La pêche No-Kill, un sport mortel

Rédigé par Annabelle, le 14 Feb 2014, à 15 h 41 min

Le “No-Kill” est une pratique de pêche assimilée à un sport et qui consiste à relâcher systématiquement tous les poissons capturés. Si à première vue cela paraît plus salutaire pour les poissons, une équipe de scientifiques de l’Université de Miami vient justement de prouver le contraire. Le No Kill tue certains poissons à coup de stress.

Le No-Kill, source de stress pour les requins

Le No-Kill – littéralement, pas de mise à mort– est un sport inventé par des pêcheurs américains il y a quelques années.

Il consiste à pêcher des poissons réputés pour être plutôt combatifs et de les relâcher à l’eau juste après, histoire de ne pas vide les océans ou les rivières.

etoile143En apparence, il s’agit donc d’une pratique ne mettant pas en danger la vie des poissons puisqu’ils sont immédiatement relâchés. Mais dans les faits, la pêche no-kill pourrait bien s’avérer mortelle.

Déjà, il est facile de se rendre compte que la pêche est un véritable combat que doit mener le poisson. Lorsqu’il est attrapé, il est blessé par le hameçon. Le poisson est ensuite attrapé et manipulé dans tous les sens.

Des poissons relâchés mais stressés à mort … ?

sharkTaggingComme on peut s’en douter, cette capture est évidemment une grande source de stress pour les poissons. Or, le stress est un très bon indicateur lorsqu’on souhaite évaluer la santé d’une espèce.

C’est donc sur cette base qu’ont porté les études d’Austin Gallagher, étudiant à l’Université de Miami. Celui-ci a voulu mesurer les effets d’un stress induit par la pratique du No-Kill sur 5 espèces de requin.

Pour prouver son hypothèse selon laquelle les requins étaient soumis à un grand stress lors de leur capture, et ce, même s’ils étaient relâchés par la suite, A. Gallagher a procédé à 3 mesures :

  • des tests sanguins ;
  • des tests réflexes ;
  • une surveillance a posteriori grâce à des balises pour observer le comportement des animaux une fois relâchés

fleche-suite104La première constatation est que chaque espèce possède sa propre personnalité et a ses propres réactions. Requins marteaux et requins tigres ne réagissent pas du tout de la même façon au stress provoqué par le No-Kill.

requin-c-shepardAinsi, il a été démontré que des espèces comme le requin tigre ou le requin citron ne sont pas vraiment vulnérables au stress. En revanche, le stress a un impact très lourd sur le requin marteau. Le requin bouledogue et le requin à pointes noires se situent entre ces 2 extrémités.

fleche-suite104Ensuite, les tests sanguins ont servi à mesurer les taux de pH, de CO2 et de lactate

des proies.

test-sanguin-requin

La mesure du lactate donne une idée du niveau de stress. Car en effet lors de la prise, le poisson se débattant se livre à une activité musculaire intense.

L’activité des muscles produit de l’acide lactique (c’est exactement ce qui se passe lorsqu’on s’adonne à une séance sportive intense sans s’être échauffé au préalable). Chez certains poissons et au-delà d’un certain seuil, une concentration trop élevée de lactate s’avère mortelle. Et cela est vrai pour… les requins marteaux…

Les balises GPS ont indiqué un taux de mortalité plus élevé, encore une fois chez le requin marteau.

picto-arbre191511Cette étude montre bien que les pratiques de No-Kill ou de cath and release ne sont pas sans conséquence sur les poissons. Ces données devraient, et seront sûrement, prises en compte par les divers programme de conservation.

 *

Je réagis
Source : Rosenstiel school of Marine and atmospheric science. Image à la Une : CC Le No

Sur la pêche :

Pour vous c'est un clic, pour nous c'est beaucoup !
consoGlobe vous recommande aussi...



Passionnée de voyages et de rencontres en tout genre, j'adore prendre mon sac-à-dos et voir ce qui se passe ailleurs ! Consommer responsable est devenu une...

13 commentaires Donnez votre avis
  1. Je réagis assez négativement car: vous parlez requins =>dans nos eaux douces, c’est difficile à trouver.
    Je constate que les parcours no-kill sont bien plus pourvus en poissons que les autres parcours, avec des poissons plus grands qui peuvent se reproduire, et pas forcément surdensitaires (relâchés artificiellement pour faire plaisir au pêcheur consommateur, mais polluant les souches autochtones).
    Que certains poissons, l’un ou l’autre mais limités meurent par mauvaise manipulation c’est évident: mais entre les maladroits qui peuvent se corriger et les viandards…mon choix est fait.
    L’hameçon sans ardillon fait moins de dégâts sur les petits (qu’on doit remettre à l’eau) que les autres…
    En fait, une fois de plus, c’est l’homme qu’il faut éduquer.
    Il y aurait encore beaucoup à dire, mais s’il vous plait, ne généralisez pas une étude sommes toutes relative et limitée
    Cordialement

  2. De toute façon les donneurs de leçons No Kill , bouffent de la viande et du poisson et surtout utilisent parfois des appâts vivants … ces gens ont décidés que la vie d’un brochet (par exemple) a plus d’importance que celle d’une truite ou d’un gardon … en gros ces gens se prennent pour dieu . J’attend la chasse NO KILL … avec le chirurgien à côté qui retire la balle …

  3. Ce qui manque à tous les gens qui chassent sans en avoir besoin pour se nourrir, pêchent pour le “sport”(même sans tuer le poisson au final), pratique ou regarde une corrida, c’est l’ampathie… C’est aussi simple que ça. Imaginez vous dans la peau du taureau dans le dos duquel on plante de banderilles, du poisson dans la bouche duquel on plante un gros hameçon sur lequel on tire avec acharnement, du sanglier traqué pendant des heures et peut-être que vous préfèrerez aller vous balader dans les bois plutôt que de provoquer la souffrance et la mort. Toute souffrance engendrée dans le seul but de s’amuser est monstreuse.

    • Oui, mais certains « humains » ont besoin de ça, d’exercer leur suprématie et leur domination sur toutes les créatures plus faibles et vulnérables qu’eux, que ce soit via la pêche, la chasse, la corrida, la bouffe, etc. ou au quotidien, via-à-vis d’autres humains (plus vulnérables, handicapés…), tout cela va de pair.
      Si on a un comportement irrespectueux vis-à-vis des autres animaux, on a un comportement irrespectueux vis-à-vis des autres humains, et vice versa, il n’y a pas d’exceptions à cette règle.

  4. Mis à part le stress, quelles sont les espérances de survie d’un individu relâché affaibli dans la darwinienne nature ?

  5. Pratiquant le no kill depuis de nombreuses année , je m’inscrit en faux avec cette étude, car combien de fois que ce soit en mer ou rivière que des poisson relâché ont été recapturé, il suffit de constaté les résultats obtenus par ceux qui les marques. Cette étude n’a aucun sens scientifique et ne prouve rien.

  6. La pêche, c’est une pratique pour se nourrir et ça ne devrait pas être autre chose. Ils n’ont rien d’autre à faire, ceux qui s’adonnent à ce “sport” ? Et c’est un sport, d’attraper un animal et de le sortir de son milieu naturel en le blessant ?
    Et pour répondre à Allan, Consoglobe a déjà traité du terrible sujet de la pêche aux requins juste pour leurs ailerons. L’un n’empêche pas l’autre.

    • ca y est… les enverdeurs et autres escrolos bobos sont de sortie… ca faisait longtemps.

    • Non, la pêche (en eau douce )pour se nourrir est un contre-sens qui date des années 1936 où l’ouvrier affamé pouvait effectivement améliorer son ordinaire par la pêche. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas! De plus tous ces gens qui veulent interdire parce que ça contredit leur idée à eux sont de petits ayatollahs qu’on retrouvent dans tous les partis politiques (en particulier chez les verts)

  7. juste pour info une petite question,comment nos eminents chercheursfont ils pour prelever les requins qu’ils examinent?NE PEUT ON PAS LAISSER CES PETITES BETES TRANQUILLES .cette peche de plus est reservee àdes gens friques peut etre devrait on lancer la peche aux cons il y a surpopulation!!!!!

  8. avez vous regardé le stress des requins relâches sans les ailerons, ni plus ni moins que de la barbarie, alors dénoncez ces pratiques sauvages et ne faites pas un mauvais procès au no-kil ! pratique perpétuée depuis de nombreuses dizaines d’années et qui bien souvent aura permis de sauver et maintenir un cheptel piscicole fragile et qui ne serait plus si il n’y avait eu que des prises tuées ….

  9. Belle étude sur le requin… Quoi dire à part qu’en eau douce le No-kill se pratique depuis longtemps et les poissons sont repris régulièrement et en pleine forme.

  10. Je pense qu’il n’y a pas besoin d’étude scientifique pour mesurer le stress que provoque un combat quelqu’il soit ! Mais bon il faut bien faire travailler nos chers diplômés…sinon que ferait-il de leur diplôme !

Moi aussi je donne mon avis