Nemo,centrale flottante chauffe la Martinique avec de l’eau froide

Nemo,centrale flottante chauffe la Martinique avec de l'eau froide

Installer des centrales électriques en Guadeloupe ou en Martinique est bien compliqué. Alors pourquoi ne pas les installer sur l’eau en profitant d’une technique connue ? C’est ce que la centrale Nemo va faire au large de la Martinique à partir de 2018 : créer de l’énergie à partir de l’eau froide !

La centrale flottante à l’énergie thermique des mers (ETM).

Le  principe de l’ETM, énergie thermique des mers, a été découvert dès les années 1930 par un ingénieur français, Georges Claude qui avait remarqué que la différence de température entre les eaux de surface et les eaux profondes des océans se retrouve partout. L’idée de la centrale ETM était née avec un principe simple : il s’agit de tirer de l’énergie de cette différence de température , le gradient thermique.

Vu ainsi, l’Océan est un gisement énorme d’énergie à notre disposition car les mers et océans du monde reçoivent chaque année 1000 fois plus d’énergie que tout ce que consomme l’humanité. Cette énergie sert à chauffer les eaux de surface, et bien entendu, plus encore sous les tropiques qu’en mer du Nord, par exemple.

Utiliser la différence de température entre la surface et les couches profondes

D’où l’idée, à l’heure des énergies renouvelables, de profiter de ce potentiel avec un projet qui a reçu un gros coup de pouce de 72 millions d’euros du budget européen (1), le projet NEMO (New Energies for Martinique and Overseas). 

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Le capitaine Nemo dans « 20 000 lieues sous les mers » avait imaginé ce principe d’échange géothermique, d’où le nom du projet. Dans les années 80, l’Ifremer a mené des expériences pilotes à Tahiti.

Une centrale flottante va être construite par la DCNS qui cherche à exploiter industriellement la technologie des échangeurs de chaleur : installée à 7 km de Bellefontaine, d’une capacité de 16 MW, la centrale ETM pourra alimenter 35.000 foyers en électricité. Sa turbine sera activée grâce à la différence de température entre les eaux profondes,  qui sont toujours à 4 ou 5°C, et les eaux de surface, qui dans les Antilles sont invariablement à 28°C !

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Un écart de température entre le fond et la surface d’au moins 20°C est nécessaire afin d’obtenir un rendement satisfaisant.

L’ETM, une nouvelle filière industrielle ?

C’est en tout cas ce que souhaitent les Autorités françaises, qui proclament officiellement que “NEMO est soutenu par un partenariat 100 % français associant Akuo Energy, en tant que développeur de projet et DCNS en tant qu’industriel et fournisseur de technologie ETM, qui ont l’opportunité de constituer avec ce projet une équipe de France championne à l’export de cette technologie. Les composants les plus importants de la technologie sont, en outre, produits en métropole avec des partenaires français.” Cocorico donc.

conclusions-centrale flottanteSi cette expérience est un succès, elle devrait avoir un bel avenir car la France, avec un gigantesque domaine maritime (le deuxième au monde) a largement de quoi implanter de telles centrales ! De quoi développer des exportations dans toute la zone intertropicale… Un bel hommage à Georges Claude, qui faute d’avoir pu développer l’ETM s’était tourné vers les gaz et avait fondé l’Air Liquide …

Nous découvrirons bientôt un autre projet – alsacien- soutenu par la Commission européenne dans le cadre du Paquet énergie.

*Je réagis

(1 Il s’agit duinancement européen NER 300 (New Entrant Reserve 300)
(2) Il s’agit de l’ancienne Direction de la construction navale à Cherbourg qui est le 1er constructeur naval européen militaire avec l’État actionnaire à 75 %. DCNS explore ce nouveau marché depuis depuis 2009 avec comme concurrent principal l’Américain Lockeed Martin.

Les énergies marines, nouvelle opportunité pour la France ?

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