PSG et « char à voile » : mauvaise blague, scandale et un (presque) mea culpa

La réaction de Kyllian Mbappé et Christophe Galtier concernant la polémique sur le déplacement en jet privé a créé un véritable scandale dont s’est emparée la classe politique alors que l’urgence climatique inquiète et que l’été 2022 a été marqué de tristes records de chaleur et incendies.

Rédigé par Paolo Garoscio, le 7 Sep 2022, à 11 h 00 min
PSG et « char à voile » : mauvaise blague, scandale et un (presque) mea culpa
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La rentrée 2022 pour le PSG a commencé avec un bad buzz sur fond de crise climatique et critique des jets privés. Malheureusement pour son entraîneur, Christophe Galtier, une tentative de faire de l’humour a été particulièrement mal perçue, et ce qui n’était qu’un bad buzz est devenu une polémique dépassé le climat et le sport pour devenir politique…

Un transfert en jet pour le PSG, et une vidéo qui fait le buzz

Tout a commencé en amont du match PSG-Nantes du 3 septembre 2022. L’équipe parisienne embarque sur un jet privé pour le trajet… et Marco Verratti, milieu du terrain, filme quelques secondes du voyage pour les mettre sur Twitter.

En pleine polémique sur la pollution des jets privés, la vidéo passe mal : les internautes soulignent rapidement que Nantes n’est qu’à moins de deux heures de TGV de Paris et que les joueurs auraient pu prendre le train, bien moins polluant.
La SNCF saute sur l’occasion et enfonce le clou : le directeur de TGV-Intercités, Alain Krakovitch, interpelle le PSG lui rappelant son offre dédiée de privatisation de trains ou rames. La SNCF s’occupera d’ailleurs des déplacements lors du Mondial de Rugby 2023 qui se déroulera en France.


Tout aurait pu s’arrêter là : dimanche 4 septembre 2022, la polémique n’avait pas encore explosé. Mais, le lendemain, tout a basculé.

Une question, un fou rire, une blague : le scandale est lancé par Mbappé et Galtier

Lundi 5 septembre 2022, Pierre Larrouturou, journaliste de LCI, pose la question durant la conférence de presse que tiennent Kyllian Mbappé, star du PSG, et Christophe Galtier, son entraîneur, en prévision du match contre la Juventus de Turin du lendemain : pourquoi le PSG n’a pas fait le trajet Paris-Nantes en train, alors que la sobriété énergétique est demandée à tous les Français, que le trajet est court et que l’avion pollue beaucoup plus que le train ?

Une question qui, semble-t-il, a pris au dépourvu les deux hommes : Kyllian Mbappé explose de rire, attitude très commentée sur les reseaux sociaux et Christophe Galtiertente une blague « non pertinente » Amélie Oudéa-Castéra la  ministre des Sports.

on est en train de voir si on ne peut pas se déplacer en char à voile.
Christophe Galtier

L’extrait de la conférence de presse fait le tour d’Internet très rapidement : « hors-sol », « déconnectés de la réalité »… les critiques fusent. De la part des internautes, initialement, puis du gouvernement, d’élus de gauche comme de la Majorité. Rares ont été les soutiens aux deux hommes qui ne semblent pas avoir pris la mesure de leurs propos malgré la sécheresse, les températures et les incendies record de l’été 2022.

Mea culpa en bonne et due forme de Christophe Galtier, ou presque

Une image écornée – capture d’écran

L’image du PSG écornée, celle de Kyllian Mbappé et Christophe Galtier également, il fallait réagir. C’est chose faite le 6 septembre 2022, lors de la conférence de presse post-match PSG-Juventus : Christophe Galtier revient sur la polémique et sur sa « blague de mauvais goût ». « J’adore faire de l’humour, il est important d’en faire. Mais c’était une blague de mauvais goût sur un sujet très sensible », a-t-il déclaré.
Il précise que le PSG et le staff font « très attention au problème du climat ». Pour autant, « je n’ai pas à présenter des excuses, c’était une blague de mauvais goût », se justifie-t-il. Et d’en rajouter une couche : « je crois qu’en France ce n’est plus possible de faire de l’humour ».

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Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.

6 commentaires Donnez votre avis
  1. Laissebéton, vous ne m’avez pas expliqué comment la réserve des 7 îles a pu perdre 95% de ces fous en moins de un mois, un oubli sans doute… et je vous rappelle que les laridés sont tous des espèces PROTEGEES, sauf de la bêtise écolo semble t’il

  2. Laissebéton, vous m »expliquerez comment les sept îles, l’île de Tatihou, l’île d’Aurigny ont pu être contaminées par des élevages industriels.

    Non vous avez laissé proliférer certains oiseaux au nom de vos dogmes et cela se retourne contre vous, c’est triste pour ces oiseaux mais nous chasseurs d’Europe l’avions prévu depuis les années 1990

    • Avec Pilet, chargé de propagande, les oiseaux sauvages ne volent pas de terres en terres. Il plaint la mort par virus de ces pauvres oiseaux alors qu’il les aurait flingués avec son fusil. Sa volonté de discréditer les études scientifiques et de semer le doute sont les signes bien connus des lobbyistes en tous genres et sont la marque de sa profonde bêtise

  3. Impossible le char à voile, trop de cadavres de fous, de goélands, de mouettes ou de sternes sur nos plages.

    Je m’étonne d’ailleurs que vous n’en fassiez pas un article, la honte sans doute

    • Pilet croit détenir la vérité qui n’est pourtant pas scientifique. Sauf que Alors que certains pointent la faune sauvage, d’autres dénoncent l’intensification des élevages qui favorise la multiplication du virus. En réalité, selon Jean-Luc Guérin, de l’école vétérinaire de Toulouse, interviewé sur France culture, les deux phénomènes s’alimentent mutuellement : les élevages favorisent la prolifération du virus (et les mutations) quand les animaux sauvages les dispersent aux quatre coins du continent. Dans un rapport publié mi-juillet, l’Anses pointe différentes causes de contaminations des élevages dans le Sud-Ouest et le Grand Ouest, notamment la densité des élevages, des mesures sanitaires imparfaitement appliquées, le maintien de certains animaux infectés en élevage — pour préserver leur patrimoine génétique — ou encore le débordement des services d’abattage.

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