Vivre près d’un parc éolien : quelles conséquences sur la santé ?

Des chercheurs allemands ont mené une enquête pour évaluer la gêne possible provoquée par le bruit et la vue des éoliennes sur les riverains. Une étude qui intéresse la France, le pays souhaitant développer son parc.

Rédigé par MEWJ79, le 6 Feb 2018, à 10 h 00 min

Pour déterminer les nuisances du quotidien que la présence d’éoliennes fait peser sur les habitants des alentours, des scientifiques allemands ont interrogé, à deux reprises en l’espace de deux ans, 212 résidents d’une région rurale. Le bruit reste la seule gêne détectée.

Quelles nuisances au quotidien sur les habitants vivant près d’un parc éolien ?

Des chercheurs de l’université Martin Luther de la ville de Halle, en Allemagne, ont mené une étude sur les conséquences, au quotidien, de la présence d’éoliennes sur la vie des habitants. Ils souhaitaient savoir si les riverains subissaient des nuisances dans leur vie de tous les jours. Pour ce faire, ils ont interrogé à deux reprises, en 2012 et en 2014, 212 résidents d’un parc éolien en Basse-Saxe, et leur ont fourni du matériel afin d’enregistrer le bruit. Les résultats sont parus dans la revue Energy Policy(1).

Cette enquête intéresse de près les Français. En effet, en janvier 2018, le gouvernement a annoncé des mesures visant à développer rapidement le parc éolien terrestre, afin de rattraper le retard de l’Hexagone sur ses voisins européens, notamment outre-Rhin. Mais ces projets se heurtent à un problème d’acceptabilité, avec des contentieux au long cours. Associations et groupements de riverains dénoncent, entre autres, des nuisances visuelles et sonores, source d’après elles d’anxiété et d’insomnie.

Seul le bruit constitue une gêne, et encore serait-elle mineure

Pour mener à bien leurs travaux, les chercheurs ont donc interrogé les habitants de cette zone rurale. Leur maison se trouve à proximité d’un parc éolien composé de neuf infrastructures de 150 mètres de haut. Quand les riverains ont été interrogés la première fois, en 2012, les éoliennes étaient installées depuis trois ans. À ce moment, 10 % d’entre eux ont déclaré une gêne ou un symptôme (anxiété, problèmes de sommeil, irritabilité ou troubles de l’humeur). Plus que la vue, c’est surtout le bruit (en particulier les variations de sons) qui est dérangeant pour les riverains. Deux ans plus tard, la proportion de personnes gênées par les éoliennes est descendue à 7 %.

vivre près éoliennes

Dans la campagne en Allemagne © Ben Schonewille

Mais selon les résultats de cette enquête qui se base sur les déclarations des habitants, les personnes les plus gênées par les éoliennes sont aussi celles qui étaient initialement les plus opposées au projet. Et fort logiquement, ce sont également celles qui ont été les moins intéressées par les conseils donnés pour mieux supporter la présence des éoliennes.

Pour les auteurs de l’étude, il est donc important de mieux informer les résidents avant la mise en place d’éoliennes et d’instaurer un dialogue pour apaiser les tensions éventuelles. En effet, au final, aucune nuisance sur la santé n’a été détectée. Seul le bruit peut être considéré comme gênant, mais les habitants s’y sont habitués et ont changé leurs habitudes, sans s’en plaindre.

Illustration bannière : Village près d’une ferme éolienne – © LU JINRONG
Références :
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Journaliste, je fais le grand écart entre football et littérature jeunesse.

3 commentaires Donnez votre avis
  1. Et vous faites pas le lien que ceux les plus opposés aux projets sont ceux que le projet dérange le plus après son installation? Ya peut-être un lien? Peut-être que ce sont les plus proches et les plus impactés? D’où leur opposition avant que le projet ne soit construit?

    Enfin si vous soutenez qu’il est normal qu’une éolienne de 150m de haut, qui fait 105dB en crête, et qui projette de la glace à plus de 300m en hiver, puisse être implantée légalement à 500m d’une habitation, il est un peu normal que vous vous refusiez à faire le lien.

  2. Comment peut-on indiquer des troubles du sommeil pour un certain nombre de personnes, puis conclure « aucune nuisance sur la santé » !? Quand on sait quels effets des troubles du sommeil peuvent avoir sur la santé !

    Une étude du même genre a été faite près de chez moi quelques années après l’implantation d’un parc. Le promoteur, qui a réalisé l’étude, s’est bien gardé d’indiquer que certaines personnes avaient déménagé suite à l’implantation des éoliennes et que forcément ces personnes n’étaient pas pris en compte dans l’étude… Du coup je trouve ce genre d’études un peu bancale, parce qu’elles excluent d’office les gens qui ont été le plus touchés par les nuisances au point de déménager…

  3. Il est assez choquant de de constater qu’on justifie un désagrément ou une pollution par le fait qu’on peut très bien s’y habituer. L’homme comme l’animal peut (et doit hélas souvent) s’adapter à tout. Les riverains d’un aéroport finissent probablement par trouver (difficilement) le sommeil, et bien des gens s’habituent à manger les cochonneries qu’on leur vend.
    Est-ce une raison pour continuer à avancer dans la mauvaise direction ? Faut-il attendre qu’il y ait plus de 10.000 éoliennes installées en France (comme le prévoit le programme de transition énergétique) pour commencer à réagir ? Ecrirez-vous bientôt que des études montrent qu’on peut très bien s’habituer à des forêts de turbines blanches ? J’invite les lecteurs à rester en éveil et à conserver l’esprit critique à l’égard d’ informations pseudo scientifiques, faussement rassurantes, servant davantage les intérêts industriels que l’intérêt général.

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