La transformation des paysages menace les migrations animales

Une étude portant sur 57 espèces a révélé que les transformations des paysages par l’homme modifiaient les comportements des animaux dans leurs migrations. La baisse de ces mouvements annuels est inquiétante.

Rédigé par Maylis Choné, le 20 Feb 2018, à 11 h 30 min

Chaque année, des milliers d’animaux prennent la route pour trouver davantage de nourriture en hiver. Mais quand le paysage est touché par l’action de l’homme, ce voyage devient périlleux.

Les migrations diminuent quand l’homme modifie le paysage

L’étude regroupant 114 chercheurs du monde entier et publiée dans la revue Science, permet de mieux comprendre l’impact de l’action de l’homme sur les animaux, et plus spécialement sur les espèces qui effectuent des migrations. Les installations pétrolières, gazières, les routes, les clôtures… tous ces éléments peuvent empêcher le passage des bêtes, contraindre et réduire leurs déplacements.

migration animaux

© Alzbeta

Concrètement, grâce à des colliers posés sur des centaines d’animaux, les chercheurs ont constaté que ces derniers (comme les troupeaux de cerfs mulets par exemple), diminuent de moitié ou des deux-tiers la distance de leur migration dans les zones où l’empreinte de l’homme est forte, en comparaison aux zones où l’activité humaine est très faible. Certaines espèces doivent aller toujours plus loin pour trouver la verdure et la nourriture espérées.

L’importance de la migration pour la pérennité des espèces

« Il est important que les animaux se déplacent car ils remplissent d’importantes fonctions écologiques, comme le transport de nutriments et de semences entre différentes régions », explique Marlee Tucker, biologiste à l’université de Francfort et auteur principal de l’étude. « La capacité de se déplacer et de trouver de la nourriture aide à préserver la viabilité de certaines espèces en péril»

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© Andrei Bortnikau

D’autres espèces ont choisi de partir moins loin ou de ne plus migrer du tout. Un phénomène inquiétant quand on sait par exemple que les mouflons qui restent en altitude l’hiver, bénéficient de moins de nourriture et sont en proie aux avalanches.

Pour aider les animaux à continuer leurs mouvements, Ryan Zinke, secrétaire du ministre de l’Intérieur des États-Unis, a signé un accord pour encourager la coopération sur les migrations, « en travaillant avec les éleveurs pour modifier leurs clôtures, en travaillant avec les États pour collaborer à la restauration des broussailles de sauge, ou en travaillant avec les scientifiques pour mieux comprendre les routes migratoires », détaille l’étude.

Illustration bannière : Les installations pétrolières, gazières, les routes ou les clôtures perturbent la migration des animaux © Vitezslav Malina
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