Mieux comprendre les capacités auditives des personnes autistes

Une étude scientifique vient apporter un éclairage nouveau et surprenant sur les capacités auditives et sensorielles des personnes autistes.

Rédigé par Maylis Choné, le 4 May 2017, à 10 h 40 min

Une personne atteinte d’autisme est trop souvent enfermée à ses seuls déficits ou à ses problèmes relationnels. Mais une étude portant sur les capacités auditives de ces personnes pourrait changer les mentalités.

La force auditive des personnes autistes

L’autisme, caractérisé par des troubles envahissants du développement (TED), touche 1 % de la population. L’étude parue récemment dans la revue Cognition, permet de mieux comprendre les capacités auditives des personnes atteintes d’autisme. Ces dernières n’entendraient pas mieux ou moins bien mais il semblerait qu’elles entendent davantage que des personnes non-autistes.

Il a souvent été remarqué que les personnes autistes ne répondent qu’aux voix douces, ne supportent pas les cris, ne répondent pas forcément à leur prénom, entendent les ultrasons, les basses fréquences et parfois même le bruit de l’électricité dans les murs. C’est pour les préserver de cet environnement sonore qui les dérange et les empêche de se concentrer que les établissements accueillants des personnes autistes sont conçus pour être très silencieux.

Les personnes autistes ont davantage de capacités sensorielles que les autres

L’étude s’est penchée sur deux groupes d’individus : l’un composé de personnes non-autistes et l’autre de personnes autistes. Dans un premier temps les deux groupes ont écouté différents sons parmi lesquels il fallait distinguer celui d’un chien, d’un lion ou encore d’un moteur de voiture. À ce premier test, les personnes autistes se sont montrées plus performantes.

Enfant autiste © Dubova

Dans un second temps, les volontaires devaient écouter les bruits provenant d’un groupe de personnes se préparant pour une soirée. Alors que plusieurs conversations se mélangeaient, créant un véritable brouhaha, les participants ont été invités à suivre la conversation de deux personnes en particulier, avant de devoir répondre à des questions concernant ces échanges. Pendant qu’elles parlaient, la voix d’un homme répétait, à de nombreuses reprises : « je suis un gorille ». Résultat, les non-autistes ne l’ont presque pas entendu (12 %), quand 47 % des autistes y ont prêté attention. Selon les conclusions de ses auteurs, cette étude prouve véritablement que la perception sensorielle des autistes n’est pas pire ou meilleure, mais simplement différente. Ce qui permet de changer notre manière de considérer ces personnes.

Illustration bannière : Orchestre – © Stokkete
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1 commentaire Donnez votre avis
  1. La nature se laisse le droit d’aller et venir à sa guise. Seul l’homme croit qu’il est normale que tout soit monolinéaire, on ai bien souvent conditionner. A remarquer, on ne sait toujour pas exactement ou commence/ fini l’autisme au point ou aujourd’hui on d’écrit plusieurs types. Mais en fait il ne s’agit la que de symptomes et entre la dyslèxie et l’autisme bien souvent il n’y a qu’un pas. Dotant plus que comme la nature il peut aller et venir. Certains cas on des QI qui dépasse largement les 250. Mais même pour cela, il est difficile de faire comprendre que c’est plus tactique qu’une position stratégique.

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