« Ils décapitent les cerfs devant chez moi » : la colère de Luc Besson
À peine la saison de chasse relancée dans l’Orne, Luc Besson dénonce une nouvelle scène qui ravive des années de tensions autour de son domaine normand. Le réalisateur a publié la photo d’un cervidé décapité et abandonné près de chez lui.

Ce nouvel incident interview 19 mois après la mise à mort d’un autre cerf sur sa terrasse et huit mois après la condamnation de deux chasseurs.
Luc Besson et les chasseurs : une nouvelle alerte dès l’ouverture de la chasse
Le dimanche 20 septembre 2026, Luc Besson s’est de nouveau emparé du réseau social X pour dénoncer un acte brutal commis par des chasseurs. La photographie montre un cervidé sans tête, abandonné contre une clôture à proximité de sa propriété dans l’Orne. Le calendrier accentue la portée de sa publication. Selon l’arrêté de la préfecture de l’Orne pour la campagne cynégétique 2026-2027, l’ouverture générale de la chasse à tir était précisément fixée au 20 septembre à 9 heures, tandis que la chasse à courre, à cor et à cri était autorisée depuis le 15 septembre. Luc Besson a donc fait sa découverte le jour même de l’ouverture générale départementale.
Le message du cinéaste renvoie directement à ce qui s’était produit en 2025. Il débute par cette phrase : « Après avoir égorgé un cerf sous les yeux de ma mère, l’année dernière, la chasse est à nouveau ouverte ! », avant d’expliquer que des cervidés seraient désormais décapités devant chez lui et leurs corps abandonnés. Il termine en mettant en cause la « noblesse de la chasse ». À l’heure de l’écriture de cet article, la Fédération nationale des chasseurs n’a pas encore réagi publiquement.
Luc Besson n’en est pas à son premier conflit avec les chasseurs
Le précédent, lui, a été examiné par la justice. Le 21 février 2025, deux chasseurs poursuivaient un cerf avec une meute de chiens lorsque l’animal est arrivé jusqu’à la propriété de Luc Besson, dans l’Orne. Les deux hommes ont pénétré sur les lieux et le cervidé s’est retrouvé sur la terrasse de l’habitation. L’un des chasseurs l’a alors frappé à la dague pendant que l’autre le maintenait par les bois. La mère du réalisateur, âgée de 85 ans au moment des faits, a filmé la scène.
Cette vidéo a joué un rôle important dans la procédure. Lors de l’audience du 9 décembre 2025, les prévenus ont soutenu qu’ils avaient voulu abréger les souffrances d’un animal blessé. Le tribunal n’a pas retenu cette présentation. Dans sa motivation, la juridiction a considéré que le cerf n’était pas mortellement blessé avant leur arrivée sur la terrasse. Elle a estimé que les chasseurs auraient dû faire reculer les chiens, contacter l’Office français de la biodiversité et mettre en sécurité l’habitante de la propriété. Luc Besson avait employé des mots extrêmement durs pendant cette affaire, parlant devant la justice d’un acte « odieux ». Le cinéaste est en effet opposé depuis des années à la chasse pratiquée sur son domaine et à certains comportements qu’il juge inacceptables.
Dans cette affaire, le jugement est tombé le 20 janvier 2026. Les deux hommes ont été reconnus coupables de chasse non autorisée sur le terrain d’autrui et de chasse à l’aide d’un engin, instrument, mode ou moyen prohibé. Ils ont été condamnés à suivre un stage de sensibilisation à la réglementation et à la sécurité de la chasse, organisé avec l’Office français de la biodiversité, et leurs permis leur ont été retirés pendant un an, avec exécution provisoire.
Les sanctions financières ont également été détaillées. Un premier chasseur a reçu 600 euros d’amende. La somme a été doublée pour celui qui avait porté les coups de dague. Les deux condamnés devaient par ailleurs verser solidairement 3.000 euros de dommages et intérêts aux associations Stéphane Lamart et ASPAS, parties civiles. Luc Besson et sa mère avaient demandé et obtenu un euro symbolique.
Après avoir égorgé un cerf sous les yeux de ma mère, l’année dernière, la chasse est à nouveau ouverte ! Maintenant, ils décapitent les cerfs devant chez moi et laissent pourrir les corps. Et on ose parler de la « noblesse » de la chasse ? pic.twitter.com/ekn1Xqha7f
— Luc Besson (@lucbesson) September 20, 2026
Luc Besson souhaite que sa propriété soit « un îlot de sécurité » pour les animaux
L’affaire du cerf tué sur la terrasse n’a donc pas créé le différend. Elle l’a brutalement aggravé. Les relations tendues entre Luc Besson et les chasseurs étaient déjà publiques plusieurs années auparavant. En 2019, la Fédération départementale des chasseurs avait engagé une procédure contre le réalisateur, auquel elle reprochait de laisser les cervidés présents sur ses terres échapper à la régulation, avec des conséquences alléguées pour les cultures voisines. La fédération avait finalement été déboutée.
Le point de friction est ancien et très concret : Luc Besson ne chasse pas sur son domaine et ne veut pas que d’autres viennent y chasser. La propriété qu’il possède depuis une quinzaine d’années représente environ 160 hectares, dont approximativement la moitié de forêt, à l’orée du massif de Saint-Évroult. Sa position revendiquée est celle d’un propriétaire qui veut maintenir un espace sans chasse. Lors de précédentes prises de parole sur ce sujet, le réalisateur expliquait vouloir que les animaux disposent d’un refuge : « Je veux que les cerfs aient au moins un îlot de sécurité », déclarait Luc Besson en septembre 2026. Au procès, il avait également fait valoir que quelque 8.000 hectares de bois entouraient son domaine, pour défendre l’idée qu’un espace non chassé pouvait subsister au milieu d’un territoire forestier beaucoup plus vaste.
Ce choix se heurte cependant à une autre logique, celle de la gestion cynégétique et de l’équilibre entre populations animales, forêts et cultures. La réglementation départementale ne repose pas seulement sur l’ouverture et la fermeture de la chasse. La préfecture de l’Orne fixe également des minima et maxima de prélèvements pour certaines espèces de grand gibier en fonction de leur abondance, de leur impact sur la végétation et des dégâts agricoles constatés. C’est dans cette tension entre refuge privé, circulation des animaux sauvages et objectifs de gestion du grand gibier que le différend local s’est progressivement enraciné.
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Rien de bien étonnant. Depuis l’avènement du roitelet Emmanuel 1er à l’Élyzée, « [ses] amis les chasseurs » (citation) ont tous les droits et en profitent. Au niveau de la chasse et de la protection de la nature, on est revenu presque un siècle en arrière. C’est aussi ça, la France. Et ce ne sont pas les RN qui amélikoreront les choses, bien au contraire. Dégoût et honte totale.