Diesel : des millions de nanoparticules cancérigènes dans l’urine des enfants

Selon une étude récente relayée par Strasbourg Respire, les urines des enfants contiennent des millions de particules toxiques.

Rédigé par Audrey Lallement, le 17 Nov 2020, à 10 h 50 min

Une étude choc menée auprès de plusieurs enfants de Strasbourg révèle que leurs urines présentent une très forte concentration de nanoparticules. Des particules fines, engendrées par la pollution de l’air et qui augmentent le risque de cancer et de maladie cardiovasculaire.

Une forte concentration de nanoparticules dangereuses pour la santé

Aussi appelées « particules fines, » les nanoparticules sont les plus dangereuses pour la santé. Issues en grande partie de la pollution diesel mais aussi du chauffage au bois, elles augmentent le risque de cancer et de maladie cardiovasculaire. Tous les âges sont touchés par ces nanoparticules, à commencer par le foetus puisqu’elles sont capables de l’atteindre en franchissant le placenta. Menée pour la première fois en France, une étude s’est penchée sur la présence des particules fines dans les urines des enfants.

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Pour réaliser son étude, le professeur Tim Nawrot de l’université de Hasselt (Belgique) et son équipe ont mesuré la présence de black carbone, un des composants des particules carbonées, dans les urines de 27 petits Strasbourgeois âgés de 7 ans environ. Le constat est édifiant : les échantillons prélevés contenaient plus d’un million de nanoparticules par millilitre d’urine. Selon le collectif Strasbourg Respire, cette étude révèle « un lien significatif entre le taux de particules dans les urines et la distance d’habitation de l’enfant par rapport à un axe routier »(1), confirmant une étude précédente menée à Anvers(2).

Comment agir ?

En cause, les véhicules et certaines industries – © Mostovyi Sergii Igorevich

Aucun doute n’est possible : si les urines des enfants contiennent des nanoparticules c’est parce qu’ils sont trop exposés à la pollution diesel. « Dans les métropoles françaises, la source principale de ce type de particules est le parc diesel – l’essence n’émettant pas ou très peu de black carbone -, » explique Strasbourg Respire. Le collectif incrimine également « le chauffage au bois l’hiver et les industries de type incinération et papeterie par exemple ».

Quelle est la ville la plus polluée du monde ?

Fort de ce constat alarmant, Strasbourg Respire a appelé les pouvoirs publics à « intensifier les mesures de lutte contre la pollution de l’air ». Le collectif qui a déjà publié en octobre 2020 une tribune pour réclamer plus de contrôles des émissions industrielles à Strasbourg réclame la mise en place de zones à faibles émissions excluants les véhicules diesel, la réduction des émissions du chauffage collectif ou individuel au bois et le renforcement des du contrôle et des sanctions sur les émissions industrielles. Il rappelle aussi, « dans le contexte sanitaire actuel » l’urgence de la lutte contre la pollution de l’air qui est « responsable de plus de 15 % des décès liés au COVID-19 ».

Illustration bannière : La pollution de l’air augmente les risques de maladies – © Dragana Gordic
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1 commentaire Donnez votre avis
  1. Il serait bon de comparer ce qui est comparable en matière de motorisation; le diesel moderne émet sans doute moins de polluants que le véhicule à essence, par exemple de CO2. Les odeurs dégagées sont très faibles, alors que l’essence émet au démarrage du CO, ce « tueur silencieux » (choke automatique). A ma connaissance, les émissions de NOx sont plus importantes pour l’essence, mais les tests comparatifs avec le diesel n’existent pas, ou m’ont échappé. La voiture électrique émettrait 50% des particules fines de l’essence.
    Plaintes actuelles à l’encontre des hybrides. Demain, l’hydrogène mettra-t-il les véhicules actuels au rebut?

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