La pêche à l’aimant, le nouveau loisir écolo qui attire de plus en plus d’adeptes

Repêcher les objets métalliques qui s’entassent au fond des cours d’eau, voilà un nouveau loisir qui connaît un succès grandissant en France.

Rédigé par Anton Kunin, le 7 Jun 2019, à 11 h 40 min

En l’absence de réglementation, des chasseurs de trésors d’un nouveau genre partent à la pêche aux métaux au fond des cours d’eau. Une nouvelle façon ludique de les dépolluer.

Les cours d’eau regorgent de toutes sortes d’objets en métal

« On choppe des merdes, on les ramasse et on les met à la poubelle » – ou plutôt au recyclage des métaux, c’est en ces termes que le youtubeur ChrisDetek, passionné de la détection des métaux, évoquait la pêche à l’aimant lorsqu’il s’est lancé dans l’aventure en juillet 2018.

Moins de douze mois plus tard, il publie des vidéos qui cumulent aujourd’hui des millions de vues et où, à l’aide d’un aimant puissant, il pêche fièrement de grands bouts de métal, essentiellement des épaves de voitures(1).

Leur succès contribue largement à populariser cette pratique.  En allant les vendre à un ferrailleur, il a même fait 63 euros en une journée… Tout en nuançant que le sens premier de sa démarche était de dépolluer.

En douze mois de pêche à l’aimant, ChrisDetek, qui est devenu un modèle pour toute une poignée d’enthousiastes, a repêché une arme à feu, un banc, des vélos, une caisse enregistreuse avec des pièces de monnaie, des clés, des menottes et même un coffre-fort de 800 kilos.

Le commerce des aimants ne connaît pas la crise

Et le « butin » de ChrisDetek en fait déjà rêver d’autres. Les ventes d’aimants ont explosé ces derniers mois. Selon Melvyn Derouen, le gérant de La Maison de la Détection, un magasin parisien vendant des équipements pour la détection de métaux, interrogé par RTL, son commerce a écoulé 2.000 aimants en six mois, alors qu’avant, il en vendait une dizaine par an.

La pêche à l’aimant n’est pas réglementée en France. Tant que cette situation perdure, des enthousiastes pourront sonder le fonds des fleuves, rivières et canaux à la recherche d’objets en métal par souci environnemental ou dans l’espoir d’arrondir les fins de mois.

Mais car il y a un mais !

Cette pratique n’est pas dénuée de risque. En particulier lorsqu’un adepte remonte des objets dangereux tels que de vieilles munitions ou des explosifs de la seconde guerre mondiale, parfois encore actifs.

Ainsi dans la Vienne, onze obus anti-aériens, deux obus d’artillerie, deux explosifs, une grenade, tous encore actifs, ont été repêchés dans des cours d’eau depuis le début de l’année(2).

La plus grande prudence est donc de mise !

Illustration bannière : La pêche à l’aimant permet de remonter toute sorte d’objets – © Chris Detek/Capture d’écran Youtbe
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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

2 commentaires Donnez votre avis
  1. bonjour ,c’est triste que la préfète de la somme a interdit cette pêche . âgé de 66 ans c’étai ma seule passion récupérer la ferraille ,voir le reportage du journal de Ham (région picarde) date de la parution :mercredi 21 aout 2019 .c’est incroyable ce qu’on peut récupérer vélos.cadres motos . scooters .tubes d’échafaudages . chaines et bien d’autres objets exemples clefs bijoux coffres fort =(jetés par dessus les ponts) ,,, bonne lecture amitié

  2. Il est dommage que les plastiques ne soient pas capturables avec des aimants!

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