Les abattoirs, nouveaux foyers de contamination covid-19 ?

Une récente étude américaine s’attache à faire la lumière sur le taux d’infection très élevé actuellement observé parmi le personnel des abattoirs.

Rédigé par Anton Kunin, le 18 May 2020, à 13 h 00 min

Le taux d’infection élevé qui est observé dans les abattoirs est lié tant aux spécificités de ce travail qu’aux mesures managériales qu’aux conditions de vie de leurs salariés.

Les salariés de 115 abattoirs américains touchés par le Covid-19

Le Covid-19 n’épargne pas l’industrie agro-alimentaire. Aux États-Unis, sur la période du 9 au 27 avril 2020, ce virus a été trouvé chez 4.913 salariés dans 115 abattoirs différents, à travers 19 États. En proportion, on reste toujours à 3 % de personnes infectées dans la profession, ce qui est relativement peu. Mais cette proportion varie fortement d’un abattoir à l’autre, la proportion de salariés malades dans l’abattoir le plus touché étant de 18,2 %.

Toujours est-il que parmi les salariés d’abattoirs américains, 20 décès sont à déplorer. De quoi soulever des questions : pourquoi le virus circule-t-il dans ces lieux, indépendamment de la situation épidémiologique dans l’État donné ? Et surtout, y a-t-il un risque pour les consommateurs de viande ?

Promiscuité et sous-équipement dans les abattoirs © Vipavlenkoff – Shutterstock

En France, trois abattoirs ont été identifiés comme faisant partie des 25 clusters apparus depuis le déconfinement. Il s’agit de l’abattoir Kermené dans la commune du Mené dans les Côtes-d’Armor. 69 personnes y ayant travaillé ont été testées positives cette semaine.
Le deuxième se trouve à Fleury-les-Aubrais dans le Loiret, où 34 personnes travaillant à l’abattoir Tradival ont été contaminées au Covid-19 et le troisième à Essarts-en-Bocage en Vendée, où 11 personnes ont été testées positives.

La propagation de Covid-19 dans les abattoirs tient à un ensemble de facteurs

Selon les chercheurs qui se sont penchés sur le phénomène, cette prévalence de Covid-19 parmi les salariés des abattoirs tient tout d’abord à leurs conditions de travail. D’après leurs observations, les techniques de manipulation de la viande font qu’il est impossible de tenir une distance d’un mètre. Si le travail de la viande est si peu mécanisé, c’est précisément parce qu’il s’y prête peu.
L’autre raison consiste en des mesures managériales, comme des primes récompensant les salariés à fort taux de présentéisme, très répandues dans le secteur. Les salariés n’ont donc pas intérêt à rester à la maison, même s’ils se sentent malades.

Quoi qu’il en soit, le risque pour les consommateurs de contracter le Covid-19 en mangeant de la viande est inexistant. Comme le faisait remarquer l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) début mars 2020, de même que les autres virus, le Covid-19 est sensible aux températures de cuisson.
Ainsi, un traitement thermique à 63°C pendant 4 minutes (température utilisée en liaison chaude en restauration collective) permet de diviser par 10.000 la contamination d’un produit alimentaire.

Illustration bannière : de nombreux cas de travailleurs positifs au Covid-19 détectés dans les abattoirs © ASA studio / Shutterstock
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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

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