Paris va finalement voter non sur l’accord Mercosur

Si l’annonce du Président de la République de son vote contre l’accord Mercosur vise à apaiser la situation en France, elle l’affaiblit au niveau européen.

Rédigé par , le 9 Jan 2026, à 11 h 52 min
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Emmanuel Macron a finalement annoncé s’opposer à l’accord communautaire sur le Mercosur. Un accord qui sera néanmoins adopté par les voisins européens.

Un accord voté sans et contre la France

« La France a décidé de voter contre la signature de l’accord entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, a expliqué le président de la République sur le réseau social X. La France est favorable au commerce international, mais l’accord UE-Mercosur est un accord d’un autre âge, négocié depuis trop longtemps sur des bases trop anciennes (mandat de 1999). Si la diversification commerciale est nécessaire, le gain économique de l’accord UE-Mercosur sera limité pour la croissance française et européenne. Il ne justifie pas d’exposer des filières agricoles sensibles et essentielles à notre souveraineté alimentaire. »

Si cette décision de voter contre un accord auquel il est a priori favorable vise à déminer la situation politique intérieure française, elle constitue en revanche un risque diplomatique, isolant la France au sein de l’Union Européenne. En effet, cet accord voté sans elle, à la majorité relative, s’imposera tout de même dans l’Hexagone. Syndicats et coopératives agricoles demeurent vent debout à ce sujet, saisissant au passage cette occasion de faire de nouveau de la souveraineté alimentaire, de la capacité de l’agriculture et de l’élevage français à nourrir ses propres citoyens, une priorité.

Pas de minorité de blocage

Néanmoins, après la récente démonstration de force italienne, Paris a échoué à créer une minorité de blocage face à ce texte qui va créer un espace de libre échange de 700 millions de personnes entre Europe et Amérique du Sud, au bout d’un quart de siècle de négociations. À l’inverse, Espagne et Allemagne ont fortement poussé en faveur de l’adoption du Mercosur. Pologne, Hongrie et Irlande s’y sont opposées.

Cette adoption d’un accord contre l’avis de la France constitue une première à l’échelle européenne. Néanmoins, Emmanuel Macron s’est réjoui via le réseau social X d’avoir obtenu « une clause de sauvegarde spécifique, un « frein d’urgence » sur les importations agricoles des pays du Mercosur en cas de déstabilisations de marché en Europe. » Elle pourrait être activé en cas de variation de seulement 5 % des prix et des volumes des produits agricoles importés, à la demande d’un seul Etat membre ou de représentants de filières. Une demande forte des syndicats agricoles.

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1 commentaire Donnez votre avis
  1. Maintenant il faut aussi que les consommateurs acceptent de manger moins de viande et de la viande locale.

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