Du plastique pour paver les routes africaines

Du plastique pour paver les routes africaines

Le plastique étouffe littéralement l’Afrique, où les sachets se multiplient aussi bien à la ville qu’à la campagne. De nombreux états africains ont décidé de se débarrasser de ce fléau, instaurant des politiques de recyclage. C’est le cas du Burkina Faso, du Niger et du Mali qui ont su réutiliser intelligemment des sacs plastique pour en faire des objets du quotidien comme des tabourets, des pots de fleurs et des tables basses mais aussi pour réaliser des pavés qui servent à la construction de routes !

Le plastique, plus solide que le ciment

Incroyable mais vrai : le plastique brûlé, mélangé à du sable se transforme en matériau extrêmement solide, semblable à du goudron. La méthode est présentée comme « simple, peu coûteuse et efficace ». 20 kg de déchets sont nécessaires à la fabrication de 5kg de matériau. Le port du masque est bien entendu obligatoire pour tous les ouvriers, du fait des émanations toxiques.


Mali : des sacs plastiques pour des pavés par france24

Outre la solidité, l’autre sérieux avantage d’utiliser ce procédé pour paver les routes est que, contrairement au ciment, le plastique ainsi transformé n’emmagasine pas la chaleur pour la libérer une fois la nuit tombée.

L’énorme avancée du point du vue environnemental ne laisse aucun doute, mais l’initiative prend aussi une autre dimension. C’est toute la population qui porte ce projet, si bien qu’ en plus de son intérêt écologique, il revêt aussi un aspect social : au Mali par exemple, les femmes et les enfants sont nombreux à ramasser les sacs plastique dans les rues ; non seulement ils participent au nettoyage mais ils perçoivent une rémunération récompensant leur geste (50 Francs CFA/kg, soit 7 centimes d’euros).

Donner une deuxième vie aux sacs plastique

corbeille tressée en plastique recyclé - Photo : les Filles du Facteur

Deux associations burkinabè (Pengdwendé et AIRTAE – Association pour l’innovation et la recherche technologique appropriée en environnement) ont elles-aussi su revaloriser ces déchets plastique, tout en impliquant la population.
Ainsi, elles ont offert aux femmes Burkinabè de pouvoir suivre une formation leur apprenant à façonner ce matériau polluant de base en objets utilitaires.

Philippe Yoda, coordinateur de l’AIRTAE explique : « J’ai eu l’initiative de recycler du plastique en faisant des recherches sur la gestion des déchets, surtout des sachets noirs. Je me disais qu’il fallait en faire des objets qui durent en les recyclant pour qu’ils ne soient pas jetés une nouvelle fois. Mais pour que cela soit faisable, il était indispensable de trouver comment mélanger les différents plastiques. J’ai trouvé un système qui a été breveté, et pour lequel j’ai déjà reçu huit médailles d’or. Il permet au plastique de remplacer le bois ou le ciment, qui souffrent du passage du temps »

Tables basses, tabourets, bordures de jardin… le matériau ne s’abîme pas et permet de créer des objets solides et « longue durée ». Cette technique profite à des centaines de femmes qui ont appris un nouveau métier et qui à leur tour, l’enseignent à d’autres.

L’association Les Filles du Facteur basée à Paris et dont l’objet est l’aide aux femmes en difficulté (notamment celles issues de l’immigration en France et celles vivant en milieu rural en Afrique) fait découvrir cette technique du crochet, transformant de simples sacs en objets mode ou déco !

  • fillesdufacteur.typepad.com

Saluons ces initiatives qui sont des modèles pour tous !

source : afrik.com.

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