Pour lutter contre les dérèglements environnementaux, l’UE doit réformer la PAC

Aujourd’hui, la Politique Agricole Commune ne respecte pas la biodiversité. Aussi, des scientifiques demandent à l’Union européenne d’assumer ses responsabilités envers les générations présentes et futures.

Rédigé par Audrey Lallement, le 14 Mar 2020, à 7 h 50 min

Début mars, plus de 3.600 scientifiques ont signé une tribune dans laquelle ils réclament à l’Union Européenne, sur un ton très ferme, une réforme de la Politique Agricole Commune. Ils accusent cette dernière de nuire gravement à la biodiversité, au climat, et aux sols.

Réforme de la PAC – Le cri d’alarme des scientifiques

Dans un article publié le 8 mars 2020, plus de 3.600 scientifiques originaires de 63 pays ont tiré la sonnette d’alarme et appelé les institutions européennes à améliorer « drastiquement » la Politique Agricole Commune (PAC)(1). Ils demandent notamment que cette dernière « cesse de nuire à l’environnement ».
Selon eux, la PAC « ne permet pas de respecter la biodiversité, le climat, les sols », elle n’empêche pas « la dégradation des terres » et n’est pas capable de « répondre aux défis socio-économiques ».

La Politique Agricole Commune n’est pas à la hauteur des enjeux actuels © Zhax

Alors que le budget européen 2021-2027, qui comprend la part censée être accordée à la PAC, est en cours de négociation, les signataires demandent à l’Europe une réforme de fond. Ils dénoncent une politique qui « sert les intérêts d’une oligarchie agro-industrielle ». En effet, 80 % des fonds sont attribués à 20 % des exploitations agricoles les plus productives c’est-à-dire celles qui respectent le moins la biodiversité.

Dix propositions de la part des scientifiques

Afin d’ « inverser les processus destructeurs en cours et permettre de dépenser l’argent des contribuables dans une agriculture respectueuse de la planète », les scientifiques ont imaginé dix propositions.

Parmi celles-ci, on retiendra :

  • stopper les aides liées à la production et soutenir la transition des exploitations vers une agriculture respectueuse de la nature,
  • dédier 10 % de la surface agricole aux habitats naturels et semi-naturels (telles que les haies, les bandes fleuries, les fossés, les talus et les mares) afin de favoriser le développement de la biodiversité,
  • développer des meilleures gestions de la végétation et de la couverture des sols.

Les signataires proposent aussi un « système à point » rémunérant les agriculteurs vertueux.

Une réforme pour les générations futures

Les scientifiques ont bien conscience que cette profonde réforme « nécessitera du courage politique pour surmonter la résistance au changement ». Néanmoins, ils invitent « la Commission, le Parlement et le Conseil à assumer leurs responsabilités envers les générations présentes et futures en garantissant un niveau élevé de protection de l’environnement et du climat, en investissant dans une alimentation saine et des paysages diversifiés et en promouvant la vitalité rurale et le bien-être des citoyens ».


Quelle réforme pour la politique agricole commune ? © ivan bastien

Un ton ferme et engagé pour rappeler l’urgence de la situation. Il est grand temps que les consciences se réveillent.

Illustration bannière : Des limousines qui sortent du brouillard – © javitrapero.com

Références :
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1 commentaire Donnez votre avis
  1. Depuis le temps que la sonnette retentit, il serait enfin temps de faire la part belle au bon sens !
    La destruction par les lobbies et les exploitants sans scrupules a ses limites.
    Quant aux fameux « jardins urbains » ils ne sont que des serres faisant pousser artificiellement des plantes dénuées de toute qualité nourricière avec des consommations énergétiques explosives.
    Si c’est cela la nourriture de demain, je serai bienheureuse de ne plus être de ce monde là !!!

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