Le gaspillage de l’eau dans les zones touristiques

Rédigé par Annabelle, le 17 Jul 2012, à 18 h 29 min

Les vacances sont la période idéale pour parler tourisme et notamment de la notion de tourisme responsable. Même si l’on sait que la prise de conscience concernant l’impact des activités touristiques d’un point de vue environnemental, social et économique est déjà un grand pas en avant, il n’en demeure pas moins que sur le terrain, beaucoup de chemin reste à parcourir. Un exemple concret qui est celui de l’eau : consommée en excès dans des endroits touristiques, elle exacerbe la pauvreté des autochtones.

De l’injustice de l’accès à l’eau dans le monde

L’étude de l’ONG britannique Tourism Concern apporte de l’eau au moulin des défenseurs d’un tourisme plus juste et plus respectueux. Publiée il y a quelques jours, «Water Equity in Tourism – A Human Right, A Global Responsibility» démontre, chiffres à l’appui, que la consommation excessive d’eau douce dans les pays en voie de développement exacerberait la pauvreté et favoriserait la propagation de certaines maladies.

Campagne de Tourism Concern ©Equations

Certains de ces pays en voie de développement sont en effet des destinations touristiques très prisées, vers lesquelles une clientèle parfois très haut de gamme s’achemine chaque année. Et cela, l’industrie touristique l’a bien intégré et développe alors de grands complexes hôteliers de luxe répondant aux exigences d’une telle clientèle.

Pour illustrer leurs propos, les auteurs de l’étude ont sélectionné 4 destinations concernées de très près par ce phénomène : les îles de Zanzibar au large de la Tanzanie, la Gambie, l’île de Bali (Indonésie) et la région de Goa dans le Kerala (Inde).

Des touristes qui consomment 16 fois plus d’eau que les locaux

A Zanzibar par exemple, les touristes consomment 16 fois plus d’eau que les populations locales qui n’utilisent en moyenne que 93,2 litres d’eau par personne et par jour contre 3 195 litres dans un hôtel 5 étoiles. Dans les chambres d’hôte, la consommation diminue mais reste tout de même 7 fois plus importante que la moyenne, avec 686 litres par jour.

Face à cette injustice, la tension devient palpable. A tel point que certains hôtels, pour se préserver de la colère (plus que justifiée !) d’un peuple privé d’eau louent les services de gardes armés pour surveiller les canalisations.
Les conséquences sont désastreuses d’un point de vue sanitaire également : en 2010, une épidémie de choléra a provoqué le décès de 3 personnes parmi les villageois. Les hôtels touristiques ont été pointés du doigt par les populations locales qui les accusent de rejeter leurs eaux usées directement dans les eaux souterraines.

En conclusion, le rapport rappelle le droit inaliénable des populations à accéder à l’eau potable et à l’assainissement – l’ONU a reconnu le 28 juillet 2010 l’eau potable comme « droit fondamental, essentiel au plein exercice du droit à la vie et de tous les droits de l’homme » – et que ce droit ne doit pas être compromis par le tourisme.

Plus d’info : tourismconcern.org.uk

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Passionnée de voyages et de rencontres en tout genre, j'adore prendre mon sac-à-dos et voir ce qui se passe ailleurs ! Consommer responsable est devenu une...

4 commentaires Donnez votre avis
  1. Bonsoir à tous !!
    Hé oui !! decidement il faudrait 1 policier derrière chaque citoyen ( et hôtelier !! ) dans ce bas monde ( et encore!! un policier incorruptible !! lol ). Nous, nous sommes allez à Marrakech (MARMARA MADINA) autre technique ( interessante à notée ) là-bas on donne comme consigne aux client du club de mettre les serviettes sales à terre et les autres ( que l’on souhaite conserver/les trouvant encore propres ) les laissées sur les supports en hauteur, ce qui évite des lavages inutiles donc économie d’eaux substentielle !!
    Ils y a beaucoup à faire de notre part surtout, ainsi que des pouvoirs publiques, lesquels se mettent très très peu en avant question protection de l’environnement.
    Enfin, soyons optimiste l’homme est certe capable du pire mais heureusement aussi du meilleur !!
    Ar’vi pa
    Samourai74

  2. En tout cas, la société KOR Water propose des solutions par rapport à l’eau pour moins polluer la planète ! C’est important que certaines entreprises montrent l’exemple afin que les choses changent !

  3. J’ai vu très récemment un reportage concernant de luxueux hotels situés en bord de mer, il me semble que c’était en Bulgarie… mais je ne retrouve plus le « replay ».
    Bref, le rejet des eaux usées se fait… dans la mer !!! en bordure de plage, puisque la station d’épuration a bien été construite, mais n’est pas opérationnelle puisque laissée à l’abandon !
    Avec tous les risques de contamination, etc.
    Le tout, bien évidemment, sponsorisé par la Communauté européenne !
    Mais où diable sont allés les fonds versés ? à la mafia ?

    Ci dessous un exemple similaire :
    http://www.yabiladi.com/forum/saidia-station-fantome-2-3489192.html
    Dont extrait : « Plus grave encore, l’épineux problème des eaux usées. De sources concordantes, la station d’épuration n’est pas opérationnelle. Du coup, les rejets menacent considérablement le SIBE (site d’intérêt écologique et biologique) de la Moulouya. »
    OUI, le problème de l’eau devient de + en + inquiétant.
    Merci de le rappeler régulièrement…
    Cordialement.
    Yvette (nouvelle rédactrice de consoglobe pour les « zanimos »)

  4. je vais dans des hotels à l’étranger chaque année et je vois le gaspillage d’eau qui se fait. Les serviettes de toilettes sont changées chaque jour voir 2 fois dans la journée alors qu’elles ne sont pas sales. J’ai refusé que les miennes soient changées chaque jour prés des femmes de ménage mais elles disent qu’elles sont obligées, ordre de la direction.

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