Ouverture du 11e Parc national français, entièrement dédié aux forêts

Le 8 novembre prochain, la France ouvrira son onzième Parc National entre la Bourgogne-Franche-Comté et le Grand Est. Un écosystème à la biodiversité exceptionnelle.

Rédigé par Aurélie Giraud, le 2 Nov 2019, à 16 h 30 min

Le onzième Parc national français dédié à la forêt en Bourgogne Champagne deviendra une zone protégée entièrement dédiée à la protection de la forêt et sera, en partie, réservée aux chercheurs.

La forêt de Champagne-Bourgogne, un patrimoine inestimable

C’est un immense territoire de 240.000 hectares de forêts qui va bientôt devenir le onzième Parc national de France. Entre chênes, frênes, charmes et hêtres, la forêt de Champagne-Bourgogne abrite une biodiversité à couper le souffle. Plus de quinze essences d’arbres par hectare y sont rassemblées. D’ailleurs, 80 % de cette forêt existaient déjà à la Révolution française.

Aucun Parc national français ne représentait la forêt feuillue de plaine. C’est désormais chose faite. Ce patrimoine exceptionnel sera à l’avenir davantage préservé par le biais du futur Parc national. L’immense forêt abrite des massifs forestiers, des prairies naturelles et des végétaux. Cette forêt est le refuge de nombreuses espèces vivantes. On y trouve des animaux rares comme la cigogne noire, la chouette de Tengmalm, le chat sauvage et le Damier du frêne, une espèce de papillon.

cigogne noire

Une cigogne noire © CezaryKorkosz

On y rencontre également des cerfs, des sangliers et des chevreuils. Les oiseaux forestiers sont aussi largement présents. Toutefois, la richesse de cette faune se cache davantage dans le sol et le bois, comme les saproxyliques qui participent au recyclage de la matière organique. Le Parc compte également 694 kilomètres de cours d’eau et de nombreux vestiges archéologiques.

Un long processus d’élaboration

Dix ans se sont écoulés avant que le nouveau Parc national puisse voir le jour. Lancé en juillet 2009, le projet a rencontré de nombreuses embûches. La création du Parc a même presque été abandonnée du fait de la pression d’opposants. Agriculteurs, chasseurs ou forestiers, certains ont craint une surprotection de leur territoire. D’autres s’inquiètent de ce que les écologistes pourraient s’opposer aux activités traditionnelles du territoire. Pourtant, l’exploitation du bois, de la pierre et l’agriculture resteront d’actualité dans le futur Parc National.

foret bourgogne

Le Parc national abrite des arbres très anciens ©Roxana Bashyrova

Le Parc national comprendra 129 communes de Haute-Marne et de Côte d’Or. De plus, une soixantaine d’entre elles se trouve dans le coeur du Parc, davantage préservé. La vie économique locale est majoritairement associée à la forêt. Le maire d’Arbot, qui comprend 650 hectares de forêt, est inquiet. Il explique sur France Inter : « Mes craintes c’est qu’il y ait des contraintes sur la chasse et que les gens ne viennent plus chasser. Si on m’arrête les locations de chasse c’est une perte financière pour la commune de 15 %. Ensuite on vend également pour environ 15 % de notre budget de bois communal, s’il y a trop de contraintes les gens ne viendront plus acheter cette forêt, ce qui nous fera une perte sèche ».

Une zone exclusivement réservée aux chercheurs

Le futur Parc national espère accueillir 100.000 visiteurs chaque année. De nouvelles infrastructures touristiques devraient être développées prochainement et leur permettre de découvrir cette forêt. D’autres habitants dans la zone du parc voient ce nouveau projet comme une opportunité. C’est le cas de ce jeune couple qui s’y est installé afin de créer une fromagerie de brebis.

L’autre projet ambitieux du parc est de devenir le centre de recherche d’Europe sur la forêt. Pour cela, une parcelle de 3.000 hectares a été spécifiquement réservée aux chercheurs. Les scientifiques vont pouvoir étudier la forêt et sa régénération. Ces zones préservées jouent un rôle de témoin pour en apprendre davantage sur l’évolution du site, notamment face à l’action de l’homme au cours des années. Ces recherches permettront aux équipes du parc de gérer au mieux le territoire, mais aussi de comprendre davantage ce que recèle cet écosystème.

Illustration bannière : Cerf en forêt – © smileus
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2 commentaires Donnez votre avis
  1. Cher OURAGAN, merci de me communiquer votre adresse mail.

    michel.gueritte@gmail.com

    villesurterre.com

  2. Le parc national Champagne-Bourgogne est officiellement créé le 8 novembre, on n’a pas fini d’entendre les applaudissements. Pour les habitants vivant sur ces 240 000 hectares (2 400 km2) répartis dans 129 communes dont la moitié en coeur de parc, c’est une autre histoire. Pour donner une idée, la superficie du parc national couvre la quasi totalité de l’île de La Réunion.
    Finis les droits de chasse et la vente des bois communaux qui représentaient environ la moitié des budgets de ces communes rurales pour la plupart déshéritées : la gestion du territoire passe sous les fourches caudines du parc, donc de l’Etat. Y compris pour la soixantaine de communes hors du coeur du parc, dès lors que la charte signée par les élus l’autorise… Qu’en sera-t-il de la cueillette des champignons et autres baies ?
    Dans ce concert d’auto-satisfaction on perçoit tout de même la finalité réelle de ce parc : transférer la gestion de ce territoire aux mains des communes et de ses habitants, à l’Etat et aux « scientifiques » qui auront le loisir d’étudier l’évolution d’un bout de forêt (3 000 ha) sans aucune présence humaine. Oui, l’idéologie anti-humaniste ne peut pas rester masquée longtemps. On se sert de « scientifiques » pour imposer le mode de gestion et « leur vérité ».
    Des scientifiques qui doivent leurs recherches à l’ANDRA (l’agence nationale des déchets radioactifs). Laquelle ANDRA sait se montrer généreuse avec le monde universitaire en signant des contrats de partenariat avec l’université de Lorraine, par exemple ( https://www.andra.fr/luniversite-de-lorraine-et-landra-sengagent-pour-un-nouveau-partenariat-scientifique et http://factuel.univ-lorraine.fr/node/3317 ) . Il lui arrive aussi d’octroyer des bourses de thèse en dehors des sciences dures, à des doctorants du centre Koyre spécialisé dans l’environnement, en liaison avec l’EHESS (école des hautes études en sciences sociales) (Cf Lény Patinaux : http://www.cso.edu/fiche_actu.asp?actu_id=2135 et surtout http://ifris.org/membre/patinaux-leny/) . Et de financer un laboratoire dépendant de l’université de Lorraine, le LIEC, où officie Annie Schnitzler, une scientifique amie des loups. Elle a analysé l’ADN des spécimens naturalisés pour démontrer que les loups hybrides existaient depuis longtemps en France (actu.orange.fr/societe/high-tech/cherche-loups-naturalises-pour-etude-scientifique-de-l-espece-en-europe-de-l-ouest-CNT000000TTFIR/photos/les-chercheuses-francaise-annik-schnitzler-g-et-rose-marie-arbogast-prelevent-un-echantillon-de-fourrure-sur-un-loup-empaille-au-musee-zoologique-de-strasbourg-le-16-novembre-2017-4b5aee11c97b133c22759e79aa8d138b.html).
    Comme quoi l’industrie nucléaire, qui prévoit un centre d’enfouissement de 1,8 million de tonnes de combustibles issus de nos centrales à la porte du parc national (Bure), a l’esprit ouvert. Tellement ouvert qu’elle prévoit « un suivi complet de l’environnement » pendant 100 ans, sur 900 km2 , bien au delà des limites du parc national (http://ope.andra.fr/index.php?lang=fr). L’imbrication du parc national et de l’ANDRA est tel que les habitants se sont ouvertement demandés si ce n’était pas l’ANDRA qui finançait le parc Champagne-Bourgogne.

Moi aussi je donne mon avis