La voiture autonome va-t-elle changer notre vie ?

Rédigé par Jean-Yves Scauri, le 17 Oct 2015, à 8 h 38 min

Un jour, il ne sera plus question de posséder une voiture, ni même de passer le permis. C’est ce que va permettre la voiture autonome dans le futur. Plusieurs constructeurs travaillent sur des prototypes, à l’image de Volkswagen, même si ce n’est probablement plus sa priorité du moment. La voiture autonome : une révolution pour bientôt ? Éléments de réponse.

Voiture autonome : pas que des avantages

La voiture autonome n’envoie pas de texto ou ne mange pas en conduisant. Elle respecte scrupuleusement les limitations de vitesse et les panneaux de signalisations. De plus, elle prend en compte la circulation et agit en fonction. Par conséquent, on peut s’attendre à une fluidification du trafic automobile ou encore à une réduction du nombre d’infractions pour excès de vitesse.

Un autre aspect intéressant à noter est la resocialisation de catégories de personnes isolées, comme les personnes âgées ou les personnes handicapées. La voiture autonome devrait grandement faciliter les déplacements de ces catégories de personnes. Plus généralement, la voiture autonome devrait avoir une conduite plus sûre et ainsi réduire drastiquement le nombre de morts par an sur les routes françaises.

google car voiture autonome photo

La Google Car est l’une des voitures autonomes, sans conducteur donc, actuellement en phase de test – Photo Flickr

Des dommages collatéraux inévitables

Le dommage collatéral principal est la perte d’emploi que va entrainer la voiture autonome. Même si un chiffrage précis est encore difficile à effectuer, des pertes d’emplois sont à prévoir dans différents domaines d’activité, tels que les constructeurs de radars, les forces de police dédiées au contrôle des conducteurs ou encore les employés des sociétés travaillant au traitement des procès verbaux. Les auto-écoles pourraient également pâtir du développement de la voiture autonome. En effet, s’il est décidé légalement qu’une formation à la conduite n’est pas nécessaire pour les conducteurs de voitures autonomes, la raison d’être des auto-écoles est menacée et cela aboutirait à une réduction importante de leur activité.

En Angleterre, la Lutz Pathfinder du groupe RDM incarne le projet AutoDrive et est déjà testée dan certaines zones. ©RDM

En Angleterre, la Lutz Pathfinder du groupe RDM incarne le projet AutoDrive et est déjà testée dans certaines zones. ©RDM

Les zones d’ombre

Les zones d’ombre sont certainement la partie la plus délicate concernant la voiture autonome. En effet, pléthore d’aspects sont encore incertains et demandent une clarification évidente, parmi lesquels le permis de conduire et l’assurance. Le permis de conduire sera-t-il obsolète ? Les avis sont partagés sur ce point. Frank M. Rinderknecht, Directeur général du groupe automobile suisse Rinspeed, pencherait pour le oui : « Un permis de conduire pour des voitures autonomes ? Bien sûr que non. La formation de conducteur deviendrait obsolète – à moins que l’on veuille encore conduire avec une voiture normale pour le plaisir ». Erick Fontaine, expert en voiture autonome pour le site lesnumeriques.com, pense au contraire que le permis ne sera pas mis en danger : « Je pense que l’on aura toujours besoin de son permis, oui. En cas de défaillance du système, le conducteur doit être en mesure de reprendre la main ».

La question du permis du conduire en suspens

Même s’il est donc plus ou moins acté que le « conducteur » d’une voiture autonome doit être en mesure de reprendre le contrôle du véhicule à tout moment et que par conséquent, qu’il doit être titulaire d’un permis de conduire, de quel permis de conduire parle-t-on ? Quelles modifications la formation à la conduite va-t-elle subir ? Quel sera l’impact sur les auto-écoles ?

La voiture autonome va par ailleurs révolutionner le domaine de l’assurance automobile avec la question centrale de savoir à qui incombe la responsabilité en cas d’accident, le propriétaire ou le constructeur du véhicule. Cette question et toutes celles qui en découlent ne sont pas tranchées mais indiquent définitivement une adaptation nécessaire des polices d’assurances d’automobiles. La révolution de la voiture autonome est en marche, amenant dans son sillage des avancées, qu’elles soient techniques ou sociétales, mais aussi des aspects plus incertains, notamment son impact sur l’emploi. Sa diffusion à grande échelle n’est pas pour demain, car de nombreuses questions restent floues et demandent à être clarifiées(1).

Illustration bannière : © Mercedes

Pour vous c'est un clic, pour nous c'est beaucoup !
consoGlobe vous recommande aussi...



Basé à Leeds en Angleterre, et travaillant dans le marketing en ligne, je contribue à la rédaction d'articles et de contenu en ligne sur différents sujets...

1 commentaire Donnez votre avis
  1. Très intéressant article.
    Je ne pensais pas que les protos étaient aussi avancés.
    Pour moi, c’est vraiment le futur de la voiture !

Moi aussi je donne mon avis