Les éoliennes ne tuent pas les oiseaux !

Les éoliennes ne tuent pas les oiseaux !

Antienne des anti-éoliennes : les éoliennes tueraient – massivement – les oiseaux. Question importante que se posent aussi nos lecteurs, telle Marcelle, de Nantes : « dans quelle mesure les éoliennes nuisent-elles à la faune, et aux oiseaux en particulier ? »

Quand on allumera la lumière en 2020, une grande partie de l’électricité proviendra des énergies renouvelables et donc des éoliennes. C’est le sens des orientations officielles et européennes qui prévoit 20 % d’énergie verte d’ici-là, tandis que la récente loi française sur la transition énergétique prévoit 32 % d’ici 2030. Dans le ‘mix’, l’éolien a le vent en poupe et les craintes doivent être dissipées : non, les éoliennes ne tuent pas les oiseaux.

Les oiseaux tués, un argument classique des anti-éoliennes

En anglais, on appelle ça le syndrome NIMBY, pour Not-in-my-Backyard, ou « pas dans mon jardin » : le fait que les gens (nous) ne veulent pas voir de nouveaux équipements, même utiles au bien public, s’installer près de chez eux. Ce syndrome du « d’accord, mais pas chez moi » touche particulièrement les éoliennes : trop bruyantes disent les uns, disgracieuses et néfastes à la vue disent les autres, ou encore trop dangereuses. De fait, les chiffres auraient, pour le non averti, de quoi faire peur : pour une éolienne de 170 mètres de haut, la vitesse des lames en bout de pale, peut atteindre 270 km/h.

Deux poids, deux mesures

Mais d’amas d’oiseaux en bas de mât d’éolienne vous ne verrez heureusement point : selon l’Ademe, les éoliennes ne tuent en Europe, en moyenne, par pylône et par an, qu’entre 0,4 et 1,2 oiseau chacune.

Soit bien moins que l’hécatombe causée par les lignes électriques ou les immeubles par exemple : une étude a ainsi estimé la mortalité des oiseaux aux Pays-Bas à 163-217 décès par kilomètre de ligne électrique à haute tension !(11). Selon les mêmes auteurs, l’estimation de la mortalité serait de 130 et 174 millions d’oiseaux par an par les lignes à haute tension aux États-Unis. Étonnant que les amoureux de l’avifaune se préoccupe des mâts d’éoliennes qui cachent la forêt des pylônes électriques, vous ne trouvez pas ?

Dangereuses les éoliennes ?

oiseaux éoliennes mort

Oiseaux et éoliennes © Shutterstock

Certes, les éoliennes sont responsables d’une certaine mortalité d’oiseaux et de chauves-souris. Les impacts des parcs éoliens sur la faune sont de trois types : mortalité par collision, dérangement, perte d’habitat, et sont variables en fonction des espèces, saisons, milieux, et taille des parcs éoliens.

Albert Manville, un célèbre ornithologue américain, affirme ainsi que quelque 440.000 oiseaux seraient tués au total par les éoliennes aux États-Unis chaque année. Mais comme le note lui-même ce défenseur de l’environnement, ce nombre est à relativiser au regard des dizaines ee milliards d’oiseaux qui traversent les États-Unis chaque année. Les oiseaux se trouvent emprunter les courants éoliens les plus forts et donc les favorables à la production d’énergie éolienne. Mais la menace représentée par les éoliennes serait bien plus faible que celle générée par l’utilisation massive des carburants fossiles, avec leur lot de conséquences plus ou moins directes sur la mortalité des oiseaux (pollution atmosphérique, et changements climatiques), ainsi que d’autres perturbations humaines à l’habitat de l’avifaune.

La disparition de l’habitat naturel, premier danger pour les oiseaux

Mortalité des oiseaux et gratte-ciel

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Oiseaux et éoliennes © Shutterstock

Le phénomène est peu visible mais massif : selon Daniel Klem, professeur d’ornithologie et de biologie américain, après une étude menée en 2009 sur 75 sites de Manhattan à New-York, un milliard d’oiseaux meurent à cause de collision avec une surface vitrée d’immeuble. Le traumatisme crânien qui en résulte est mortel une fois sur deux.

Il n’y aurait pas de configuration architecturale sans risque pour les oiseaux : « les oiseaux ne peuvent tout simplement pas voir les surfaces vitrées comme des barrières à éviter ».

Réduire les éclairages la nuit permet de réduire les confusions avec les étoiles et la lune et donc réduire les collisions et les morts d’oiseaux. Une raison de plus de lutter contre l’éclairage des bureaux la nuit.

Chaque seconde 32 oiseaux meurent, victimes d’une collision avec un gratte-ciel ou un immeuble rien qu’aux Etats-Unis. Les surfaces vitrées d’immeuble sont la deuxième cause de mortalité des oiseaux après la destruction des habitats.

Les éoliennes moins menaçantes que les autres énergies

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Oiseaux et éoliennes © Shutterstock

Sans nier les risques des éoliennes pour les oiseaux, il faut noter qu’elles pâtissent de leur réputation en comparaison d’autres sources d’énergies, fossiles notamment, pourtant bien plus nocives et responsables de la mort de plus d’animaux.

Une étude américaine récente, Comparaison des effets signalés et des risques pour la faune vertébrée - qui semble être la seule étude comparative de la production d’électricité présentant un risque de mortalité pour la faune – conclut que, grâce aux émissions de dioxyde de soufre, d’oxyde d’azote, de dioxyde de carbone et de mercure, les centrales au charbon tuent bien plus d’animaux que les éoliennes.

Par ailleurs, il faut rappeler que bien d’autres facteurs humains tuent les chauves-souris et les oiseaux : aéroports et avions, plates-formes pétrolières, tours de refroidissement, grattes-ciel, animaux domestiques, chasse.

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Oiseaux et éoliennes © Shutterstock

  • On estime ainsi que la chasse tue plusieurs millions d’oiseaux chaque année.
  • Les chats domestiques sont une cause majeure de mortalité pour les oiseaux comme le montre une étude menée aux Etats-Unis : 1,4 à 3,7 milliard d’oiseaux tués aux États-Unis chaque année par les animaux domestiques se promenant dans la nature !(3).

Comme les chauves-souris volent rarement sur l’océan, les éoliennes offshore ont un effet négligeable sur leur mortalité. Globalement les éoliennes offshore semblent également causer une très faible mortalité des oiseaux.

Au Danemark, la ferme éolienne Nysted Offshore Wind Farm, a été été construite sur une voie de migration de canards sauvage. Pourtant, la mortalité de ceux-ci est très basse, chaque tour éolienne tue “seulement” 1,2 oiseau par an.

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illustration : Oiseaux et éoliennes © Shutterstock

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