises pratiques polluantes qui mettent en péril les ressources d’eau de la planète.

Rédigé par Maylis Choné, le 22 Jun 2018, à 11 h 40 min

Pour protéger les ressources en eau de la planète, les habitudes agricoles et alimentaires doivent évoluer de manière plus durable.

La FAO dénonce les pratiques agricoles polluantes

À cause de pratiques agricoles peu respectueuses de l’environnement et de son écosystème, les ressources en eau de la planète sont de plus en plus polluées. Ce n’est hélas pas un scoop mais la nouvelle étude de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) vient le rappeler une fois encore pour que cessent certains comportements.

Usage intensif de pesticides dans des rizières en Thaïlande © sakhorn

Dans son rapport intitulé « More People, More Food, Worse Water ? A Global Review of Water Pollution from Agriculture » paru à l’occasion de la conférence qui se tenait au Tadjikistan du 19 au 22 juin, la FAO insiste sur le problème des eaux contaminées par les intrants agricoles comme le nitrate (qui est le contaminant chimique que l’on retrouve le plus souvent dans les nappes souterraines aquifères)(1). L’eau est polluée, l’écosystème des nappes souterraines est perturbé et la santé des hommes est lourdement menacée.

Comment changer les habitudes ?

« L’agriculture est le secteur produisant le plus d’eaux usées, en termes de volumes, et le bétail génère beaucoup plus d’excréments que les êtres humains. Alors que l’utilisation des terres s’est intensifiée, on constate que les pays utilisent de plus en plus de pesticides synthétiques, d’engrais et d’autres intrants », expliquent Eduardo Mansur, directeur de la Division des terres et des eaux de la FAO, et Claudia Sadoff, directrice générale de l’Institut international de gestion de l’eau (IWMI), dans l’introduction du rapport.

Et ça n’est pas prêt de s’arrêter on dirait ! © Sunghorn

Pour que les choses changent, le rapport préconise de contrôler la vente de produits dangereux aux fermes, de réduire le gaspillage alimentaire de la part des consommateurs et de changer certains comportements des agriculteurs : moins d’antibiotiques et d’additifs alimentaires pour les animaux, moins de pesticides sur les cultures, davantage d’installations de drainage et de zones tampons autour des fermes et des cultures pour éviter que les produits chimiques ne se déversent dans l’eau, une lutte antiparasitaire plus naturelle en intégrant aux cultures certaines plantes qui repoussent les ravageurs.

Difficile d’identifier les coupables

La lutte contre la pollution est difficile à appliquer en milieu agricole où l’identification des véritables pollueurs n’est pas une tâche aisée. Il est donc nécessaire de mettre en place des mesures incitatives (exemptions fiscales pour les agriculteurs ayant adopté des pratiques responsables, prime pour aider à « maintenir le paysage »…) plutôt que d’imaginer de mettre en oeuvre le principe du « pollueur-payeur ». Pour la FAO, c’est la meilleure façon pour que les agriculteurs du monde adhèrent à l’idée et changent leurs habitudes en retrouvant les bonnes pratiques.

Néanmoins, l’organisation insiste sur le fait que davantage doit être fait notamment avec les « nouvelles techniques de recyclage des nutriments et les nouvelles technologies, par exemple les biodigesteurs de déchets agricoles ».

Illustration bannière : Eau polluée déversée dans un canal en milieu rural – © keantian
Références :
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2 commentaires Donnez votre avis
  1. Le lien en bas de l’article renvoie à l’article !

  2. Il n’y pas que l’agriculture l’industrie n’est pas en reste sur le sujet.

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