AME : favoriser l’essor de la mode éthique

AME : favoriser l'essor de la mode éthique

>>>Suite de l’interview de Laure Saint Martin.

La mode éthique connaît un essor croissant. mais qu’en est-il des freins à son développement ? Comment favoriser davantage l’attention que portent les consommateurs à la mode éthique ? Quel est l’avenir de la mode éthique ? Voici les réponses…

CG : La France est encore réticente quant à l’achat de produits éthiques. Les prix de vente et les coûts de production souvent élevés sont-ils un frein important pour les consommateurs, et au développement de la mode éthique ? Quels sont les véritables obstacles à l’essor de la mode éthique ?

L.S.M : Le consommateur (non militant) réfléchit par rapport à des produits référents de la mode conventionnelle. Proposer une Veja à la place d’une Nike ne pose pas de problème en termes de prix. Le consommateur est habitué au prix élevé de la basket, ce qui change c’est la structure du prix.

ShoppingConcernant des marques de prêt à porter comme Ideo ou Ethos, la comparaison est moins évidente. Les consommateurs non avertis qui visent les produits basiques d’entrée de gamme peuvent juger le prix trop élevé, ceux qui visent le plus haut de gamme et pour qui le prix n’est pas le problème regretteront peut être le manque de sophistication du produit pour un prix équivalent.

Le véritable obstacle ? L’hyperconsumérisme qui favorise des produits pas chers à usage unique ou presque, ce que savent très bien produire les grandes chaines comme H&M et Uniqlo. Du coup, les marques de mode éthique rognent sur les détails stylistiques couteux en terme de confection pour proposer des produits de qualité à des prix abordables.

CG : Le manque de transparence et d’informations sont-ils responsables de la « méfiance » persistante des consommateurs envers la mode éthique ? Comment pourrait-on favoriser un engouement chez eux ?

L.S.M : Je ne suis pas sûre que l’on puisse imputer la méfiance des consommateurs au seul manque d’informations et de transparence. En premier lieu parce que cette information existe. Elle existe dans des revues spécialisées et dans des blogs très pointus. D’autre part, on peut, il est vrai, constater un déficit d’information des marques, je dis bien information car si vous les appelez, elles seront parfaitement transparentes sur leur modèle y compris sur leurs limites.

Mais un récent cas d’école me laisse à penser que plus d’informations et une transparence affichée des marques  suscite finalement bien peu d’engouement : c’est le cas de Veja. Leur nouveau site lancé il y a un mois offre une information très précise. Pourtant en termes de statistiques, la partie projet qui détaille toute la filière jusque dans ses limites reste très peu consultée.

Ce qui me pousse à dire que le consommateur non sensibilisé ne se fie non pas à une information plurielle et complète mais à des informations lui permettant de développer des réflexes. Le consommateur non averti réclame des labels aussi identifiables que le label AB dans l’agroalimentaire.

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La suite p.2> fin de l’interview