Le lien entre bisphénol A et cancer du sein confirmé

Le lien entre bisphénol A et cancer du sein confirmé

Fin 2011, l’ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire) publiait un rapport sur la toxicité du Bisphénol A. On sait aujourd’hui qu’en plus de sa toxicité, il est vecteur de cancer du sein.

Le bisphénol A mis en cause par une expérience sur les primates

Canettes, biberons, vaisselle, boîtes hermétiques… Le BPA se cache dans de nombreux objets de la vie quotidienne.

Depuis plusieurs années, le débat fait rage : entre dangerosité suspectée, avérée ou non prouvée selon les points de vue, les informations contradictoires ont de quoi nous faire perdre notre latin.

  • En 2010, l’AESA (Autorité européenne de sécurité des aliments) ne donnait pas de crédit aux diverses études visant à déterminer les conséquences du bisphénol sur la santé. Celles-ci étant menées sur les rongeurs, les résultats ne pouvaient, selon l’autorité, être pertinents par rapport à la santé humaine.
  • En 2011, l’ANSES confirme les suspicions pesant sur le BPA, recommandant aux populations dites sensibles c’est-à-dire les enfants, les femmes enceintes et les femmes allaitantes de s’en protéger.
  • Aujourd’hui, en 2012, une étude sur les primates, parue dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) démontre qu’une exposition au bisphénol A augmente l’incidence du cancer du sein.

Les scientifiques à la tête de cette expérience ont ainsi exposé des femelles macaques pleines à une faible dose de BPA. Ils précisent que le « dosage a été choisi car il donne chez ces singes une concentration sanguine de bisphénol A comparable à ce que l’on trouve dans la population générale humaine [et que] l’exposition d’un organe à un toxique dépend de la concentration de ce dernier dans le sang. »

Les chercheurs ont ensuite évalué les effets du BPA sur les organes des singes nouveaux-nés, comparant les résultats à ceux de singes dont la mère n’a pas été exposée.

« Par rapport à ceux dont la mère n’a pas été exposée, on constate chez les animaux exposés in utero que le développement de la glande mammaire est plus avancé dès la naissance » explique Ana Soto, professeur à la Tufts University et coauteur de l’étude. « Les changements de structure de l’organe sont significatifs, avec notamment une densité plus importante du tissu épithélial de la glande mammaire. […] L’exposition in utero au bisphénol A produisant des effets identiques sur la glande mammaire à court terme chez les rongeurs et les primates, il est probable que les effets à long terme soient eux aussi analogues. Pire, il n’y a nulle raison qu’ils épargnent l’espèce humaine »

En octobre 2011, l’Assemblée Nationale a voté quasi unanimement en faveur d’une interdiction du bisphénol A dans tous les contenants alimentaires en 2014, une date limite descendue à 2013 pour l’ensemble des contenants destinés à des enfants de moins de 3 ans.

Deux ans, c’est long…

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Source : Le Monde

 

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