Zéro déchet : pas simple, mais possible !

Rédigé par Morgane Bouterre, le 16 Apr 2015, à 18 h 25 min

Claire est une habituée de la poissonnerie de sa ville, où elle se rend régulièrement munie de son bocal. Mais, ce jour-là, son vendeur habituel était absent. Son remplaçant fut quelque peu étonné de se voir obligé de glisser la commande de poisson dans le bocal de Claire, sans emballage papier qui plus est. Mais il eût encore plus de mal à croire que Claire refusât aussi un simple ticket de caisse…

Claire, blogueuse, est adepte du zéro déchet depuis 2012. Ce qui peut paraître étonnant, voire impossible pour beaucoup, est aujourd’hui affaire courante pour elle. Claire illustre la révolution du zéro déchet. Zéro comme rien du tout, nada…

Zéro déchet – le déclic : taxes et exemple des autres

Le déclic ? C’est après avoir reçu le détail de la taxe incitative à sa production de déchet que Claire a commencé à se poser des questions. Persuadée de recycler et trier ses déchets comme il le faudrait, elle se résigna dans un premier temps à penser que la faute des déchets venait avant tout de l’industrie de masse et de sa profusion d’emballage. Mais la lecture du fameux blog Zéro Waste Home de Béa Johnson bouleversa sa vision : « Tant que j’achèterai des produits sur-remballés les industriels en produiront », conclut-elle.

Claire Poirier Zéro déchet-red

 

Une année complète sans déchet, le pari peut paraître impossible à l’époque de la consommation de masse… Pourtant, Claire n’est pas seule. Loin d’être un phénomène de mode, l’aspiration à ce mode de vie et de consommation sans déchets touche de plus en plus de personnes : ne pas laisser derrière nous une longue traînée de déchets inutiles.

Certains, de par le monde, se sont donc lancés dans l’aventure de vivre un an en diminuant au maximum le rejet de déchets : découvrons leurs motivations et apprenons comment prendre exemple de leurs expériences.

Tous pensaient que c’était impossible au départ

Comment ces personnes en sont-elles arrivées à vouloir changer en profondeur leur mode de vie ? La réponse est simple : en étant confrontées aux problèmes de notre société actuelle en termes de protection de l’environnement et aux dégâts causés par l’habitude de tout jeter à la poubelle.

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Loin d’être dans l’extrémisme ou dans la révolte, ce mode de vie demande certes une forte volonté mais ne bouleverse pas fondamentalement le rythme de vie, comme nous l’explique Claire : « contrairement, à ce que l’on peut imaginer, expérimenter le mode de vie zéro déchet n’a pas changé fondamentalement mon rythme de vie. Il y a eu une période d’adaptation d’environ 3 à 6 mois où j’ai essentiellement changé mes habitudes d’achats ».

Et surtout vivre sans déchet ne veut pas dire vivre reclus comme nous l’explique toujours Claire : « Je ne suis pas passéiste. Comme beaucoup, j’ai un téléphone portable, une tablette, … faire mes yaourts maison, oui, mais dans une yaourtière. Ceci dit, les années et siècles d’expériences qui nous précèdent sont certainement riches d’enseignements que nous avons balayés au nom de la modernité et de la technologie. Mais manger des aliments dont on ne connaît même plus le contenu : est-ce moderne ? »

Leçons apprises – ce n’est pas simple, mais c’est possible

Apprendre à REFUSER ce dont on n’a pas besoin

Il est tout d’abord nécessaire de refuser le jetable dans sa globalité, et nous entendons par jetable tout ce qui ne peut pas être réutilisé, tout ce qui pollue inutilement et tout ce dont l’utilisation n’est pas nécessaire.

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Proclamer “NON” haut et fort, voici ce que la plupart de ces personnes ont dû se forcer à faire. Comme nous l’affirme Lauren, 23 ans : « j’ai commencé à dire non à des choses comme les pailles dans mes cocktails dans les bars, non aux sacs plastiques ou en papier dans les magasins ».

Cette phase de refus implique de ne pas être soumis à la plupart des publicités et pratiques marketing qui influencent nos modes de consommation.

RÉDUIRE au maximum

Pour cette étape, le désencombrement est requis. Il faut garder uniquement ce dont nous avons réellement besoin. Les achats se font donc de manière plus raisonnée. Noter qu’ainsi vos dépenses risquent, au passage, de s’amenuiser…

Éliminer le plastique signifiait apprendre à emballer tous mes produits moi-même.
Lauren, 23 ans, adepte du Zéro déchet

Toutes les pièces de la maison doivent être passées au peigne fin. Adieu les dizaines de produits d’entretien, le bicarbonate de soude et le savon noir peuvent à eux seuls subvenir à l’essentiel de l’entretien de votre maison.

Pour être optimale, l’utilisation des appareils électroménagers doit être repensée, certains n’étant sûrement pas primordiaux.

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Adepte de la communication Web et des réseaux sociaux, je suis en constante recherche d’alternatives responsables et durables à notre modèle de société...

19 commentaires Donnez votre avis
  1. Cela fait plusieurs années que je n’achète plus de produits suremballés. Je fais la quasi-totalité de mes courses au marché où je réutilise mes sacs plastiques. Je réutilise mes pots de confiture pour le fromage blanc. Je vois qu’on peut aller plus loin : Le poisson, la viande dans des bocaux. Bonne idée : C’est vrai que mes commerçans me l’emballent systématiquement avec du papier paraffiné. Très pratique mais encombre ma poubelle. Allons vers le zéro déchets. On arrive pour 4 personnes à 20L par semaine, on peut descendre encore…
    Les lingettes et autre cotons démaquillants n’existent plus chez nous : la poubelle de salle de bain est vidée très peu souvent, à tel point que les sacs poubelles biodégradables (achetés dans un moment d’égarement à nos débuts) ont eu le temps de se dégrader dans la poubelle, MDR.

    • Petite progression : Comme c’est aberrant de jeter le compostable à la poubelle, on s’est mis au compost de balcon. On a diminué de moitié nos déchets. Enorme !
      On se rend compte que le compost fabriqué ainsi se compacte énormément. 2 mois d’épluchures (qui correspondrait à 40 à 80 L) deviennent moins de 5 litres ! Et ça dininue encore. Mais c’est long…
      Je pensais que mon composteur (poubelle acheté 2€ en brocante) allait être plein. Mais non, je remplis et ça se compacte. C’est l’inverse de la corne d’abondance.
      En plus, c’est ludique. On voit la progression. Ca sent un peu mais pas trop. Ca attire les mouches et moucherons au début mais très vite, si on mélange les épluchures fraiches et qu’on les recouvre par le compost plus anciens, elles ne viennent plus. On a créé un écosystème… Plutôt fiers du résultat.
      Côté emballages, on n’a pas fait beaucoup de progrès. Les bocaux en verre, c’est lourd donc on limite à 2 ou 3 à chaque fois. Les sacs plastiques tendent à disparaitre. Par contre, je me suis rendu compte que les légumes achetés au marché n’avaient pas tous besoin d’un sac. En vrac dans le chariot, c’est très bien.

  2. Salut ! J’adore, je suis une écolo dans la peau !
    Je m’intéresse énooormement à l’ écologie et c’est d’ailleurs comme ça que j’ai découvert le mode de vie VEGAN !! Ca commence à se faire savoir; manger des animaux ou les élever pour leur lait, miel, oeufs pollue éormement, plus que la totalité de tous les transports de la Terre réunis (voiture, motos, avions, camions, bâteaux) et bon on arrête pas de dire que la Chine est polluée.. mais c’est un pays très peu mangeur de viande alors ça s’équilibre.
    Regardez “Le speech le plus important de votre vie” 🙂 c’est un activiste pour le droit des animaux, des Hommes et de la nature !!
    Il vous dira exactement tout ce qu’il y a à savoir ^^
    En plus de manger végétalien, il mange bio, n’achète que des vêtements en coton bio (c’est indispensable !!) et issu du commerce équitable ou fabriqué localement, il ne prend aucuns medicaments ou cosmétiques (tous testés sur animaux à part ceux qui sont bio ou naturels), ne porte rien qui ai été en lien avec les animaux (laine, soie, cuir, fourrure,…) et il ne produit aucuns déchets !!! 🙂 Un vrai model, il a changé ma vie, à 16ans xD

    • Petite correction : Le miel est un produit naturel et les apiculteurs font plus de bien que de mal aux abeilles.
      Pour le reste, viande, oeufs, lait, c’est comme tout le reste : C’est notre consommation effrénée qui porte préjudice.
      La consommation de viande était une exception jusqu’à peu.
      Henri IV imposait à ses paysans de manger une poule au moins une fois par semaine pour avoir leur quantité de viande. Jusqu’à la moitié du 20e siècle, le boeuf (très couteux pour l’environnement) n’était habituellement pas consommé en France car trop précieux. On s’en servait comme bête de somme et à la limite était mangé en pot-au-feu ou bourguignon lorsqu’il ne pouvait plus travailler. Le boeuf roti, en grillade est une invention des anglais et américains avec leur mode de vie surdéveloppé. D’ailleurs toutes les recettes ont un nom anglais : roast beef, steak, hamburger… C’est un non sens d’élever du boeuf pour le manger.
      Mais je ne suis pas pour le mode Vegan. C’est aussi extrême que de manger du boeuf à tous les repas : Dans des régions montagneuses, comment se passer du lait pour consommer local ? Le fromage reste une des principales source de nourriture. Lui supprimer, c’est imposer le transport d’aliments manufacturés ailleurs. Pareil pour les régions arctiques. D’où viendraient les aliments ? Les vêtements ?

      Si on revenait à un mode de vie plus raisonnable ? Local, modéré, c’est ça qui réduirait notre empreinte écologique.

  3. pour inciter les consommateurs à passer à l’acte, pourquoi ne pas instaurer une faible augmentation de la TVA sur les produits emballés et baisser la TVA sur les produits non emballes ?

    • Oui, à mon avis, les produits suremballés devraient être lourdement surtaxés puisque la fabrication et le recyclage (s’il y en a) coûte très cher à la collectivité. Ce ne serait que justice…

  4. Pourquoi utiliser des cotons à démaquiller ? Une éponge et un bon savon bio font tout-à-fait l affaire.

  5. Pour ma part, tous mes sacs plastique me servent comme poubelle y compris ceux des surgelés. Cela leur donne une seconde utilisation et je n ai jamais acheté aucun sac poubelle.

  6. Au final, à deux nous consommons 250 euros par mois en moyenne pour l alimentation, les produits d hygiène, l entretien (savon noir, vinaigre d alcool, bicarbonate et percarbonate de soude) et nous vivons mieux.

  7. quand je vais chez Biomode je réutilise toujours les sacs en papier des achats précédents, ensuite lorsqu’ils sont vraiment abîmés ils me servent pour allumer le poêle, par contre dans ma Biocoop,ils ne sont pas réutilisables car après pesée, les sacs sont fermés avec l’étiquette du prix, donc quand j’ouvre le sac presque à chaque fois il se déchire à cet endroit. Les vendeuses font cela pour éviter les tricheries des clients, alors qu’à Biomonde, c’est la caissière qui pèse les sacs.
    Il est impossible de se servir de pots en verre, ce que j’aimerais, car il faudrait les faire peser avant et après et ça les commerçants ne le veulent pas.

    • Oui, ça c’est vraiment “chiant”, excuse le terme, moi aussi je suis prête à franchir le pas d’un monde sans emballages, mais les commerçants ne veulent vraiment pas jouer le jeu, c’est pour ça que les choses n’avancent pas! Il faut des lois pour que les choses bougent, à son propre niveau et sur sa propre initiative, quand on veut rendre un monde meilleur à nos enfants , à un moment donné, à cause de mauvaises volontés, ça coinçe…et quand ça coinçe, ça coinçe!!!…rien à faire!…dommage!

    • pourquoi ne pas utiliser des sacs en tissu qui seraient légers pour l’épicerie sèche ?

      Je le fais depuis plus d’un an et cela ne pose aucun problème quelque soit le lieu.

      Mais c’est vrai que j’ai entendu l’un des commerçants où je me rend se plaindre de la fauche de certains clients ! C’est incroyable !

    • Biocoop à Lyon Croix Rousse autorise le pesage préalable de nos bocaux :
      Partons du principe que les clients adeptes du bio le font par éthique et que la tricherie ne leur correspond pas.

  8. Bonjour,

    Bien au contraire, le zéro déchet ce n’est pas plus cher. Par exemple, la crème fraîche que j’achète en vrac sur le marché est plus cher que son équivalent vendu en grande surface.

    Mais au delà de ça, c’est une démarche globale.

    Par exemple elle incite à acheter plus d’objets d’occasion : car ils ne sont pas emballés. On peut ainsi choisir des produits de meilleur qualité qui dureront plus longtemps (comme un four, il y a 2 ans, qui m’a couté 100 euros de moins que l’équivalent neuf, des vêtements, des ustensiles de cuisine en inox, des jeux pour les enfants …)

    Je privilégie les produits réutilisables et notamment pour l’hygiène féminine qui sont un vrai gouffre pour le porte monnaie.

    Ces gestes me permettent d’économiser d’une part et de pouvoir consommer des produits alimentaires de meilleur qualité, de sortir, de partir en vacances … d’autre part.

    Nous avons juste changé nos priorités en terme d’achats.

  9. Je confirme que le zero dechet n’est pas simple mais petit à petit, on change nos habitudes et on devrait y arriver.
    C’est notre objectif cette année et j’en parle sur greenerfamilyin365days.wordpress.com/ pour que l’on partage des choses simples à faire, et simple à remplacer.
    C’est un cheminement qu’il faut commencer à faire.

  10. Ne vaut – il pas mieux consommer et moins que d’acheter de l’emballage en masse et pas cher? Sur le budget mensuel on a réduit de 80€ et ce n’est que le début. .

    • Dans mon biocoop, on peut venir avec ses sacs réutilisables( d ailleurs merci sakaide) et ses contenants. Le caissier les pèse avant. Par contre, c est difficilement envisageable chez moi au marché par exemple. Je passe déjà pour une originale à trimballer mes sacs en tissu pour les fruits et les légumes.

  11. paradoxe le 0 déchet c plus cher car faut aller chez le fromager boucher etc

    • Faux, je teste le zéro déchet depuis janvier et je mets 200 euros par mois supplémentaires de côté. Je fais un plein par mois au drive du supermarché (ce que je ne peux pas trouver ailleurs), un plein par mois de 50 à 70 euros en vrac au biocoop et un plein hebdomadaire au marché (fruits, légumes et viande pour 20 euros en moyenne.) La viande est locale et n est pas plus chère qu’en grande surface, les fruits sont locaux et moins chers. On économise surtout en achetant l essentiel alors que les grandes surfaces valorisent le superflu.
      En plus, on gagne sur la qualité.

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