Shein, Temu : ce malus pourrait faire grimper le prix des vêtements dès le 1er septembre

Dès le 1er septembre 2026, la France impose une pénalité progressive aux géants de l’ultra fast-fashion. Le barème démarre à 0,50 euro pour un boxer et grimpe jusqu’à 19,50 euros pour une veste en 2030.

Rédigé par , le 31 Aug 2026, à 10 h 41 min
Shein, Temu : ce malus pourrait faire grimper le prix des vêtements dès le 1er septembre
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Des milliards de vêtements bon marché finissent chaque année à la poubelle après peu de temps. À partir du 1er septembre 2026, la France impose une pénalité progressive aux géants de l’ultra fast-fashion comme Shein, Temu et AliExpress. Ce système commence à 0,50 euro pour un boxer et atteindra 19,50 euros pour une veste en 2030, dans le but de réduire la compétitivité des produits jetables face aux marques durables.

Le coût environnemental de l’ultra fast-fashion

L’ultra fast-fashion repose sur la production massive de vêtements bon marché, constamment renouvelés pour encourager les achats impulsifs. Ce modèle génère chaque année en France des centaines de milliers de tonnes de déchets textiles. Selon l’arrêté publié au Journal officiel le 28 août 2026(1), ce modèle est défini par les volumes massifs mis sur le marché et l’absence d’incitation à la réparation.
Par exemple, Shein propose plus de 6.000 nouveaux articles chaque jour, ce qui est incompatible avec la durabilité. Mathieu Lefèvre, ministre délégué à la Transition écologique, a déclaré : « Avec ce malus, la France, pionnière en Europe, lutte contre un modèle où les vêtements passent rapidement des étals aux poubelles. »

Lire aussi –  Temu, Shein & cie : création du Nutriscore des vêtements pour enfin voir ce qu’ils coûtent à la planète

Le détail du barème qui entre en vigueur

Le barème des pénalités, publié en 2026, couvre quinze catégories de vêtements. Les pénalités débutent à 0,50 euro pour les boxers, caleçons et chaussettes, avec un jean taxé à 9 euros et une veste à 12 euros. Ces montants augmenteront progressivement jusqu’à 2030, atteignant 2 euros pour les chaussettes et 19,50 euros pour une veste. Capital détaille ce barème, comprenant également les chemises, jupes, robes, maillots de bain, manteaux, pantalons, pulls, T-shirts et polos.

Les fonds issus de ces pénalités financeront des bonus pour les entreprises écologiquement responsables, redistribuant ainsi les ressources de manière écologique. Une étude a montré que des enseignes comme Kiabi et Decathlon ne seront pas affectées, confirmant que le malus cible les plateformes asiatiques aux volumes excessifs.

Critère de réparation : un aspect négligé du malus

Le malus inclut un critère innovant : le coefficient prix/coût de réparation. Les vêtements si bon marché qu’ils sont moins coûteux à racheter qu’à réparer sont considérés comme ultra fast-fashion. CBNews(2) indique que ce critère vise spécifiquement les articles à bas prix, impossibles à réparer. En rendant ces produits plus chers, le gouvernement encourage une logique où la réparation devient viable, favorisant l’économie circulaire et les emplois locaux dans la retouche.

Le déploiement sur cinq ans permet aux consommateurs et aux entreprises de s’adapter. En 2026, les montants sont modérés pour éviter un choc brutal, mais augmenteront chaque année, incitant les plateformes à changer de modèle ou à quitter le marché français. Le cabinet du ministre a précisé que Primark, Zara, Uniqlo et H&M ne sont pas concernés : « Les problèmes du secteur textile en France sont principalement dus aux plateformes comme Shein et Temu qui vendent en quantités sans commune mesure avec des marques comme Zara. »

La France espère que d’autres pays européens suivront son exemple. Bruxelles suit cette initiative de près, et une harmonisation à l’échelle de l’Union pourrait être envisagée dans les années à venir. En attendant, la France s’affirme en tant que pionnière d’une régulation qui pourrait redéfinir les règles dans le secteur textile mondial.


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