Et si on devenait tous acteurs de l’économie circulaire sur nos territoires ?

Réemploi, zéro déchet, économie circulaire…ces mots nous sont de plus en plus familiers. Ils représentent une contrainte pour certains, une opportunité pour d’autres. Mais quelle réalité se cache vraiment derrière ces termes ? Et comment pouvons-nous agir ?

Rédigé par La Fabrique Ecologique, le 5 Nov 2020, à 8 h 00 min

Entre 1900 et 2009, l’extraction mondiale de matières premières a été multipliée par 10, soit une croissance deux fois plus rapide que la population mondiale(1). La majorité de ces ressources sont non renouvelables et ne sont pas disponibles en quantités infinies.

Une réorganisation des territoires face à des ressources planétaires en quantités limitées

Au rythme actuel de la croissance des consommations de matières, nous serons confrontés à l’épuisement de certaines ressources dans les prochaines décennies. L’Union Européenne a d’ailleurs déjà identifié 27 matières premières dites ‘critiques’(2).
Face à ce constat, l’économie circulaire est un modèle qui propose de recourir à l’écoconception, au réemploi, au partage, au recyclage, pour réduire la consommation de ressources naturelles vierges et éviter d’être confrontés à des ruptures d’approvisionnement brutales qui mettraient nos sociétés en péril.
Mais attention à ne pas prendre le problème à l’envers.

La priorité est bien la sobriété, c’est à dire la réduction des consommations de matières. En effet, sans ce ralentissement, recycler 100 % des matériaux, quand bien même ce serait possible, ne permettrait de satisfaire qu’une petite partie des besoins croissants de matière et ne retarderait l’épuisement des ressources que de quelques années(3).

La sobriété : un nouveau projet de société ?

Faire de la sobriété une priorité nécessite de mener une réflexion sur notre rapport à la consommation, en particulier au sein des populations les plus aisées dont les modes de vie sont responsables de la majeure partie des consommations de ressources mondiales(4).

Cette réflexion est délicate car elle touche à la question des libertés individuelles : au-delà de quelques besoins quasiment indiscutables (se nourrir, se loger, se soigner, se vêtir, etc.), comment différencier les besoins légitimes des besoins superflus ?

Laissée à la responsabilité individuelle, cette question peut cristalliser un sentiment de contrainte, voire de sacrifice. Au contraire, c’est au niveau collectif que cette question doit être posée pour que la sobriété, démocratiquement définie, devienne un véritable projet de société.

Lire aussi : Feuille de route de l’économie circulaire : tout un éventail de mesures présentées

Donner vie à l’économie circulaire sur les territoires

Si les enjeux sont planétaires, c’est à l’échelle locale que les réponses s’inventent. C’est sur le terrain, à l’échelle des communes, des départements, des régions que les conditions sont réunies pour initier un dialogue démocratique, accompagner les changements d’habitudes et favoriser l’innovation.

Les collectivités locales, grâce à leur proximité des citoyens et des acteurs économiques ont un rôle important à jouer dans la mise en oeuvre de l’économie circulaire. Leur passage à l’action peut être encouragé et accéléré par l’impulsion d’associations, de collectifs citoyens ou de clubs d’entrepreneurs volontaires.

Les collectivités pourront jouer un rôle de facilitateur en animant la coopération entre les acteurs, en partageant des informations sur les consommations de ressources et productions de déchets, ou encore sur les initiatives vertueuses.
Elles peuvent contribuer à accélérer la sensibilisation et la formation sur l’économie circulaire auprès des citoyens et des entreprises.
Elles peuvent également soutenir, techniquement, symboliquement et financièrement les projets circulaires, et intégrer les notions de sobriété et de circularité dans toutes les autres composantes de l’action publique (aménagement et construction, achats d’équipements, gestion des déchets, restauration collective…).

Enfin, pour devenir une réalité concrète, l’économie circulaire doit être incarnée par des lieux physiques, des espaces où s’inventent un nouveau rapport aux matériaux et à la consommation. Ces lieux peuvent être des zones de stockage de matériaux, des espaces de réparation et d’échanges, des showrooms de produits circulaires, des démonstrateurs grandeur nature, des magasins de producteurs zéro déchet…

À l’image de l’ancien Couvent des Clarisses à Roubaix dans le Nord ou du Smicval Market à ces lieux sont des espaces conviviaux et innovants, sources de liens humains dans les villes et les villages. À l’initiative d’entrepreneurs, de collectifs citoyens ou de collectivités, ces lieux rendent l’économie circulaire possible et souhaitable, au quotidien.

Élu local, administré, salarié ou entrepreneur, nous avons tous un rôle à jouer pour contribuer à impulser et faire vivre une dynamique collective d’économie circulaire et en faire un véritable projet de territoire, basé sur la sobriété.

Pour plus d’informations, retrouvez la note Mettre les territoires au service de l’économie circulaire et contribuez à son amélioration sur le site de La Fabrique Écologique. Ce travail est le fruit de la concertation d’une quinzaine d’experts de l’économie circulaire réunis en 2020.

Kathleen Boquet – Consultante indépendante Transition Écologique et Solidaire, experte économie circulaire, Présidente du groupe de travail Territoires Circulaires de La Fabrique Écologique.

Illustration bannière : Nous avons tous un rôle à jouer pour contribuer à impulser et faire vivre une dynamique collective d’économie circulaire © D-Krab
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