Trump relance la machine anti-écolo : sanctuaires marins, espèces protégées, climat… tout passe à la trappe

Depuis son retour dans le Bureau Ovale, Donald Trump a pris comme jamais un nombre impressionnant de décisions menaçant le climat et la santé humaine.

Rédigé par , le 28 Jan 2026, à 9 h 45 min

Le business et la rentabilité avant tout. Depuis sa réélection, Donald Trump accélère le démantèlement des politiques climatiques et environnementales portées par ses prédécesseurs. Qu’il s’agisse d’ouvrir des sanctuaires marins à la pêche commerciale, d’affaiblir la protection des espèces menacées ou de reprendre la main sur l’Agence de protection de l’environnement, le cap est assumé : moins de règles, plus d’extraction, plus de profits.

Et peu importe les conséquences sur la biodiversité, la santé publique ou les objectifs climatiques internationaux : aux yeux du président américain, le changement climatique reste un “canular”, et l’environnement une contrainte à contourner.

Trump : aucun souci de l’environnement

Donald Trump ne s’en cache pas : pour lui, les politiques climatiques sont un frein à la croissance. Sa ligne est limpide : énergies fossiles d’abord, dérégulation ensuite, transition énergétique jamais. Cette vision se traduit par une série de décisions qui fragilisent des décennies d’avancées environnementales et renforcent les secteurs les plus polluants de l’économie américaine.

Depuis janvier 2025, l’ONG Natural Resources Defense Council (NRDC) affirme que l’administration Trump a déjà pris ou proposé au moins 400 mesures menaçant l’environnement, le climat ou la santé humaine — un rythme qui dépasse celui observé durant son premier mandat.

Sanctuaire marin du Pacifique : la pêche commerciale relancée

Premier symbole fort : la remise en cause de zones pourtant sanctuarisées. En avril 2025, Donald Trump a signé un décret (ou proclamation présidentielle) permettant à nouveau la pêche commerciale dans une partie du Pacific Remote Islands Marine National Monument, un sanctuaire marin de l’océan Pacifique où la pêche était jusque-là interdite dans de vastes zones.

Cette zone protégée abrite des écosystèmes parmi les plus vulnérables de la planète : récifs coralliens, espèces endémiques, habitats essentiels pour de nombreuses espèces marines. Les défenseurs de l’environnement y voient un précédent inquiétant : si un sanctuaire aussi emblématique peut être rouvert à l’exploitation commerciale, aucune zone ne semble désormais intouchable.

Forêts américaines : le retour des appétits industriels

Dans la foulée, Donald Trump a également annoncé vouloir faciliter l’exploitation forestière dans certaines zones naturelles encore intactes. Là aussi, l’argument est économique : produire davantage sur le territoire national, limiter les importations et “libérer” les ressources.

Mais sur le terrain, ces orientations inquiètent les scientifiques : les forêts jouent un rôle majeur dans la régulation du climat, le stockage du carbone et la préservation d’habitats essentiels pour la biodiversité. Les ouvrir davantage à l’exploitation industrielle, c’est aussi affaiblir un des rares puits de carbone naturels du pays.

Espèces en danger : vers une définition taillée pour l’industrie ?

Autre stratégie majeure : affaiblir la protection des espèces menacées… jusque dans les textes. Plusieurs signaux indiquent une volonté de modifier les critères, les seuils ou l’application des dispositifs de protection des espèces en danger afin de réduire les contraintes pesant sur les grands projets industriels.

En clair : si les espèces protégées “gênent” l’exploitation du pétrole, du gaz (notamment de schiste) ou l’implantation d’infrastructures, la tentation est grande de rendre leur protection moins contraignante.

Un glissement lourd de sens, car ces protections servent aussi de barrières juridiques contre des projets particulièrement destructeurs : forages, pipelines, routes, installations industrielles en zones sensibles.

L’EPA passée sous sa coupe : le tournant dur du “tout pétrole”

Sur le volet climatique, l’offensive la plus structurante concerne l’Agence de protection de l’environnement américaine (EPA). Donald Trump a placé à sa tête un fidèle : Lee Zeldin, confirmé et entré en fonctions fin janvier 2025.

Cette nomination est tout sauf neutre : Lee Zeldin est connu pour ses positions pro-industries fossiles et son opposition aux grandes politiques climatiques menées sous l’administration Biden. Avec lui, l’EPA change de mission implicite : ne plus entraver les pollueurs, mais faciliter la croissance “sans contraintes”.

Le retour de l’idée la plus explosive : supprimer l’“Endangerment Finding”

Le 17 janvier, l’administration Trump annonçait l’abrogation imminente du célèbre “Endangerment Finding” (“constat de mise en danger”), en vigueur depuis 2009 sous Barack Obama. Ce texte est fondamental : c’est lui qui permet juridiquement de réguler les gaz à effet de serre au niveau fédéral en vertu du Clean Air Act, car il reconnaît qu’ils représentent un danger pour la santé publique.

Sans ce socle, l’État fédéral perd une partie majeure de sa capacité à encadrer les émissions de CO2, méthane et autres gaz à effet de serre, notamment dans les secteurs de l’automobile, de l’énergie et de l’industrie.

La remise en cause de ce texte est donc un signal clair : l’administration Trump vise à désarmer juridiquement les politiques climatiques américaines, et à relancer pleinement l’exploitation fossile.

SondageGroenland : Trump va-t-il trop loin ?

Plastique, carbone, obligations : la dérégulation généralisée

D’autres mesures s’inscrivent dans la même logique : réduire les obligations environnementales imposées aux industriels, supprimer des exigences de transparence, ou encore relâcher les standards liés au carbone.

Cette vision du “moins de règles” est présentée comme un retour à la liberté économique. Mais elle signifie surtout moins de garde-fous pour la santé, l’air, l’eau et le climat. Avec une conséquence prévisible : les grands pollueurs sont les premiers gagnants de cette nouvelle offensive anti-écolo.

Une stratégie assumée, un coût mondial

Ce qui se joue aux États-Unis dépasse largement les frontières américaines. La première puissance économique mondiale envoie un message clair : climat et biodiversité ne sont plus des priorités. À l’heure où les scientifiques alertent sur l’accélération des dérèglements climatiques et l’effondrement de la biodiversité, ce virage pourrait avoir un effet domino international.

Car dans les négociations climatiques, le signal est puissant : si Washington recule, certains États seront tentés de reculer aussi.

Et pendant ce temps-là, la planète, elle, ne négocie pas.

Les attaques de l’administration Trump contre l’environnement et la biodiversité




Aucun commentaire, soyez le premier à réagir ! Donnez votre avis

Moi aussi je donne mon avis