La France abandonne sa quatrième génération de réacteurs nucléaires

Le développement du projet de RNR, réacteur à neutrons rapides, a du plomb dans l’aile. Le CEA en a discrètement dissous les équipes au printemps dernier.

Rédigé par Paul Malo, le 30 Aug 2019, à 11 h 35 min

Le Commissariat à l’énergie atomique a, en toute discrétion, mis fin au projet de réacteur à neutrons rapides Astrid.

Réacteur à neutrons rapides – Pas de prototype avant des décennies

Ni fleurs, ni couronnes. En toute discrétion, le CEA a fermé au printemps dernier la cellule de 25 personnes travaillant au développement du projet de RNR, réacteur à neutrons rapides. Acronyme de l’anglais Advanced Sodium Technological Reactor for Industrial Demonstration, Astrid était pourtant censé représenter la quatrième génération de réacteurs nucléaires français.

S’il est désormais clair que le projet d’un tel réacteur prototype ne se fera pas avant des décennies, le CEA n’y consacre plus ni budget ni effectif. Il faut dire que, avant d’être discrètement arrêté, le projet aura supposé d’investir pas moins de 738 millions d’euros à fin 2017, selon les chiffres de la Cour des comptes.

Initié en 2010, le projet Astrid entendait répondre au problème des déchets © FrameStockFootages

L’avenir du nucléaire en suspension

Un prototype de réacteur rapide refroidi au sodium, devait être construit sur le site nucléaire de Marcoule, dans le Gard. Il devait utiliser l’uranium appauvri et le plutonium comme combustiblesla France produit 10 tonnes de ce genre de déchets par an, et donc être en mesure de se resservir des matériaux radioactifs restants de la production d’électricité du parc nucléaire actuel d’EDF, notamment stockés à la Hague dans la Manche.

Au-delà de la production d’électricité, ce concept aura donc aussi permis de réduire énormément le stock de déchets nucléaires à vie longue. En résumé, il promettait donc de boucler le cycle du combustible et de remédier à la question de l’approvisionnement en matière première.

Lire aussi : ‘Y-a-t-il des déchets nucléaires près de chez vous ?’…Faites le test avec Greenpeace !

Après cet abandon, quel avenir pour la filière nucléaire hexagonale ? Alors que la protection de l’environnement devient un sujet politique majeur, que le chantier du réacteur EPR de Flamanville tourne au cauchemar ruineux et, malgré l’approche des élections présidentielles en 2022, pas sûr que les politiques osent s’investir pour la défendre, même si justement est né le Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs.

Illustration bannière : Superphénix, un un prototype de réacteur à neutrons rapides, actuellement définitivement arrêté en 1997 – © Yann ( CC BY-SA 4.0 ) via Wikimedia

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2 commentaires Donnez votre avis
  1. En 2035, il y aura encore de l’uranium et, malheureusement, des réacteurs nucléaires pour l’utiliser.

    Cependant, les énergies renouvelables, toutes ensemble, produiront beaucoup plus d’électricité que le nucléaire. En 2018 déjà, elles ont produit plus du double d’électricité dans le monde que le nucléaire : 6.674 TWh contre 2.701 TWh.

    En 2035, selon l’agence internationale de l’énergie, les renouvelables produiraient de 39% à 58% de l’électricité mondiale et le nucléaire seulement de 10 à 13%.

    Pourtant, cette agence a toujours sous-estimé l’importance des renouvelables.

  2. Cela me semble une excellente idée vu qu’en 2035 env. il n’y aura plus d’Uranium…… et que d’ici là le parc des énergies renouvelables ne suffira absolument pas à subvenir à tous les besoins électriques !!!! l’énergie électrique deviendra si chère que seuls les millionnaires pourront se l’offrir !!!! quant aux véhicules électriques, quel gâchis…..

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