Volvic condamnée pour greenwashing : quand l’eau “verte” ne passe plus
La condamnation de Volvic pour pratiques commerciales trompeuses marque une étape cruciale dans la régulation des allégations environnementales.

Le 29 juin 2026, le tribunal judiciaire de Paris a rendu un verdict retentissant en condamnant la marque d’eau minérale Volvic pour pratiques commerciales trompeuses. Cette décision fait suite à des allégations concernant les mentions « neutre en carbone » et « 100 % recyclable » apposées sur les bouteilles de la marque. Le tribunal a ordonné à Volvic de verser 75 000 euros de dommages et intérêts à l’association de consommateurs CLCV, tout en exigeant que la décision soit publiée sur la page d’accueil du site de la marque pendant six mois.
Les bases légales de la condamnation de Volvic
La condamnation repose sur la réglementation stricte des pratiques commerciales trompeuses en France. Selon le Code de la consommation, une entreprise ne peut pas induire en erreur les consommateurs par des affirmations fausses ou ambiguës concernant ses produits. Dans ce cas, le tribunal a jugé que les allégations de Volvic, bien qu’appuyées par une certification obtenue en 2020 auprès de Carbon Trust, n’étaient pas suffisamment solides pour garantir l’absence d’impact environnemental revendiquée. Ce jugement souligne l’importance de la transparence et de la véracité des informations environnementales fournies aux consommateurs.
La réaction de Danone, société mère de Volvic, ne s’est pas fait attendre. Dans un communiqué, Danone exprime son désaccord avec le jugement, déclarant : « Volvic conteste tant le raisonnement […] que la conclusion à laquelle est parvenu le tribunal ». L’entreprise a immédiatement annoncé son intention de faire appel, soutenant que la certification de Carbon Trust justifiait les allégations environnementales de Volvic. Ce recours en appel pourrait prolonger le débat juridique sur les pratiques de la marque et influencer le secteur dans son ensemble, relaye Sud Ouest.
Perspectives légales pour le secteur agroalimentaire
La décision du tribunal de Paris intervient dans un climat de vigilance accrue sur les allégations environnementales des entreprises. En novembre 2023 déjà, le Bureau Européen des Unions de Consommateurs (BEUC) avait déposé une plainte auprès de la Commission européenne, mettant en lumière le besoin de régulations plus strictes. En résumé, le cas Volvic pourrait bien constituer un précédent juridique majeur, incitant à une refonte des pratiques de communication sur les engagements environnementaux dans l’industrie.
Si l’appel de Danone n’aboutit pas, cela pourrait encourager d’autres associations de consommateurs à poursuivre les marques sur des bases similaires, provoquant ainsi un durcissement des pratiques commerciales dans le secteur agroalimentaire. Cette affaire pourrait inciter les législateurs à renforcer les exigences de certification et de communication environnementale, obligeant les entreprises à davantage de transparence et d’exactitude.
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