La mésinformation climatique a encore prospéré à la télé et à la radio en 2025
La mésinformation climatique s’est installée durablement sur les antennes françaises. En 2025 encore, télévision et radio ont diffusé des récits trompeurs à un rythme soutenu.

En 2025, la mésinformation climatique s’est installée durablement dans les médias audiovisuels français. Selon l’Observatoire des Médias sur l’Écologie, 665 cas de narratifs trompeurs ont été recensés en un an. Les énergies renouvelables, la voiture électrique et la minimisation du dérèglement climatique concentrent l’essentiel des discours erronés. Diffusées à forte audience et souvent sans contradiction immédiate, ces affirmations brouillent la compréhension de l’urgence climatique.
Énergies renouvelables, mobilité électrique et minimisation du dérèglement climatique, le Top 3 des narratifs trompeurs
Dans son dernier bilan annuel, l’Observatoire des Médias sur l’Écologie dresse un constat précis sur l’état de la mésinformation climatique en 2025 à la télévision et à la radio en France. Alors que la crise climatique s’intensifie, cette mésinformation climatique s’est manifestée par la répétition de narratifs trompeurs, souvent portés par des invités ou des responsables politiques, et diffusés dans des contextes médiatiques à forte audience.
La mésinformation climatique observée en 2025 ne repose pas sur des erreurs isolées. Au contraire, elle s’organise autour de récits récurrents, largement identifiés par les analystes. Toujours d’après l’Observatoire des Médias sur l’Écologie, 665 cas de mésinformation climatique ont été recensés sur les antennes françaises sur l’ensemble de l’année 2025, soit une moyenne d’environ 13 cas par semaine. Plusieurs narratifs trompeurs se détachent nettement. D’abord, les énergies renouvelables constituent une cible privilégiée. Leur efficacité, leur fiabilité et leur coût sont régulièrement mis en cause, souvent sans base factuelle. Cette stratégie discursive vise à instiller le doute sur la capacité des systèmes énergétiques bas carbone à répondre aux besoins nationaux.
Ensuite, la transition vers la mobilité électrique fait l’objet d’un traitement particulièrement problématique. Des affirmations erronées soutenant que les véhicules électriques pollueraient davantage que les véhicules thermiques ont été relevées à de multiples reprises. Ces propos, diffusés dans des émissions de débat ou d’actualité, participent à une mésinformation climatique persistante, en contradiction avec le consensus scientifique. Enfin, un troisième narratif trompeur demeure central : la minimisation du dérèglement climatique lui-même. Certaines interventions présentent la crise climatique comme un phénomène naturel, cyclique ou exagéré. Ce discours de déni ou d’atténuation affaiblit la perception de l’urgence climatique et s’inscrit pleinement dans les dynamiques de désinformation sur des sujets environnementaux.
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Une mésinformation climatique amplifiée par les médias
Les auteurs de l’Observatoire mettent également en avant le rôle joué par les acteurs intervenant à l’antenne. Contrairement à une idée reçue, la mésinformation climatique n’est pas uniquement portée par des commentateurs marginaux. Les invités représentent 32 % des cas recensés en 2025, tandis que les invités politiques comptent pour 24 % des cas. Les journalistes eux-mêmes sont responsables d’environ 20 % des cas identifiés à certaines périodes de l’année. Les auteurs de l’Observatoire constatent qu’il est en effet bien souvent difficile de corriger immédiatement des propos trompeurs dans des formats en direct. Ainsi, la mésinformation climatique se diffuse parfois sans contradiction immédiate, renforçant sa crédibilité auprès du public.
Cette dynamique est accentuée par le contexte éditorial de certaines chaînes et stations de radio. Plusieurs médias audiovisuels se distinguent par une fréquence élevée de récits trompeurs.
Sud Radio, CNews, RMC et Europe 1 figurent parmi les antennes les plus concernées en 2025. Ces quatre médias concentrent à eux seuls l’essentiel de la mésinformation climatique en France
En 2025, ils totalisent près de 65 % des cas de narratifs trompeurs liés au climat recensés par les observateurs des médias.
Par ailleurs, la temporalité joue un rôle déterminant. Les pics de mésinformation climatique coïncident fréquemment avec des moments de forte tension politique ou médiatique. Les débats sur la Programmation pluriannuelle de l’énergie, les zones à faibles émissions ou encore les épisodes de canicule ont donné lieu à une recrudescence de narratifs trompeurs. Dans ces séquences, l’émotion et l’urgence prennent parfois le pas sur la rigueur factuelle.
Le travail de l’Observatoire des Médias sur l’Écologie s’inscrit dans un effort de documentation rigoureuse de la mésinformation climatique. Selon ce rapport, les enjeux environnementaux n’ont représenté que 4,9 % du temps d’antenne total en 2025 à la télévision et à la radio françaises. Cette faible visibilité renforce mécaniquement l’impact des récits trompeurs lorsqu’ils émergent. Entre le 1ᵉʳ janvier et le 31 août 2025, 529 cas d’informations trompeuses ou fausses liées au climat ont été détectés dans 18 médias audiovisuels majeurs. Cette étude a également identifié 19 narratifs récurrents structurant la mésinformation climatique.
Source – Rapport de Observatoire des Médias sur l’Écologie, 665 cas de mésinformation climatique ont été recensés en 2025 sur les antennes françaises.
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