L’Amérique latine s’engage (enfin) à protéger les défenseurs des droits environnementaux

24 États d’Amérique du Sud ont signé un traité les obligeant à protéger les défenseurs des droits fonciers et de l’environnement.

Rédigé par Anton Kunin, le 7 Mar 2018, à 10 h 55 min

Les pays signataires doivent garantir « un environnement sûr et épanouissant » aux « particuliers, organisations et associations qui font la promotion et défendent les droits humains dans le domaine environnemental ».

En Amérique du Sud, les États devront faire plus pour protéger les défenseurs de l’environnement

En 2017, 200 activistes en faveur de l’environnement ont été assassinés à travers le monde, dont 60 % en Amérique du Sud. En ce début de 2018, et deux ans après l’assassinat de Berta Cáceres, co-fondatrice du Conseil des organisations populaires et indigènes du Honduras, 24 États d’Amérique latine viennent de signer un traité les obligeant à davantage protéger les défenseurs de l’environnement.

défenseurs de l'environnement

Les habitants des zones isolées, mal représentés, sont parfois victimes d’exactions © Carlos Neto

Les gouvernements des pays signataires sont désormais tenus de leur garantir « la vie, l’intégrité personnelle, la liberté d’opinion et d’expression, la liberté d’association ainsi que celle de mouvement ».

Le traité, dont les lignes directrices ont été conçues par les gouvernements du Chili, du Costa Rica et du Panama, garantit également le droit à un environnement sain et incite les États signataires à mettre en place des administrations chargées de veiller au respect des principes énoncés.

Le traité a été salué à travers l’Amérique latine

La signature du traité a été saluée à travers le continent. Au Brésil, où 49 défenseurs de l’environnement ont été assassinés en 2016, la Fundação Grupo Esquel Brasil et le collectif Article 19 ont publié un communiqué commun. « Un accord contraignant est essentiel pour nous afin de protéger nos terres et les défenseurs de l’environnement qui pourront désormais jouir pleinement des droits inscrits dans ce document. […] Ce traité pourrait aider le Brésil à inverser la tendance aux lois environnementales régressives », ont-ils fait savoir.

Luis Guillermo Solís, le président du Costa Rica, a qualifié ce traité d’« un tournant dans la lutte contre la pauvreté, les inégalités et la haine ». « C’est essentiel aussi pour la survie même de notre espèce. Le droit à un environnement sain est un droit humain », a-t-il déclaré.

Illustration bannière : En Équateur – © Ammit Jack
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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

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