Qu’allons-nous faire de tout ce temps libre dans les voitures autonomes ? Voici l’économie des passagers

Le fabricant de microprocesseurs Intel prédit, dans une étude publiée cette semaine, que la diffusion des voitures autonomes sera à terme générateur d’un gain économique considérable.

Rédigé par Stephen Boucher, le 7 Aug 2017, à 8 h 35 min

Selon Intel et les consultants Strategy Analytics, le secteur économique du transport de passagers par véhicules autonomes devrait peser déjà quelque 6.000 milliards d’euros d’ici 2050. Cette « économie des passagers » pèserait alors plus que le poids de l’économie collaborative au niveau mondial. L' »économie des passagers » se développera grâce au temps libéré du fait que les passagers n’auront plus à conduire leur véhicule, mais pourront vaquer à d’autres tâches.(3)

La firme américaine prédit ainsi : « L’histoire a prouvé que la technologie peut être le catalyseur d’une transformation sociétale massive et que les entreprises doivent s’adapter ou risquer l’échec, voire pire, l’extinction. Les nouveaux modèles d’affaires numériques introduits par l’informatique personnelle, l’internet, la connectivité omniprésente et les smartphones ont donné naissance à de nouvelles économies. La conduite autonome fera de même. »

Une économie des passagers permise grâce au temps et au « surplus cognitif » libéré

Le PDG d’Intel, dont la firme développe des composants nécessaires à l’intelligence artificielle permettant la conduite autonome, veut prévenir les dirigeants économiques et politiques mondiaux de l’imminence de cette nouvelle économie, que personne n’envisage aujourd’hui, de même, souligne-t-il, qu’« il y a moins d’une décennie, personne ne parlait du potentiel de l’économie du partage et des applications qui allait bientôt venir, parce que personne ne l’avait vue venir ».

embouteillages économie des passagers

Bientôt fini le temps perdu dans les embouteillages ?

L’économie des passagers, nouvel Eden ou nouvel Eldorado ?

L’étude fait un certain nombre de prédictions audacieuses quant aux bénéfices sur la qualité de vie et les retombées économiques découlant de l’usage des voitures autonomes. Notamment, ils président que :

  • Pas moins de 250 millions d’heures de temps de trajet devraient être récupérées chaque année dans les villes les plus encombrées du monde.
  • Les auteurs prédisent que l’utilisation croissante des nouvelles applications et services novateurs au fur et à mesure que les services de véhicules sans pilote s’élargiront et évolueront générera un chiffre d’affaires de 200 milliards de dollars.
  • Au moins 585.000 vies devraient être épargnées grâce aux véhicules autonomes entre 2035 à 2045.
  • En conséquence, la réduction des coûts de sécurité publique liés aux accidents de la circulation pourrait atteindre plus de 234 milliards de dollars au cours de l’ère de l’économie des passagers de 2035 à 2045.

L’économie des passagers, c’est se maquiller ou regarder en film en voiture sans craindre l’accident

Qui sait comment nous utiliserons tout ce temps libre récupéré sur la conduite dans les embouteillages ? Peut-être certains transformeront les voitures autonomes en auto-partage en salons de beauté, d’autres en espace de travail avec écrans pour travailler à distance avec ses collègues. Peut-être d’autres encore en lieu pour manger sur le pouce, pour faire des achats en ligne, voire traiter des maux bénins ou se reposer pendant les trajets, avec des banquettes adéquates. Toutes ces applications seront potentiellement fortement génératrices de revenus, notent les auteurs.

Ils prédisent d’autres impacts transformateurs de nos modes de vie : les producteurs de cinéma et vidéos pourraient adapter la longueur de leurs contenus aux trajets courts ou longs. Et les publicitaires trouveront dans ces espaces de nouvelles possibilités de « temps de cerveau libre » pour nous abreuver de messages… Tandis que les moments passés dans les transports pourront faire partie d’avantages accordés par certains employeurs, lieux de résidence ou universités pour leur public.

Une révolution de l’économie des passagers permise par trois facteurs

Urbanisation croissante, connectivité de masse, et partage des véhicules sont les trois piliers de cette transformation. D‘ici 2050, les deux-tiers de la population mondiale devrait habiter en ville. Cependant, nous serons de plus en plus connectés, ce qui effacera encore plus les frontières entre travail et vie personnelle. Enfin, le modèle du véhicule particulier cédera face à celui du partage des moyens de transport, estiment les auteurs, dont fait partie Greg Lindsay, cà-auteur remarqué d’un livre sur la mobilité du futur.(4)

Cette révolution sera-t-elle bénéfique pour nos modes de vie ? Intel et Strategy Analytics y voient surtout des avantages : liberté pour les passagers de vaquer à autre chose qu’éviter le véhicule en face de soi, pour se concentrer sur des activités plus agréables ou productives. Mais aussi meilleure optimisation du trafic, permettant de réduire les embouteillages et tous les désagréments les accompagnant, ainsi que réduction du besoin de garer des quantités importantes car non optimales de véhicules. Ceci libérera de l’espace dans nos villes qui pourrait être consacré aux personnes et à la biodiversité.

Leurs prédictions sont partagées par la Bank of America. Lors d’une conférence récemment organisée par celle-ci, Nadav Zohar, directeur du développement pour la firme Gett, prédisait que pas moins de 50 % des revenus des sociétés de transports viendraient dans un avenir proche des services apportés aux passagers dans les voitures autonomes.

Et vous, voyez-vous l’économie des passagers comme une bonne chose à venir ?

Illustration bannière : véhicule autonome© chombosan via Shutterstock
Pour vous c'est un clic, pour nous c'est beaucoup !
consoGlobe vous recommande aussi...



Actuellement Directeur général de consoGlobe et plus spécifiquement Directeur de la rédaction, Stephen Boucher est anciennement directeur de programme à...

2 commentaires Donnez votre avis
  1. Le probleme du car, c’est qu’il y a un horaire et un parcours à respecter avec aussi plein d’arrets. La voiture autonome est beaucoup plus libre, mais attention aux bouchons.

  2. c’est nul pas besion de voitures autonomes ..prendre le car

Moi aussi je donne mon avis