Pour espérer vivre longtemps, mieux vaut habiter en ville qu’à la campagne

Air pur, alimentation saine et vie au calme… : la campagne fait rêver les Français. Mais en réalité, c’est en ville qu’on vit plus vieux, révèle une étude de l’Association des Maires Ruraux et de la Macif.

Rédigé par Anton Kunin, le 17 Dec 2020, à 11 h 40 min
Pour espérer vivre longtemps, mieux vaut habiter en ville qu’à la campagne
Précédent
Suivant

Et si les bienfaits pour la santé associés dans l’imaginaire collectif à la vie à la campagne n’étaient qu’une idée reçue ? À en juger par l’espérance de vie, c’est en effet le cas, nous apprend une nouvelle étude réalisée par le chercheur Emmanuel Vigneron.

Espérance de vie : l’écart entre la ville et la campagne n’a cessé de se creuser

Entre un urbain et un rural, qui a la meilleure espérance de vie ? La réponse n’est pas évidente mais, d’année en année, les statistiques nous apprennent que c’est en ville qu’on vit plus vieux. C’est une réalité française depuis 30 ans au moins. Pire, les écarts d’espérance de vie entre départements ruraux et départements urbains n’ont cessé de s’aggraver au cours des trois dernières décennies.

On vit plus âgé en ville ©Jarek Fethke

En 2019, l’inégalité d’espérance de vie entre rural et urbain est de 2,2 ans chez les hommes et 0,9 an chez les femmes. En 1990, cet écart était de 0,3 an chez les hommes et de 0,2 an chez les femmes. Autant dire qu’en 30 ans, les écarts n’ont fait qu’augmenter. Pour l’Association des Maires Ruraux, le constat est sans appel : « alors que les territoires ruraux sont attractifs, la prévention et l’accès aux soins hospitaliers y sont dégradés ».

On vit moins longtemps dans un « désert médical »

En effet, les zones de forte consommation de soins hospitaliers correspondent, sauf exception, aux zones urbaines et aux couloirs de circulation les reliant. Les statistiques hospitalières aussi le montrent : les habitants ruraux consomment 20 % de soins de moins que les urbains. Comme le fait remarquer Emmanuel Vigneron, il existe une forte corrélation entre la non-consommation de soins hospitaliers et l’absence de médecins traitants : là où il n’y a pas de médecins libéraux qui dépistent et adressent le patient à l’hôpital, moins de patients vont à l’hôpital. Et l’Association des Maires Ruraux d’enfoncer le clou : « l’État, empêtré dans son modèle d’aménagement du territoire, centré sur le développement des métropoles, continue d’affaiblir les campagnes ».

Cela étant, n’oublions pas que dans l’absolu, l’espérance de vie a beaucoup progressé ces 30 dernières années. En ville, les hommes vivent aujourd’hui 80,7 ans et les femmes 85,8 ans. En milieu rural, l’espérance de vie est de 78,5 ans pour les hommes et de 84,9 ans pour les femmes.

Illustration bannière : Un senior en bonne santé en ville – ©Y.Gq_photo
Pour vous c'est un clic, pour nous c'est beaucoup !
consoGlobe vous recommande aussi...



Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

3 commentaires Donnez votre avis
  1. Bonjour, votre conclusion est fausse : la conclusion est qu’on vit mieux près d’un centre médical que loin. Ce qui veut dire que si la ville était un désert médical (admettons), on vivrait plus longtemps à la campagne. La campagne / la ville n’est donc pas la cause de la longévité. Détestables faux-titres tapes à l’oeil.

  2. Mieux vaut vivre mieux à la campagne que plus longtemps en ville à l’hôpital, non ?

  3. C’était avant le CoVid !
    Maintenant on vit plus vieux à la campagne qu’en ville…

Moi aussi je donne mon avis