Ce que cache le sel sur nos routes quand la neige paralyse la France
Ce sont littéralement des tonnes de sel qui ont été déversées sur la chaussée lors du récent épisode neigeux. Mais d’où vient tout ce sel ?

Les saleuses étaient pour une fois de sortie hors de leurs zones d’action habituelles : face à un épisode de neige d’une rare ampleur, il fallait bien déverser du sel sur le bitume afin de permettre aux automobilistes de circuler.
Sel : un seul site de production en France pour contrer neige et verglas
Dans chaque département touché par la vague neigeuse, c’est l’équivalent parfois d’une année de salage qui aura été utilisé en l’espace de quelques jours. Mais d’où vient tout ce sel ? Contrairement au sel de mer qui trône sur les tables, originaire de l’Atlantique ou de la Méditerranée, voire de l’autre bout du monde pour le sel noir d’Hawai, le sel déversé sur les routes pour combattre neige et verglas vient en général de l’est de la France.
Ainsi, la mine de sel de Varangéville, en Meurthe-et-Moselle, est active depuis la moitié du XIXe siècle, bien avant l’essor de l’automobile et des routes bitumées. Aujourd’hui, les neuf dixièmes de son activité est orienté vers les réserves de sel destinées aux routes de l’Hexagone. Sa manne : le « sel de gemme », ressource fossile, dernière trace laissée par des mers disparues depuis des millions d’années.

Des stocks à travers le pays
À lui seul, ce site de production, le dernier en France, exploité par le groupe Salins, extrait environ 500.000 tonnes de sel par an à 160 mètres de profondeur. Mais un hiver rigoureux peut toutefois obliger à importer du sel de gemme depuis la Pologne ou l’Allemagne. En effet, en moyenne, un million de tonnes de sel peuvent être utilisées pour le déneigement chaque année en France. Un besoin qui varie du tout au tout selon les conditions météorologiques, par nature imprévisibles. À titre préventif, des stocks de sel sont conservés au sein de dépôts stratégiques, les Centres d’Entretien et d’Intervention (CEI), disséminés à travers la France.
Il faut dire qu’en cas d’épisode neigeux, la consommation de sel sur les routes peut culminer à 100.000 tonnes par jour ! Mais à quel prix ? S’il dépend notamment de la distance entre lieu de production et lieu d’usage, son coût tourne autour de 10 centimes d’euros le kilo. Selon Rock, filière Salins exploitant le site de Varangéville, s’il est correctement utilisé, le sel est très peu impactant sur l’environnement. À condition, notamment, de respecter la dose lors de l’épandage. Sur les routes, le sel de déneigement est en général utilisé soit en saumure (mélangé à de l’eau), soit en bouillie (saumure et sel).
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