Marché du carbone : vers un prix 16 fois plus élevé en 2030 ?

Un groupe d’experts recommande d’augmenter de façon significative le prix du carbone, et donc de mettre une pression monétaire accrue sur les pollueurs.

Rédigé par Anton Kunin, le 30 May 2017, à 10 h 10 min

Selon les 13 scientifiques membres de la Coalition pour le leadership en matière de tarification du carbone (CPLC), un partenariat international volontaire rattaché à la Banque mondiale, le prix du carbone doit passer de 6 dollars par tonne aujourd’hui, à 50 à 100 dollars en 2030.

Monnayer le carbone pour mettre à contribution les pollueurs

Pour pousser les entreprises polluantes à adopter des technologies vertes, il existe à l’échelle de l’Europe un marché du carbone. Son principe est simple : plus une entreprise pollue, plus elle sera amenée à payer. À l’inverse, une entreprise qui pollue peu est récompensée financièrement pour ses efforts. Les sommes reçues peuvent être utilisées pour rembourser le prêt bancaire que l’entreprise a souscrit pour financer l’achat de technologies non polluantes, par exemple.

Si le prix d’une tonne de CO2 est aujourd’hui fixé à 6 dollars, son adoption n’est pas universelle. La CPLC appelle davantage de pays du monde à adhérer au principe, d’une part, et recommande d’augmenter progressivement le prix du carbone d’autre part.

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Une tonne de CO2 à 100 dollars en 2030 ?

La transition vers une économie résiliente et à faibles émissions de carbone est la condition de la croissance pour le siècle en cours. Nous voyons déjà le potentiel de cette transformation en termes d’innovation, de résilience, de villes vivables, de qualité de l’air et de santé“, ont déclaré Joseph Stiglitz et Nicholas Stern, les co-présidents de la CPLC.

Dans leur rapport, les experts recommandent de fixer le prix du carbone entre 40 et 80 dollars en 2020, puis de le porter à 50-100 dollars en 2030. Avant de nuancer : “Les prix du carbone et les instruments utilisés, ainsi que le calendrier de mise en oeuvre, dépendront du contexte de chaque pays“. Entendez : un prix plus bas reste acceptable à court terme, à condition qu’il s’accompagne d’autres initiatives climatiques et qu’il sera augmenté plus tard.

NPollution atmosphérique industrielle © Peter Gudella

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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

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