Le gaspillage de l’eau dans les zones touristiques

Le gaspillage de l'eau dans les zones touristiques

Les vacances sont la période idéale pour parler tourisme et notamment de la notion de tourisme responsable. Même si l’on sait que la prise de conscience concernant l’impact des activités touristiques d’un point de vue environnemental, social et économique est déjà un grand pas en avant, il n’en demeure pas moins que sur le terrain, beaucoup de chemin reste à parcourir. Un exemple concret qui est celui de l’eau : consommée en excès dans des endroits touristiques, elle exacerbe la pauvreté des autochtones.

De l’injustice de l’accès à l’eau dans le monde

L’étude de l’ONG britannique Tourism Concern apporte de l’eau au moulin des défenseurs d’un tourisme plus juste et plus respectueux. Publiée il y a quelques jours, «Water Equity in Tourism – A Human Right, A Global Responsibility» démontre, chiffres à l’appui, que la consommation excessive d’eau douce dans les pays en voie de développement exacerberait la pauvreté et favoriserait la propagation de certaines maladies.

Campagne de Tourism Concern ©Equations

Certains de ces pays en voie de développement sont en effet des destinations touristiques très prisées, vers lesquelles une clientèle parfois très haut de gamme s’achemine chaque année. Et cela, l’industrie touristique l’a bien intégré et développe alors de grands complexes hôteliers de luxe répondant aux exigences d’une telle clientèle.

Pour illustrer leurs propos, les auteurs de l’étude ont sélectionné 4 destinations concernées de très près par ce phénomène : les îles de Zanzibar au large de la Tanzanie, la Gambie, l’île de Bali (Indonésie) et la région de Goa dans le Kerala (Inde).

Des touristes qui consomment 16 fois plus d’eau que les locaux

A Zanzibar par exemple, les touristes consomment 16 fois plus d’eau que les populations locales qui n’utilisent en moyenne que 93,2 litres d’eau par personne et par jour contre 3 195 litres dans un hôtel 5 étoiles. Dans les chambres d’hôte, la consommation diminue mais reste tout de même 7 fois plus importante que la moyenne, avec 686 litres par jour.

Face à cette injustice, la tension devient palpable. A tel point que certains hôtels, pour se préserver de la colère (plus que justifiée !) d’un peuple privé d’eau louent les services de gardes armés pour surveiller les canalisations.
Les conséquences sont désastreuses d’un point de vue sanitaire également : en 2010, une épidémie de choléra a provoqué le décès de 3 personnes parmi les villageois. Les hôtels touristiques ont été pointés du doigt par les populations locales qui les accusent de rejeter leurs eaux usées directement dans les eaux souterraines.

En conclusion, le rapport rappelle le droit inaliénable des populations à accéder à l’eau potable et à l’assainissement – l’ONU a reconnu le 28 juillet 2010 l’eau potable comme « droit fondamental, essentiel au plein exercice du droit à la vie et de tous les droits de l’homme » – et que ce droit ne doit pas être compromis par le tourisme.

Plus d’info : tourismconcern.org.uk

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