De l’aluminium dans votre matcha préféré ?
Le matcha a une image de boisson santé. Une enquête révèle pourtant de l’aluminium dans chacune des sept références analysées.

Si le matcha est la boisson à la mode du moment, cette boisson semble bien largement contaminée par l’aluminium.
Une tendance « santé » ternie
Particulièrement populaire sur les réseaux sociaux et plébiscité pour ses bienfaits antioxydants, le thé matcha fait aujourd’hui l’objet d’une alerte sanitaire publiée par UFC-Que Choisir. L’association de consommateurs a en effet analysé sept références du commerce et révèle que 100 % d’entre elles contiennent de l’aluminium. Plus inquiétant encore, plus de la moitié des produits du panel dépassent la valeur toxicologique de référence fixée par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). Certaines tasses atteignent même jusqu’à quatre fois le seuil quotidien recommandé.
Si le thé vert infusé classique présente peu de risques, l’aluminium ne se dissolvant presque pas dans l’eau chaude, le matcha pose un problème spécifique lié à sa préparation. Élaboré à partir de feuilles de thé (tencha) finement broyées puis directement mélangées à de l’eau ou du lait, il implique l’ingestion intégrale de la plante. Or, les théiers, souvent cultivés sur des sols volcaniques riches en métaux, absorbent naturellement l’aluminium. L’ingestion directe des feuilles réduit en poudre expose ainsi les consommateurs à des doses de métaux neurotoxiques bien plus élevées qu’une simple infusion.
Un vide réglementaire
Malgré la toxicité avérée de l’aluminium en cas d’exposition chronique, l’Union européenne n’impose actuellement aucune limite maximale réglementaire pour ce métal dans les aliments. Les fabricants restent donc dans la légalité, bien que l’Anses ait abaissé en 2025 sa valeur de référence à 40 microgrammes par kilo de poids corporel et par jour. Dans les faits, près de 40 % des adultes dépassent ce seuil d’exposition. Pendant ce temps, les marques continuent d’afficher des promesses stimulantes ou immunitaires grâce à des failles de la réglementation sur les allégations de santé « en attente » d’évaluation.
L’analyse menée par l’association de consommateurs montre une corrélation directe entre le prix et le niveau de contamination : les références les moins chères s’avèrent globalement les plus polluées. Face à ces résultats préoccupants, Que Choisir invite les amateurs à modérer leur consommation de matcha latte ou de pâtisseries à base de thé vert, tout en appelant les autorités sanitaires européennes à instaurer enfin des plafonds réglementaires pour protéger les consommateurs.
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