Gaspillage alimentaire : les salariés autorisés à récupérer les invendus

Moins de nourriture jetée, plus de bon sens au quotidien. En autorisant plus clairement les salariés des commerces à récupérer certains invendus, le gouvernement ouvre une nouvelle étape dans la lutte contre le gaspillage alimentaire.

Rédigé par Paolo Garoscio, le 4 Feb 2026, à 10 h 00 min
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Annoncée fin janvier 2026, la réforme portée par le gouvernement vise à faciliter la récupération des invendus alimentaires par les salariés des commerces. Derrière cet ajustement réglementaire se cache une ambition écologique simple : faire en sorte que des produits encore consommables soient mangés plutôt que détruits, dans un cadre sécurisé pour les entreprises et complémentaire de l’action des associations.

Ce que les salariés pourront concrètement faire avec les invendus alimentaires

La réforme en préparation clarifie un point essentiel : les salariés des commerces alimentaires pourront récupérer certains invendus sans que cela soit automatiquement assimilé à un avantage en nature. Concrètement, cela signifie que des produits encore consommables, mais non vendus, pourront être remis aux salariés en fin de journée ou après les opérations de don habituelles, sans créer de complications sociales ou fiscales pour l’employeur, explique Le Parisien.

Les produits concernés sont ceux qui ne peuvent plus être commercialisés mais restent propres à la consommation. Il peut s’agir de fruits ou légumes abîmés, de produits proches de leur date limite, d’articles dont l’emballage est défectueux ou de surplus liés à une mauvaise prévision des ventes. Jusqu’ici, ces situations aboutissaient souvent à une destruction, malgré l’évidence écologique de la récupération.

Le cadre reste néanmoins précis. Les dons aux associations d’aide alimentaire conservent la priorité. La récupération par les salariés intervient uniquement lorsque ces structures ne peuvent pas collecter les produits, notamment lorsque les volumes sont trop faibles ou difficiles à organiser logistiquement. Cette hiérarchie garantit que la solidarité reste au coeur du dispositif, tout en évitant que des denrées ne finissent inutilement à la poubelle.

Une avancée majeure contre le gaspillage alimentaire

Chaque année, des centaines de milliers de tonnes de produits alimentaires encore consommables sont détruites en France. Malgré les lois existantes, une partie du gaspillage persiste, en particulier dans les commerces de proximité ou lorsque les flux sont irréguliers et la collecte des associations rare car trop coûteuse. La possibilité donnée aux salariés de récupérer les invendus vient combler une faille bien identifiée du système actuel.

D’un point de vue écologique, l’impact est direct. Produire de la nourriture mobilise des ressources précieuses : eau, énergie, terres agricoles, transport. Jeter un produit encore consommable revient à gaspiller l’ensemble de ces ressources. En favorisant la récupération, la réforme permet de réduire l’empreinte environnementale du commerce alimentaire sans investissement lourd ni nouvelle infrastructure.

La mesure encourage également une approche plus responsable au sein des entreprises. En intégrant la récupération des invendus dans leurs pratiques, les commerces peuvent renforcer leur engagement environnemental, sensibiliser leurs équipes et inscrire la lutte contre le gaspillage alimentaire dans le quotidien professionnel. Cette dynamique collective est souvent plus efficace que des obligations perçues comme lointaines ou contraignantes.

Un bénéfice concret pour les ménages, les entreprises et l’environnement

Pour les salariés, la récupération des invendus alimentaires représente un avantage concret. Sans constituer un complément de salaire, elle peut alléger le budget courses et améliorer l’accès à des produits frais. Dans un contexte de tensions sur le pouvoir d’achat, cet apport ponctuel est aussi un geste de reconnaissance du rôle joué par les salariés dans la chaîne alimentaire.

Pour les entreprises, la réforme apporte avant tout de la clarté. Elle sécurise juridiquement des pratiques parfois déjà existantes et réduit le risque lié aux contrôles sociaux. En valorisant les invendus plutôt qu’en les détruisant, les commerces optimisent également leur gestion des déchets et peuvent réduire certains coûts indirects liés à l’élimination. Et à l’échelle collective, l’effet attendu est vertueux. Moins de gaspillage alimentaire, c’est moins de déchets, moins d’émissions inutiles et une meilleure utilisation des ressources.

Dossier spécial – Le gaspillage alimentaire ? Pas chez moi !

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Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.

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