Matériaux biosourcés : une solution écologique pour la construction ?

Rédigé par Eva Souto, le 5 Dec 2014, à 10 h 55 min

Les produits de construction ont un impact, plus ou moins lourd, sur l’environnement. Mais, depuis quelques années, un type de matériau durable commence à s’installer dans les filières du bâtiment : les matériaux biosourcés. Zoom sur des matériaux qui pourraient s’avérer très utiles pour la préservation de l’environnement.

Les matériaux biosourcés : de quoi s’agit-il ?

Les matériaux biosourcés sont des matériaux issus de la biomasse végétale, animale ou d’éco-matériaux comme la terre crue ou la pierre.

Parmi eux, on trouve principalement des matériaux isolants (bois, paille, chanvre, laine, plume, ouate de cellulose, miscanthus) mais aussi des produits chimiques (colles, peintures), des composants (panneaux en fibres végétales, renforts, matrices) et du béton (de chanvre, lin, bois).

Matériaux biosourcésAujourd’hui, les matériaux biosourcés couvrent une large gamme de produits et trouvent de multiples applications dans le domaine du bâtiment et de la construction.

Par exemple, en tant que mortiers et bétons (béton de chanvre, de bois, de lin, etc.), panneaux (particules ou fibres végétales, paille compressée etc.) ou encore matériaux composites plastiques (matrices, renforts, charges).

Les matériaux biosourcés : attention aux idées reçues

On croit que les matériaux biosourcés sont des matériaux naturels et meilleurs, tant pour l’environnement que pour la santé.

Mais comme l’ensemble des produits de construction, ils subissent un processus de fabrication et de mise en oeuvre.

Matériaux biosourcés 1Les matériaux biosourcés sont donc transformés et contiennent des additifs en proportions variables, qui pour une bonne partie d’entre eux, ne sont pas biosourcés. Ces matériaux ne sont pas donc 100 % naturels.

Mais, certains d’entre eux présentent l’avantage d’être très peu transformés.

Matériaux biosourcés : quel impact réel sur l’environnement ?

Plusieurs aspects sont à prendre en compte pour mesure l’impact des matériaux biosourcés sur l’environnement.

Il faut notamment considérer les énergies et émissions produites sur l’ensemble de la durée de vie, qui détermine la durée de vie du matériau : consommation d’énergie, d’eau, les déchets produits lors de l’exploitation, les pollutions et gaz à effets de serre émis.

Matériaux biosourcés 2

fleche-Matériaux biosourcés : une solution écologique pour la construction ?C’est le processus mis en oeuvre lors du cycle de vie, qui détermine le caractère écologique d’un produit. Ainsi, on parle en termes d’énergie grise, qui quantifie l’énergie nécessaire à la production, l’extraction, la transformation, la fabrication, le transport, la mise en oeuvre, l’utilisation, l’entretien et le recyclage.

Exemple : si on opte pour la laine de mouton pour refaire l’isolation de sa maison, mais que l’animal en question à plus de 500 km, le coût du transport aura un impact dans la balance (au niveau de la pollution et énergétique).

Ainsi, pour comparer la performance « écologique » d’un produit à l’autre, il faudrait pouvoir confronter l’analyse de leurs cycles de vie et connaître leurs comportements à long terme.

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Eva est passionnée d’écriture. Elle est sensible aux sujets de société, et en particulier, à ceux qui touchent au développement durable, au commerce...

2 commentaires Donnez votre avis
  1. Bonjour
    Il est bien dommage que le prix des matériaux biosourcés (bois, chanvre) et de leur mise en oeuvre soit encore supérieur à celui du béton et de la laine de verre ou du polystyrène pour ne citer que les plus importants. La baisse actuelle du prix du pétrole ne fait que renforcer le problème.
    On construit des immeubles en béton / laine de verre pour environ 1000 à 1300 €/m² habitable, il faut 300€ de plus au m² soit 25% pour construire en structure bois / fibre de bois.
    Pourtant sur 50 ans le coût total d’un immeuble bois est inférieur à celui d’un béton car les coûts de maintenance sont inférieurs (sur 50 ans le coût constructif ne représente que 10% du total).
    Une solution serait que les banques prêtent sur 30-40 ans. Les pouvoirs publics, s’il avaient un peu de courage, feraient pression sur les banques. Mais c’est plus facile apparemment de les renflouer en temps de crise et sans aucune contrepartie que de les contraindre à moins spéculer et être plus utiles à la collectivité.

  2. merci d’indiquer les sources et les crédits photos … 😉

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