Pollution automobile : la vitesse remet aussi les poussières de la route en suspension

Pneus et freins ne sont pas les seules sources de particules sur la route. Une nouvelle étude révèle le rôle de la vitesse dans le réenvol des poussières.

Rédigé par , le 15 Oct 2026, à 10 h 00 min
Pollution automobile : la vitesse remet aussi les poussières de la route en suspension
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Quand une voiture passe, elle ne pollue pas seulement par son échappement ou l’usure de ses pneus. Son déplacement peut aussi soulever des particules déjà déposées sur la chaussée. La vitesse joue un rôle majeur dans ce phénomène, selon le projet CEPARER, publié par l’ADEME le 7 octobre 2026.(1)

D’où viennent les particules soulevées par les voitures ?

Sur la route s’accumulent des poussières d’origines diverses. Certaines proviennent de l’usure des pneus, des freins ou du revêtement. D’autres ont été apportées par le vent ou les activités environnantes. Le passage d’un véhicule peut les remettre en suspension.(2)

Cette distinction compte : une particule soulevée par une roue n’a pas nécessairement été créée par cette voiture. Elle peut avoir été déposée plus tôt, puis remise en mouvement par le trafic.

Les émissions liées à l’usure des pneus et des freins sont mieux connues. Le réenvol des poussières routières reste, lui, plus difficile à mesurer.

Ce que révèle le projet CEPARER sur la vitesse

Mené par l’ESTACA avec Airparif et l’UTAC, le projet CEPARER a combiné des essais sur banc et sur piste. Les chercheurs ont développé un dispositif permettant de mesurer la remise en suspension dans un environnement ventilé et contrôlé.(1)

Ils ont notamment étudié l’influence de la vitesse, des caractéristiques du véhicule, des pneumatiques et de la taille des particules. La vitesse apparaît comme un facteur majeur des niveaux d’émission mesurés.(1)

L’étude aide ainsi à comprendre un mécanisme de pollution jusqu’ici moins documenté. Elle ne fournit toutefois pas de pourcentage de réduction applicable à toutes les routes. L’état de la chaussée et les conditions de circulation peuvent modifier le résultat.

Une voiture électrique soulève aussi de la poussière

Une voiture électrique ne rejette pas de particules à l’échappement pendant la conduite. Son freinage régénératif réduit aussi l’usure des freins. En revanche, ses pneus roulent sur la chaussée et son passage peut remettre des poussières en suspension.(3)

Cela ne signifie pas que les motorisations électrique et thermique ont le même bilan environnemental. CEPARER étudie un mécanisme précis de pollution de l’air. Le projet ne compare pas leurs émissions de gaz à effet de serre sur toute leur durée de vie.

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Faut-il abaisser les limitations de vitesse ?

Le rôle de la vitesse observé par CEPARER invite à regarder de plus près les effets des limitations. Mais une vitesse plus basse ne garantit pas, à elle seule, une baisse de toutes les formes de pollution.

Le nombre de véhicules, la congestion et les accélérations influencent aussi la qualité de l’air. Une précédente synthèse de l’ADEME montrait que les effets des limitations varient selon la vitesse de départ et les conditions de circulation.(4)

Pour protéger les riverains, il faut donc examiner la circulation dans son ensemble. CEPARER apporte une pièce nouvelle à ce dossier : ce qui se trouvait déjà sur la route peut revenir dans l’air au passage du véhicule suivant.


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