Le tri sélectif à Tokyo, c’est du sérieux !

Rédigé par Elise, le 20 Aug 2012, à 17 h 46 min

Le tri sélectif en France fait désormais partie de notre quotidien  : on trie le verre, le plastique, le carton… avec plus ou moins d’assiduité. Même si tout le monde ne s’y est pas encore mis ou si on a encore parfois des hésitations pour quelques produits, trier ses déchets devient de plus en plus un acte naturel.

À Tokyo par contre, le tri des déchets s’avère bien plus complexe que ce que nous devons faire en France. en effet, TOUT se trie Et gare aux erreurs !

Le tri des déchets à Tokyo

Pourquoi est-ce si important de trier ses déchets ?

Les habitants de Tokyo ont commencé à prendre conscience de l’importance du tri et du recyclage des déchets dans les années 70, époque de forte croissance pour le Japon. C’est à cette épique que les Japonais ont réellement commencé à produire et consommer à tout va, générant des tonnes de déchets.

Des campagnes de sensibilisation au tri des déchets ont donc été organisées et l’accent a été mis sur l’éducation et la sensibilisation des jeunes enfants, futurs acteurs du changement.

Par exemple, des visites des centres de traitement des ordures ont été organisées pour les écoles,  un livret du « Parfait petit jeteur d’ordures » a été édité et une chanson vantant les bienfaits du tri sélectif a été mise à disposition sur Internet. Elle s’intitule Mottaïnaï, ce qui signifie : ne pas gaspiller.

Toutes ces actions se concentrent autour d’une règle d’or essentielle pour les Japonais et les adeptes du tri et du réemploi : les fameux 3 R : Réduire, Réutiliser, Recycler. Pour réduire la quantité de déchets, il faut donc réduire au maximum ses déchets et trier soigneusement tout ce qui peut être recyclé ou réutilisé.

Guide du tri sélectif au Japon

Première étape : il faut séparer les déchets combustibles des déchets non-combustibles.

Les combustibles regroupent les papiers et les déchets organiques, essentiellement alimentaires.

Les  non-combustibles regroupent le cuir, le verre cassé, la céramique, les flacons spray, les plastiques alimentaires, les plastiques chimiques (flacons de produit vaisselle ou détergents par exemple), etc… Attention cependant, tous les plastiques ne sont pas similaires, ils doivent donc être triés dans des sacs séparés.

Viennent ensuite les déchets recyclables  : objets métalliques (boîtes de conserve, canettes, bouchons), cartons d’emballage (qu’il faut plier et ficeler), journaux (qu’il faut aussi ficeler) et prospectus publicitaires (qui étouffent les boîtes aux lettres), bouteilles en verre… Chaque famille de déchets doit être placée dans un sac différent, évidemment.

Attention aux erreurs de tri !

Mais gare aux erreurs de tri : une bouteille plastique jetée dans un sac inapproprié peut entraîner des sanctions : premièrement, votre sac ne sera pas ramassé et un avis en rouge sera apposé dessus. Pour les cas les plus graves, un agent municipal pourra même venir vous rendre visite, histoire de vous rappeler les règles à appliquer… Les sacs à ordures étant tous transparents, difficile de ne pas se faire repérer en cas d’erreur ou d’inattention !

Des efforts récompensés

Ces gestes peuvent paraître contraignants au premier abord, mais il n’y a pas de doute : les bénéfices tirés sont bien réels. Malgré ses 5 millions d’habitants, Tokyo est une des villes les plus peuplées du monde et aussi l’une des plus propres.

En 2000, Tokyo produisait 5,5 millions de tonnes d’ordures ménagères par an et à cette époque, seules 930.000 tonnes d’ordures étaient recyclées, soit 17 %. Mais depuis l’instauration d’une politique de tri plus sévère, les choses se sont nettement améliorées. En 2010, Tokyo produisait  4,34 millions de tonnes d’ordures edont 25,6 % étaient recyclées. Un baisse du poids des déchets pour une augmentation de ceux recyclés.

Le  tri sélectif en France

Aujourd’hui, plus de 99 % de la population française a accès à un dispositif de collecte sélective de ses déchet.

Les Français trient en moyenne 45,2 kg de déchets d’emballages ménagers par an et par habitant. Les déchets d’emballages représentent 33 % des ordures ménagères et moins de 1 % de la production totale de déchets en France (déchets municipaux, agricoles, du BTP et des entreprises)

En 2011, 3.12 millions de tonnes d’emballages ménagers ont été recyclés. Cela représente l’équivalent de 2.03 millions de tonne de CO2 évitées. L’objectif fixé par le Grenelle de l’Environnement serait d’atteindre 75 % de recyclage des emballages ménagers. Ce taux était de 67 % en 2011.

Les performances varient par matériau : Acier : 117 % – Aluminium : 36 % – Papier-carton : 67 % – Bouteilles et flacons plastiques : 46 % – Verre : 84 %.

Des efforts et des améliorations sont donc nettement apparentes et à souligner.
Cependant, la première étape du tri des déchets et du recyclage ne serait-elle pas tout simplement de réduire ses déchets, en choisissant des produits peu emballés ?

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Je réagis
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Convaincue et passionnée par le développement durable, consommer responsable est une attitude que j'adopte au quotidien. J'essaye de convertir le plus de...

8 commentaires Donnez votre avis
  1. Depuis que je fais mes courses alimentaire dans un magasin BIO, je n’ai besoin de mettre mon sac jaune que tous 2 ou 3 semaines. Avant c’était toutes les semaines, au sortir des courses le sac était déjà à moitié rempli !!

  2. OU DOIT ON ENVOYER LES CAPSULES SOUPLES DE TASSIMO POUR LE RECYCLAGE?

    • c’est très simple ! il ne faut plus consommer ce genre de produits qui est un déchet d’invention récente mais terriblement anti-écolo !

  3. Je voulais dire la même chose que Dyane, le consommateur est souvent sensibilisé, voire culpabilisé…mais qu’en est-il des industriels ?
    Il faut combattre « le mal » à la racine pas en fin de parcours…à moins que les chaînes de recyclage soit devenues des commerces lucratifs pour certaines entreprises…Dans un monde et une France où il faut sans cesse créer de nouveaux marchés pour faire tourner le grand capital…je médite la dessus en attendant quand j’achète mes bananes, mon raisin, j’étiquette ma grappe plutôt qu’un sac…dommage ça marche pas pour les tomates ! le monde de la conso pour des écolo est un monde cruel et hostile où la machette en guise de débrouissailleuse et l’oeil de lynx pour lire les étiquettes sont nos meilleures armes ! c’est la jungle !!! motivés !

    • Les industriels sont soumis à la TGAP. C’est-à-dire une taxe d’environ 15€ par tonne de déchets ultimes. Cette TGAP est amenée à être augmentée règulièrement pour inciter les entreprises au recyclage et également à la réduction de leurs déchets à la source car même s’il y a du recyclage celui-ci se paye par nombre de rotations effectuées par les sociétés en charge de la collecte.
      Dans mon entreprise, nous produisons environs 30 tonnes de déchets et nous allons recycler prochainement environ 20%.
      Des progès sont en cours, notamment lorsqu’il y a des économies à faire.

  4. On a beau dire qu’il faudrait réduire les emballages et je suis tout à fait d’accord mais je pense que l’action ne pourra venir que des fabricants et vendeurs de produits en arrêtant de manipuler les gens . En effet l’emballage est le premier contact avec un produit (sauf fruits et légumes et encore…) et c’est sur cela que jouent ces gens pour nous faire acheter. Toute notre consommation passe par l’esthétique, les emballages sont même faites pour correspondre à un pays et même à une région afin d’interpeler le regard en accord avec nos habitudes, c’est très savamment étudié. A partir de cela, on aura beau vouloir changer de comportement, il y aura toujours une forte influence. Je donne un exemple qui m’a vraiment interpelé l’autre jour, je faisais mes courses et je voulais acheter de l’eau, il y avait une sous-marque dans une bouteille plutôt légère et puis une marque connue d’une même contenance dans une bouteille sois disant « verte », ce qui m’a choqué entre ces deux bouteilles est le fait que pour la sous marque le plastique est autant recyclable que l’autre mais utilise deux fois moins de plastique puisque la bouteille est beaucoup plus légère. Mais parce qu’on a pas placardé en vert « bouteille recyclable » dessus, elle tient une mauvaise image par rapport à l’autre et son aspect esthétique est beaucoup moins plaisant donc on aura tendance à aller vers l’autre. Il faut se méfier des plastiques bio dégradables car bien souvent elles se détruisent en toute petites particules mais restent dans le sol sous forme de pollution invisible, ce qui ne fait qu’aggraver le problème puisque comment fait-on pour traiter une pollution invisible?

    Alors au dessus je fais un peu un méli-mélo recyclage et dégradation mais toujours est-il qu’il faut essayer de déjouer les illusions de vente car nous sommes tous victimes qu’on le veuille ou non et c’est bien pour cela qu’ils se permettent de continuer à jouer dessus, et on dirait bien qu’ils ont toujours une longueur d’avance. C’est toujours l’aspect économique qui primera tant que nous nous ferons berner. Alors soyons à l’affut et rien que d’en parler prouve qu’on est sur la voie de la réflexion et contribue à étendre l’information.

  5. Comment peut-on avoir un pourcentage de résultats supérieurs à 100% pour l’acier???

    Cordialement

  6. Il y a eu il y a quelques années une journée de sensibilisation à l’excès d’emballage dans les grandes surfaces. Les gens ont laissé leurs emballages superflus en caisse pour montrer que ceux-ci n’étaient finalement pas nécessaires. Je ne me souviens pas que ça ait résonné si fort.
    Personnellement, j’achète bio, et parmi ces produits, je fais quand même attention aux emballages, préférant le recyclable. Et ironiquement, on trouve quand même des produits qui se disent écolos mais malgré cela sur-emballés. Quel intérêt ?

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